PRÉFACE XXIX
que Madame Mère , économisant ses re\enus et disant à ses filles railleuses : « Vous serez peutêtre bien heureuses de les retrouver un jour! » En vue de la catastrophe possible, ceux-là se ménageaient une retraite vers les Bourbons et, par des phrases vagues, des sourires d'entente, entretenaient les royalistes dans l'espoir d'un concours, sur lequel on ne devait compter qu'au lendemain du succès ; mais que les royalistes considéraient comme positif et immédiat. — Quant au désastre qui devait le provoquer, ils l'espéraient et le promettaient à bref délai aux Chouans impatients, — avec débarquement d'une armée anglo-russe..., soulèvement de l'Ouest..., entrée de Louis XV11I dans sa bonne ville de Paris et renvoi du Corse à son île!... Prédictions, en somme, qui n'étaient pas si folles! — A quelques détails près, dix ans plus tard, c'était chose faite!... Et, en politique, qu'est-ce que dix ans? Frotté, Georges, Pichegru, d'Aché n'auraient eu qu'à se croiser les bras... Ils auraient vu l'Empire crouler sous son propre poids.
Ces réflexions, nous les faisions, de retour au château, en regardant, de la terrasse, au soleil couchant, le cours paisible de la Seine, et ce joli paysage d'automne que Mme de Combray etd'Aché, à la même heure, à la même place, avaient dû
XXX TÛIRNEDUT
contempler tant de fois, ne prévoyant guère le triste sort que leur réservait l'avenir.
Les infortunes de la malheureuse femme; la déplorable affaire duQuesnai, où le courrierdela recette fut attaqué et dépouillé par les gens de Mme Acquêt, au profit delà caisse royale et surtout de celle de Le Chevalier ; l'assassinat de d'Aché, vendu à la police impériale par la Vaubadon, sa maîtresse, et le louche et lâche Doulcet de Pontécoulant, qui ne s'en vante pas dans ses Mémoires, ont servi de prétexte à de nombreux récits, romans, nouvelles, etc., où la fantaisie joue un trop grand rôle, et dont les auteurs, mal informés, Hippolyte Bonnelier, comtesse de Mirabeau, Chennevieres, etc., etc., ont usé largement des libertés acquises aux œuvres d'imagination. — On ne peut leur adresser qu'un reproche : — c'est de n'avoir pas le génie de Balzac.
Mais il est permis de critiquer plus sévèrement les écrits, à prétentions historiques, sur Mme de Combray, sa famille, ses résidences et ce château de Tournebut que M. Homberg, nous présente llanquéde quatre tours féodales, et que MM. Le Prévost el Bourdon nous donnent comme démoli en 18071