‹ Tournebut, 1804-1809Chapitre 19 sur 115 · DÉBARQUEMENT DU 16 M · texte numérisé non relu

DÉBARQUEMENT DU 16 M

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I A LA FALAISE DE Bl VILLE

I onjurés 'Musée Carnavalet).

comte d'Hardivilliers et sise sur la commune de Saint-Omer-en-Chaussée. C'estde là que, dans la nuit, le fils Lecierc les avait guidés, en évitant Beauvais, jusqu'à Auteuil, chez Quentin-Rigaud, qui, le 29, les conduisit à Massignon, le fermier de Saint- Lubin, lequel les repassa, le 30, à son frère Nicolas, chargé, comme on l'a vu, de leur faciliter la traversée de l'Oise et de les diriger vers le bois de la Muette, où Denis Lamotte, le vigneron de Saint- Leu, était venu les chercher.

Tel était, très sommairement exposé, le résultat de l'enquête du lieutenant Manginot. 11 avait relevé l'itinéraire de Georges avec une perspicacité véritablement remarquable et cette reconstitution prenait d'autant plus d'importance que l'établissement des stations, échelonnées depuis la mer jusqu'à Paris, avait certainement nécessité une longue et coûteuse organisation et que les conjurés utilisaient cette route couramment. Ainsi deux des hommes signalés dans le débarquement du 23 août avaient repris, vers la mi-septembre, le chemin de Biville; le 2 octobre, Georges et trois de ses officiers, venant de Paris, s'étaient de nouveau présentés chez Lamotte qui les avait conduits au bois de la Muette, oùMassignon les attendait. Quinze jours plus tard. Lamotte les voyait reparaître avec quatre nouveaux compagnons. On constatait, à l'aller et au retour, leur séjour chez tous les affiliés et les voyages s'effectuaient avec une régularité parfaite : mômes guides,

qui paraissait être leur chef, vinrent loger chez mon père et ils partirent au déclin du jour. » Archives nationales, F7 6400.

mômes marches de nuit, mômes abris pendant le jour1. La maison de BonifaceColliaux,àFeuquières, celle de Meunier, à Aumalc, et la l'orme de la P rie semblaient Être les principaux lieux de conciliabules. Autre passage dans la seconde quinzaine de novembre; autre passage encore en décembre, concordant avec un nouveau débarquement2. En janvier 1804, Georges fait une quatrième fois la route pour aller attendre à Biville la corvette anglaise amenant Pichegru, le marquis de Rivière et quatre autres conjurés3. Un pêcheur de la côte, Etienne Horné, donna sur ce débarquement de précieux détails ; il avait bien remarqué celui qui semblait être le chef « un homme gros, une figure pleine, assez dure, voûté et les bras un peu embarrassés ».

— Ces messieurs, ajouta-t-il, arrivaient à la nuit et repartaient ordinairement vers minuit ; ils se contentaient de notre pauvre ordinaire et restaient toujours entre eux, dans un coin, pour causer.

Quand venait l'heure de la marée, Horné descendait à la plage pourguetter l'arrivée de la chaloupe:

1. Pour entrer dans le détail, il convient de noter que les Polignac logèrent cependant chez M. de lîertengles, au cMtenu de Snint-Crépin. On utilisa aussi une route passanl par GaiUefontaine et Gournay. Forges et Etrépagny étaient aussi des lieux d'étapes pour les royalistes.

2 Ce débarquement eut lieu le 10 décembre 1803. 11 comprenait Armand do P'dignac; Gosier, dit Saint-Victor; Jean-Louis i.emcr- Déville, dit Tamerlan et Pierre-Jean,

3. Lajolais, dit Frédéric, dit Deville; Husillion, dit le gros Major; Jules de Polignac, <à'û Jules, $i Armand Gaillard. Ce débarquement est du t6 janvier 1804.

le mot d'ordre était Jacques, auquel les gens du bateau répondaient : Thomas*.

Manginot, comme bien on pense, mettait en arrestation tous ceux qui avaient prêté aux conjurés leur concours et les expédiait à Paris. La tour du Temple se remplissait do paysans, de bonnes femmes à bonnets normands, de pécheurs dieppois-, ahuris de se voir dans ce lieu fameux où la monarchie avait agonisé. Mais ce n'était là que les subalternes, le menu fretin du complot, et le Premier Consul, à qui ne déplaisait pas de se poser en victime grandiose exposée aux coups de tout un parti, ne pouvait décemment traduire ces villageois inoffensifs devant une haute cour de justice. En attendant qu'un hasard ou une nouvelle trahison révélassent à la police l'asile de Georges Cad&udal, il était urgent de découvrir les organisât* ura du compiut et ceux-ci semblaient devoir à toui jamais rester inconnus, bien que Manginot eût quelques raisons de penser que le centre de la conjuration se trouvait aux environs d'Aumale ou de Feuquières.

Son attention avait été attirée, en effet, par une déposition mentionnant ce cheval noir qui avait porté Georges de Preuseville à Aumale et que l'instituteur Monnier avait caché dans l'allée de sa

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