Le deulsh (l'allemand
d'aché 119
malgré son accent tudesque des plus prononcés, Flierlé, sur ce sujet, était intarissable. D'Aché et lui couchèrent dans la môme chambre et cette intimité dura deux jours pleins, au bout desquels on convint que Flierlé serait employé, en qualité de courrier, aux gages de cinquante écus par mois. Cette nuitlà Lanoë conduisit d'Àché jusqu'à deux lieues de la Bijude et le mit sur la route d'Argentan1.
Ici, nouveau jalon : le 26 novembre, l'inspecteur de police Veyrat informe en toute hâte Desmarets que d'Aché, tant cherché depuis deux ans, a débarqué la veille à Paris, descendant de la diligence de Rennes avec un nommé Durand2. Celui-ci, laissant sa malle au bureau, s'était logé dans un hôtel de la rue Montmartre, d'où il était parti, le matin même, pour Boulogne. « Quant à d'Aché, écrivait Veyrat, il n'avait ni malle ni paquet et il a disparu dès qu'il fut descendu de voiture ; les recherches que l'on a faites aux maisons garnies et hôtels du voisinage n'ont rien produit. » Desmarets mit en campagnes ses meilleurs agents; mais tout fut inutile : d'Aché resta introuvable.
11 était à Tournebut 3 où il demeura un mois. Il est
1. « En le reconduisant sur la route pour le mettre dans le chemin de Paris, il me dit qu'il avait été en Angleterre pour se concerter avec M. ùe la Chapelle ; que, s'il pouvait lui être utile, il le ferait, mais qu'il n'y voyait pas encore bien clair. » Interrogatoire de Guillaume, dit Lanoë, 2 septembre 1808. Archives du greffe de la Cour d'asbises de Rouen.
■i. (!.: s'aperçât que ce Durand était un placide voyageur qui ignorait le nom et la personnalité de d'Aché : il n'était monté qu'à Laval dans la diligence où d'Aché se trouvait déjà, Archives nationales, F7 G397.