‹ Tournebut, 1804-1809Chapitre 74 sur 115 · Rapport du voyage à Caen. Archives nationales, F · texte numérisé non relu

Rapport du voyage à Caen. Archives nationales, F

2. 11 possédait, à ce qu'assurait M™» Placône, 1.500 francs do rente. Archives nationales, F7 8112.

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qu'il l'escompte d'avance : — « Je ne sais, écrit-il à Real, si c'est trop se flatter; mais je suis tenté d'espérer qu'à la fin de la comédie on demandera l'auteur. » Il est regrettable qu'on n'ait sur cette expédition aucun détail. Sous quel costume Licquet se présenta-t-il à Caen ? Quelle personnalité avait-il usurpée? Gomment put-il manœuvrer entre les amis de Mme Acquêt, son compère Delaitre, le préfet Caffarelli, sans éveiller un soupçon ni froisser une susceptibilité? Il est impossible d'en rien démêler; il a le talent de troubler l'eau pour y pêcher à coup sûr et semble jaloux des moyens qu'il emploie au point de n'en divulguer à personne le secret. Par une sorte d'intinct de mystificateur, il entretient, pendant son voyage, une correspondance officielle avec son préfet, et une autre — particulière— avec Real. Il dit à l'un ce qu'il n'avoue pas à l'autre, écrit à Savove-Roilin qu'il a hâte de rentrer à Rouen, et à Réaî il demande, par le même courrier, d'être appelé à Paris pendant vingtquatre heures. — « Si vous adoptez cette idée, Monsieur, il faudrait que vous eussiez la bonté de choisir un prétexte qui ne blessât ni n'effleurât même pas l'amour-propre de qui que ce soit. » Qui que ce soit figure ici Savoye-Rollin. Quel secret Licquet avait-il donc découvert qu'il n'ose confier que de vive voix et seulement au chef de la police générale de l'Empire? Nous croyons bien ne pas nous tromper en avançant qu'à peine arrivé à Caen il venait de mettre ia main sur un témoin si important, mais en même temps si délicat à manier,

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qu'il était effrayé lui-môme de ce coup de théâtre inattendu.

EU furetattt dans la prison où il avait trouvé moyen de pénétrer pour causer avec Lanoë et les Buquet, il avait rencontré Acquêt de Férollcs, bien oublié là depuis trois mois ; soit que Mme Placène fût, comme le soupçonnait Vannier, employée par la police ! et connût la véritable personnalité de Licquet, soit que celui-ci eût trouvé un autre intermédiaire, il est certain qu'il obtint, dès le premier entretien, la confiance d'Acquêt de Férolles et qu'il eut le crédit de le faire mettre en liberté2. C'est après cette entrevue que Licquet demanda à Real de l'appeler à Paris pour vingt-quatre heures; son voyage s'effectua dans les premiers jours de novembre et, le 12, sur un ordre venu de Real, Acquêt était arrêté de nouveau et amené en poste de Donnay à Paris, escorté par un maréchal des logis de gendarmerie ; le 16, il était écroué au Temple3 et Real, accouru pour l'interroger, se montrait pour lui plein d'égards et « promettait que sa

i. Cette accusation contre M"' Placène prend assez de consistance si ou rapproche les allusions de Vannier de ce passage de Billard de Veaux : « M. et Mm° de Placène avaient été compromis l'un et l'autre et condamnés à une réclusion perpétuelle ; mais, par un bonheur attaché à l'étoile de Mmo de Placène, elle fut mise en liberté en 1811 ou 12. Comment a-t-elle fait pour exister à Kouen sans fortune jusqu'en 1814 qu'elle vint à Paris avec son mari ? Certaines personnes trouvent des ressources où d'autres mourraient de faim. Plus heureuse que beaucoup d'autres honnêtes gens, elle a «#u une pension de 1.000 francs sur la liste du roi.» Billard de Veaux, t. III, p. 322.

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