‹ Tournebut, 1804-1809Chapitre 9 sur 115 · PRÉFACE XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXI

tous. Je souhaitais vivement d'en savoir plus ; mais, pour cela, il fallait consulter les pièces du procès, au greffe du palais de justice de Rouen. Je n'en trouvai jamais le loisir. Je dis quelques mots de l'affaire à M. Gustave Bord, à Frédéric Masson, à M. de la Sicotière, et je n'y songeais plus, même après l'intéressante étude publiée par M. Ernest Daudet dans le Temps, quand, au cours d'une promenade en compagnie de Lenôtre, dans le peu qui a survécu du vieux Paris de la Cité, la maison de la rue Chanoinesse, où Balzac loge Mme de la Chanterie, me rappela Moisson, dont je contai l'aventure à Lenôtre, qui mettait alors la dernière main à sa Conspiration de la Rouerie. Il n'en fallait pas plus pour lui suggérer l'idée d'étudier l'affaire de 1807 dans les pièces du procès que personne n'avait consultées avant lui. A quelque temps de là, il m'apprenait que la tour de Tournebut était encore debout; qu'il ne tenait qu'à nous de la visiter, le gendre de la propriétaire actuelle du château d'Aubevoye, M. Constantin, s'offrant obligeamment à nous servir de guide : et, par une belle matinée d'automne, le chemin de fer nous déposa à la station qui dessert le petit village d'Aubevoye, dont le nom a retenti deux fois en justice, pour le procès de Mme de Combray et pour celui de Mme de Jeufosse.

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Celui qui n'a pas le goût de ces sortes d'excursions et d'enquêtes ne saurait s'en figurer le charme. Que ce soit un petit problème historique à résoudre, un fait ignoré ou mal connu à élucider, cette course au document, avec les déceptions de la recherche et les joyeuses surprises de la découverte, sont bien la chasse la plus amusante, en compagnie surtout d'un fureteur tel que Lenôtre, doué d'un flair admirable qui le met toujours sur la bonne piste. 11 y avait ici, de plus, l'attrait particulier de cette vieille tour oubliée, à laquelle nous étions seuls à nous intéresser, et du récit de Moisson à contrôler !

Du château primitif, qui avait été construit par le maréchal de Marillac, et que Mme de Combray avait considérablement agrandi, rien malheureusement ne subsiste plus que les communs ; une terrasse d'où l'on a vue sur la Seine ; la cour d'honneur convertie en pelouse ; une vieille allée de tilleuls et l'ancienne clôture. Une construction nouvelle a remplacé l'ancienne, il y aune cinquantaine d'années. Le petit château, dit de Gros-Mesnil, voisin du grand, a été remanié récemment.

Toutefois l'ensemble est tel qu'en 1804. A îa vue de ces grands bois qui serrent de près le mur d'enceinte, on comprend que cette demeure

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