A. D., Gir., C 353, décembre 1755, devis de travaux
2. A. C., Bazas, BB 1, 26 juillet 1755, délibération du Corps de ville. Voir aussi J. B. d'Anglade, Apercu sur lhistoire de Bazas, 1913, p. 120-121.
3. Voir. à ce sujet, les délibérations relatives à la promenade, dans le registre BB 19, aux Archives de Casteljaloux et les pièces concernant le procès entre la Communauté de Casteljaloux et les Pères Capucins, aux Archives de la’ Gironde, dans la liasse C. 625.
1722, d’allées plantées sur l'emplacement des fossés et des remparts 1, Mais le marquis se fait fort de lui assurer un décor plus ample; il fait lever par Santin le plan d’une partie des contours de la ville, et il projette deux lignes d’allées « le long des jardins de la ville... Ce sera un grand embellissement?. » En 1750, les plantations étaient déjà faites du côté de la porte de Condom, mais l’intendant s’inquiétait que les plants d’ormeaux ne fussent pas d’assez belle venue, et Dupin des Lèzes écrivait de sa part au subdélégué de Mazères: « M. l’intendant, qui ne perd point de vue les objets intéressants de sa généralité, et qui, comme vous savez, a fort à cœur l’embellissement des villes qui en sont susceptibles, me charge, entre autres choses, par une de ses lettres du dernier courrier, de linformer de l’état des plantations d’'ormeaux qui ont dû être faites ou que l’on doit actuellement faire sur les promenades du contour de la ville de Nérac ?. »
Laissant Mézin qui eut aussi ses allées, et Condom où se firent encore de notables aménagements, passons à la route dela Garonne dont Agen commande l’une des extrémités. L’attirance du fleuve a essaimé des villes sur ses bords, d’assez petites localités, mais toujours importantes à cause de leurs marchés, à cause des passages qu'elles tiennent sur la rivière, et toujours Jolies, parce qu'on les voit adossées à la ligne des côtes, émergeant d’une nappe d’eau.
La vieille rivalité de Tonneins-Dessus et de Tonneins-Dessous n'empêche pas que, par ordre de l’intendant, des corvées et des voitures empruntées à Tonneins-Dessous s'’emploient à la réfection de l’église de la ville haute, pour laquelle Santin a dressé un devis de 14710 I. 8 s. 9 d. Marmande, comme tant d’autres centres, eut son tour de ville aménagé en «allées de Tourny ».5 Vimar établit un devis pour les travaux à faire à la Réole, tant
1. A. Ducourneau, La Guienne historique et monumentale, t. I, p. 254.
2. A. D., Gir., C 1834, 27 janvier 1749, lettre de Tourny à de Mazères, le subdélégué et C 621, 22 février 1753, lettre du secrétaire général de Tourny à de Mazères.
3. A. D., Gir., C 621, 22 février 1753, lettre du secrétaire général de Tourny. Le marquis était alors en Normandie.
4. A. D. Gir., C 1836, 15 mai 1754, lettre de Santin à l’intendant, portant envoi du devis. Voir lordonnance prise par Tourny, le 9 décembre 1754, A. D., Gir., C 2381.
o. Bernadau, Spicilège, 7131, t. XXXVII, p. 26, Le AGE: horderais, hote au bas de la page.
sur le port que sur la place du marché!. Les gens de Langon durent prendre sur eux de nettoyer leur ville et l’intendant s’occupa de faire réparer leurs portes? Saint-Macaire, qui se posait toujours en rivale de Langon, se fit gloire de l’emporter dans les bonnes grâces de l’intendant, en se transformant à sa mode. Tourny lui envoya Vimar. La Garonne ayant débordé, menaçait en 1747 d'interrompre le chemin des courriers. L'ingénieur sentendit avec les jurats et les principaux habitants sur les mesures à prendre; pour dégager le chemin, il fallait sacrifier | un vieux mur du château. Avant de prendre une décision, l’intendant consulté envoya sur les lieux de Sorlus. Tout bien pesé, l’on décida d’abattre le vieux mur. En échange des vestiges de son château, qui lui donnaient l'air redoutable, Saint-Macaire eut un quai, une jolie place triangulaire, une charmante promenade, le tout placé sous le vocable de Tourny dont le nom passa même à une rue et à une porte très ancienne. Le même hommage fut rendu au glorieux intendant par la ville de Cadillac qui se dota d’ « allées de Tourny », tout en conservant son château‘. En avant-garde de Bordeaux, Blaye vit réparer sa citadelle. Elle obtint aussi de réparer sa fontaine, à condition de s'imposer par de nouveaux droits à percevoir sur le sels,
I. À. C., La Réole, BB 24, 12 juillet 1746, requête à Tourny pour les travaux à faire au port et à la place; 6 janvier 1747, envoi de délégués à l’intendant, pour demander l'imposition sur toute la juridiction de la somme portée dans le devis de M. Vimar, inspecteur des ponts et chaussées, pour les réparations du port.
2. A. C., Langon, B B 2, 18 novembre 1743, délibération du Corps de ville.
3. Voir l'historique de cette affaire, dans la délibération de Jurade du 10 février 1747, A. C., Saint-Macaire, BB 3.
4, À, C., Cadillac, € C 11, compte de recettes et dépenses de 1768 à 1785. Il y est dit: «payé à Jean Ferbos, de Sainte-Croix-du-Mont, pour arbres plantés sur les allées de Tourny, etc... ». <
5. L'abbé Bellemer écrit, à la page 349 de son Histoire de la ville de Blaye, Bordeaux, 1886 : « Il paraît que M. de Tournyÿ ne dédaignait pas de travailler à l’embellissement de Blaye, comme on le voit par la note suivante cles registres de la Jurade : emprunt de 3.000 livres de rentes constituées, pour frais d’alignement du nouveau chemin qu’on vient d’ouvrie en bas de la rue Jean-Eymier conformément aux plans de M. de Tourny.» )
6. Voir la minute de l'ordonnance prise par Tourny, le 13 février 1750, et la lettre qu'il écrivait lui-même le même jour à son subdélégué Du Dezert, A. D. Gir., C 373. Les jurats de Blaye avaient envoyé, pour les travaux à exécuter, «un état estimatif sans forme et sans détails. » «S'il n’y a personne à Blaye, écrit l’intendant, qui puisse faire convenablement les plans et devis et détail éstimatif, j'enverrai plutôt quelqu'un de Bordeaux. L'objet en vaut bien la peine, »
Entre la Garonne et la Dordogne, en dehors des villes du Lot, les localités se rajeunissent assez peu. Quelques-unes cependant placées comme Monflanquin sur les grandes routes de traverse, se mettent à la mode du jour. « Les travaux d’embellissement y ont considérablement augmenté, lit-on dans le registre de Jurade, soit parce que M£' le marquis de Tourny, intendant de cette province, a témoigné les approuver par les lettres qu'il à écrites aux dits sieurs maire et consuls, les 24 avril, 3 et 29 mai ‘dernier, ‘soit en considération des puissants secours que ledit Seigneur intendant leur a accordés pour la subsistance des pauvres occupés à ces travaux. » L'hôtel de ville, qui tombait en ruines, a été démoli pour faire place « à une belle promenade complantée d’arbres!. » Clairac, ville du Lot, a eu ses rues pavées par le soin même de ses habitants, à la suite d’une ordonnance prise par l’intendant, le 17 avril 17542. Fumel a procédé aussi au pavage de ses rues et à la réparation de sa fontaine, Plus au nord, Monpazier aménage sa grande place pour la rendre digne du nom de Tourny, dont elle veut la décorerf.
Les villes de la Dordogne, placées par le marquis sur la nouvelle route de Brive, sont riches de belles espérances. Libourne et Bourg sont un peu en marge. Elles appartiennent, l’une à la route de Limoges, l’autre à la route de Paris. Tourny permit à Bourg d'emprunter 2000 livres pour refaire la facade de son hôtel de ville. Au mois de mars 1750, l'ouvrage étant achevé, le Corps de ville fit graver sur une plaque de marbre, qui existe toujours, une inscription commémorative qui mentionne le nom de l’intendant5. Les villes de la Dordogne sont, en amont de Libourne, Castillon, Sainte-Foy, Bergerac, Lalinde, et dans le haut pays Domme et Sarlat. On signale pour Castillon quelques
1. À. C., Monflanquin, B B 9, 9 avril, 31 mai et 15 juin 1752, délibérations de Jurade.
2. A. C., Clairac, registre de Jurade, vol. 5, 7 février 1752 et 1er avril 1754, ordonnances de Tourny transcrites dans le registre de délibérations. L'ordonnance du 7 février 1752 concernait l'écoulement des eaux des allées