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IV. — Les Faubourgs du Sud

Par les nouveaux carrefours du tour de ville, tes faubourgs sont mis directement en rapport avec les quartiers. Les voies des uns font suite aux grands chemins des autres. Le mur de séparation subsiste d'ordinaire, mais sans l'intervalle inutile des fossés et des glacis. Sur le boulevard, quartiers et faubourgs se font face; on ne distinguera bientôt plus entre les dernières maisons de Bordeaux et les premières de la banlieue. Les faubourgs vont s’embellir à l'image de la cité, et, à la suite de l’intendant, la Jurade bordelaise va s'intéresser à eux, comme si elle y était encore chez elle. Pour assurer la commodité des habitants des faubourgs, pour que les ilots de maisons y soient répartis comme il convient entre des percées régulières, elle offrira avec Tourny d'indemniser les propriétaires expropriés 5,

1. A, D., Gir., C 2406, 16 septembre 1755, lettre de Tourny à Chauvelin.

2. La minute de l'arrêt est à chercher aux Archives nationales, dans le registre E 2357. On en trouve un exemplaire imprimé dans la liasse C 1200 aux Archives de la Gironde, À. D., Gir., C 1200.

3. Voir, à ce sujet, l'affiche du 9 septembre 1756, A. D. Gir., C. 1200.

4. A. N., E 2366, minute : A. D., Gir., C 1202 et A. C., Bordeaux, D D 24, exemplaire imprimé,

D. Voir arrêt du Conseil du ?1 juin 1748, dont la minute se trouve aux Archives nationales «dans le registre E 2279.

QUARTIERS ET FAUROUR9S 61]

Du côté du sud, Pattention de Tourny

se porta nalurellement sur les grands chemins

Jumeaux de Bayonne et de Toulouse 1.

Il fit son possible pour détourner une partie de leur trafic sur des voies secondaires. Le chemin de Saint-Genès élait appelé parfois, lui aussi, chemin de Bayonne, après quelques centaines de toises, menait à Bayonne effectivement.

de Paligner et de le redresser, aux dépeus de certains Cabinets de verdure qui faisaient saillie sur la chaussée. Dom Etienne Labadie, prieur de l’abbaye de Saint-Ferme, demandant qu'on maintint le saillant

parce qu'il se confondait, avec la voie principale qui L'intendant ne négligea pas

ne gagna rien, en de son mur. Le commissaire départi, s'étant rendu sur les lieux, Jui fit connaître que sa requête ne pouvait être admise ?.

De l’autre côté de la place d’ Aquitaine, le de Toulouse, notre cours d’E “spagne actuel,

second , chemin qui aboutit aux Capucins5, fut établi par ordre de Tourny, pour dégager l’an-

cienne route unique, qui confluait avec celle de Bayonne à la porte Saint-Julien. Le chemin de Bègles, prolongé sous ie nom de nouveau chemin de Bègles, vint déboucher de sen côté directement aux Capucinsf. Quelques constructions furent faites en façade sur le tour de ville, et plusieurs percées furont ouvertes en arrière des lignes de maisons nouvellement bâties.

On note des progrès encore plus importants dans le faubourg de la Manufacture, bordé par la rivière. L'’attraction exercée par le fleuve concourt à son développen:ent. Aux environs de

1. Actuellement, cours de l'Argonne (cours de Bayonne,, et cours de la Somme

(cours de Toulouse).

MED: Voir,avec le plan qui y est joint, l'intéressante lettre de Tourny,datée du 16 sepembre 1752, en réponse à la requête du Prieur du % février 1752, A. N., Ft 134. Le plan montre tout l’espace compris entre les chémins de Bayonne et dé Pessac. Cet espace est surtout rempli par des jardins. On y raconnait pourtant la rue Millière actuelle et on y voit le chemin de Saint-Genès avec le saillant formé par le jardin du Prieur. Dans sa lettre, Tourny parle du projet qu'il a formé depuis trois ou quatre ans « de réparer et dresser le chemin de la porte Sainte-Eulalie de Bordeaux à l'église

de Saint-Genès ».

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