P. Viollet, Le Roi et ses ministres, p
3. Le ministre fait part à Tourny des intentions du comte d'Hérouville dans une dépêche du 25 juin 1756, À. N, O1 511.
parle d’un pont sur la Garonne, comme s’il ne craignail pas d’entrer en concurrence avec le commissaire départi !, Dans Paffaire du prieur d'Auriac, il contrecarre nettement l’action de l'intendant et, malgré les ordres du pouvoir, il fournit au Parlement le moyen de s’attribuer la connaissance de l'affaire ?.
Le Pouvoir central qui, officiellement, désavoue d’'Hérouville n’est peut-être pas très éloigné de prêter Ja main à ses entreprises. En tout cas, Saint-Florentin ne manque pas une occasion de s’adresser au comte, pour se dispenser de passer par le marquis. Il fait intervenir le commandant de la province dans l'affaire de l’expulsion des Anglais ?; il le pousse même à étudier le cas de de Biran à Bergerac, comme s’il voulait mettre aux prises Tourny et d'Hérouville. N'écrit-il pas à ce dernier: « Comme l'administration municipale est subordonnée à MM. es Intendants et indirectement à leurs subdélégués, on peut dire en général ou que le service du Roï ou que le service des habitants souffrent, lorsque les places de subdélégué et maire se trouvent réunies sur une même tête... Les plaintes portées contre le subdélégué de Bergerac peuvent en être un exemple #». De Biran, étant soupçonné de pactiser avec les religionnaires, le ministre se permet d’ajouter : « Il est du plus important d’éclaircir ces soupçons dans des temps d’assemblées de Protestants. Peut-être ont-ils tiré leur confiance de ce qui devait leur inspirer la crainte. Ce mal serait très dangereux, et les conséquences exigent que vous lui apportiez votre zèle et vos sagacités 5».
Au bout de quelques mois d’exercice, la situation du comte était devenue plus intenable que ne l'était celle du marquis après quatorze ans d’intendance. Le comte d’'Hérouville fut remplacé par M. de Laugeron, qui fut appelé à exercer sous les ordres du maréchal de Richelieu f.