V. — Les Gratifications
Obligés de cumuler les fonctions, constamment surchargés de besogne, secrétaires el subdélégués escomptent beaucoup, des grâces de l’intendant et de la reconnaissance des communautés qui ont recours à eux.
Pour ses secrétaires l’intendant ne recut d'abord du roi qu’une somme de 5.000 livres ; elle fut augmentée de 2.500 livres en octobre 17471. Les employés auraient à peine gagné chacun un peu plus de 600 1., si la répartition s'’élait faite à paris égales. Or il ne pouvait en être ainsi à cause de Ja différence des mérites : et d'un autre côté, comme Tourny l’écrivait, « proposer les appointements à 600 1. est tout ce qu’on peut de moins dans une ville telle que Bordeaux où la pension des écoliers au collège est de 450 I. ?. » |
Force était donc d’user d’expédients, pour grossir le traitement des employés. Certaines gratifications «attachées à différents détails de l'Intendance élaient devenues par là une espèce de droit #, » En plus de ces épices, les secrétaires bènéficiaient des primes que l’intendant leur faisait obtenir, quand ils s'étaient bien acquittés d'une besogne directement utile au service du rol, Comme par exemple, l'établissement du Dixième.«Quandles gens ontbhien etutilement travaillé, écrivait l'intendant, ils doivent être convenablement payés, pour être encouragés à conlinuer #, » En 1745 les secrétaires eurent à se partager une prime de 2.500 livres. Il leur arriva de recevoir par la suite d’autres grabifications. Ainsi leurs appointements augmentérent. Ceux des scribes alteignirent de 9 à 600 livres ; ceux des secrétaires de second ordre de 7 à 800,
1. Cf. Correspondance déjà citée entre l'Intendant et Machault, A. D., Gir., C 55. Marie de Saint-Georges loue Tourny de s'être rendu accessible à ses secrétaires, Op. Cit., p.47. L'intendant écrit au sieur Bulle, son subdélégué de Libourne : « Mon cher Monsieur... » A. D., Gir., C 314, 6 avril 1754.