FO>T--NT.L'F
C'est agréable, on a de quoi choisir.
AFOLLOX.
Non, monsieur, on prend le tout ensemble, l'un paye l'autre.
Air de Partie carrée.
Le consommateur se régale , Et peut avoir suivant ses goûts , Poiif un demi-franc , la Vestale , Et Femme à vendre , pour six sous.
Salomon juge . il absout , il condamne, Pour quelques biscuits demaude's ; Et l'on est sur de la chaste Suzanne Pour quelques échaudés.
PONT-NEUF
Ah! j'y suis maintenant, c'est ce café théâtral, où l'on ne voit que deux acteurs à-la-fois.
APOLLON
C'est bien assez, et, çà ne m'empêche pas de monter "des pièces à spectacle, et des Vaudevilles.
POST-NEUF
Ça doit être difficile à faire.
Du tout.
APOLLON
Air • Que d 'etablissemens nouveau».
Au boulevard, quand le voisin Donne quelque pièce nouvelle , Aussitôt 1rs ciseaux en main , Pour deux acteurs je la morcelle ,
Par mes soins l'ouvrage est réduiç.
Coupant dans les vers , ..'ans la prose, Je n'en conserve que P esprit.
PONT-NEUF
Il doit vous rester peu de chose.
Ah ! çà , si vous réussissez si Lien là-bas ; que venez-vous faire ici?
APOLLON
Ah ! c'est que je vais vous dire : il y a Lien des inconvéniens, lepubiicjii'est pas toujours très-tranquille, nous avons de gros consommateurs qui après avoir bu .deux bois de punch, ne se font pas scrupule de troubler la scène la mieux filée; le café y gagne ; mais l'art y perd considérablement.
PONT-NEUF
Je conçois.
APOLLON
Il faut si peu de chose pour troubler un acteur. . . et je vous demande un peu , quand, dans la scène la plus intéressante, on entend crier : une limonade ! ça refroidit bien le talent. L'autre jour , par exemple , je ne sais pas dans quel vaudeville un amant reprochait à sa maîtresse d'être insensible à son amour , et au lieu de jouer la scène, il avait l'air <le jouer aux propos interrompus.
A'r : Clest mon maître en à l'art de plaire. Grands dieux. ! quelle rigueur funeste
Holà! quelqu'un.
Cruelle, vous me refusez...
Un bol au rhum.
Vous exigez d ne que je reste...
Garçon?
En proie au feu que vous causez.
"Une caraffe d'orgeat.
Que voulez-vous que je devienne ,
Une flûte. . . '
Si je renonce à vos appas?
Il n'y en a plus.
Hélas ! c'est vouloir que je prenne
La hierre.
Le chemin qui mène au trépas.
Trois verres d'eau à la glace.
N'y a-t-il p3s de quoi déconcerter l'acteur le plus sûr de son affaire : c'est pour cela que je viens m'établir chez le [Vaudeville qui , sans doute , ne viendra pas de sitôt.