‹ Toussaint Louverture, poëme dramatiqueChapitre 28 sur 65 · SCÈNE SIXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE SIXIÈME

Ils peindront sous mes traits la seconde Vénus,

Se mêlant aux guerriers comme au bord du Cydnus, Adoucissant le joug qu'impose ici mon frère Et conquérant les cœurs quand il soumet la terre!

On fera mes portraits, on dira: La voilà!

Aux entants.

C’est pourtant vous, petits, qui me valez cela.

C’est pour ces vilains noirs que je hais,

Albert fuit un geste de douleur.

Et que j’aime,

Elle se rapproche d’Albert et met la main sur son bras en souriant.

Que ce front, destiné peut-être au diadème.

Va ravir des soldats dans ce simple appareil,

Et, pour comble d’horreur, se hâler au soleil.

Je vous déteste bien, allez... mais je pardonne,

Si la tente est jolie; allons voir.

Madame Leclerc sort suivie de son cortège; Albert et Isaacl’accompagnent.

ALBERT

• •Qu’elle est bonne!

SCÈÏSE SIXIÈME.

TOUSSAINT, ADRIENNE, SOLDATS, puis MADAME LECLERC.

Quelques soldats, détachés des travaux du fort, marchent sur la cabane de Toussaint pour la démolir. — Adrienne se jette à leurs pieds. — Toussaint lève les bras vers eux et semble les supplier.

UN SOLDAT

Ah! chien de moricaud!

Page 1