SCÈNE NEUVIÈME
SALVADOR, SERBELLI.
SALVADOR
* Bon courage,
Mon îrèrel Le hasard m’a mieux servi que toi! L’enfant que je craignais était là, devant moil De mes bras à l’instant un moine l’a reçue.
SERBELLI.
Un moine?...
SALVADOR
À ses côtés tu l'aurais aperçue.
Il te la conduisait. Retourne vite au port La recevoir de lui . . . je t’écrivais ... Il sort.
SERBELLI.
Un moine?...
SALVADOR
Oui.
SERBELLI.
Guidant une enfant toute blême.
Une fille en baillons et du trépas l’emblème.
SALVADOR
Oui, te dis-je; il allait la conduire au vaisseau Muni de ce billet revêtu de mon sceau.
SERBELH.
\ Au vaisseau?... vers le port?... A la mer?
SALVADOR
Oui, te dis-je.
Mais tes yeux sont-ils donc possédés d’un vertige ? N’as-tu rien vu?
SERBELLI.
Grand Dieu! dans quel piège imprévu?...
SALVADOR
Qu’as-tu donc vu, cruel?...
SERBELLI.
Malheureux. J’ai trop vul SALVADOR.
Arrache-moi d’un mot à l’horreur de ce doute.
Ta parole me glace, elle me tue!
SERBELLI.
. Écoute,
Tout à l’heure, en sortant du quartier général ,
J’ai vu passer ce moine... au regard infernal!...
Une fille en haillons, mais pleine encor de grâce,
De son pied chancelant le suivait à la trace.
A peine hors des murs avaient- ils fait cent pas,
Qu’une troupe de noirs les attendent en bas,
Et, sortant tout à coup d’une obscure embuscade,
Les a reçus tous deux; alors la cavalcade.
Fuyant à toute bride avec les deux captifs,
Poussant des cris de joie, a gagné les grands ifs.