‹ Toussaint Louverture, poëme dramatiqueChapitre 48 sur 65 · SCÈNE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME

SALVADOR, SERBELLI.

SALVADOR

* Bon courage,

Mon îrèrel Le hasard m’a mieux servi que toi! L’enfant que je craignais était là, devant moil De mes bras à l’instant un moine l’a reçue.

SERBELLI.

Un moine?...

SALVADOR

À ses côtés tu l'aurais aperçue.

Il te la conduisait. Retourne vite au port La recevoir de lui . . . je t’écrivais ... Il sort.

SERBELLI.

Un moine?...

SALVADOR

Oui.

SERBELLI.

Guidant une enfant toute blême.

Une fille en baillons et du trépas l’emblème.

SALVADOR

Oui, te dis-je; il allait la conduire au vaisseau Muni de ce billet revêtu de mon sceau.

SERBELH.

\ Au vaisseau?... vers le port?... A la mer?

SALVADOR

Oui, te dis-je.

Mais tes yeux sont-ils donc possédés d’un vertige ? N’as-tu rien vu?

SERBELLI.

Grand Dieu! dans quel piège imprévu?...

SALVADOR

Qu’as-tu donc vu, cruel?...

SERBELLI.

Malheureux. J’ai trop vul SALVADOR.

Arrache-moi d’un mot à l’horreur de ce doute.

Ta parole me glace, elle me tue!

SERBELLI.

. Écoute,

Tout à l’heure, en sortant du quartier général ,

J’ai vu passer ce moine... au regard infernal!...

Une fille en haillons, mais pleine encor de grâce,

De son pied chancelant le suivait à la trace.

A peine hors des murs avaient- ils fait cent pas,

Qu’une troupe de noirs les attendent en bas,

Et, sortant tout à coup d’une obscure embuscade,

Les a reçus tous deux; alors la cavalcade.

Fuyant à toute bride avec les deux captifs,

Poussant des cris de joie, a gagné les grands ifs.

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