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fonction que de les secourir 1" Et Puisque aucune misère
n'égale celle des pauvres pécheurs, le vénérable Bède en conclut que Marie se tient continuellement devant le trone de son divin Fils afin de le prier sans cesse pour les pécheurs *,
Quelles n'étaient Pas, même durant les jours de sa vie mortelle, la compassion et la tendresse que Marie ressen-
tait en son cœur Pour tous les hommes! “Jamais per-
sonne ici-bas, dit saint Jérome, ne fut tourmenté de ses?
propres peines autant que Marie le fut des peines d'autrui 4" Et cette compassion qu'elle ressentait pour les peines du prochain, elle en donna, comme nous l'avons déjà remarqué plus haut, une bien belle preuve dans le fait des noces de Cana. Le vin ÿ étant venu à manquer, ‘elle prit sur elle, et sans que personne le lui eût demande, d'exercer, dit saint Bernardin de Sienne, l'office d'une Miscricordicuse consolatrice ‘ ;" et, Par pure compassion pour l'embarras des époux, elle intercéda auprès de son Fils et obtint de lui ce miracle du chan ient de l'eau en vin,
“ Mais peut-être, di. 4int Pierre Damien, en s'adressant à Marie, peut-être, o bienheureuse Vierge, maintenant que vous tes élevée à la dignité de Reine du ciel, nous avez-vous oubliés, nous qui gémissons ici-bas ? Que personne, ajoute aussitot le Saint, n'ait jamais une pareille idée, Car ce n'est Pas à une si grande miséricorde qu'il convient d'oublier une si grande misère *" Non, non, tant de compassion n'a pas été réunie dans le cœur de Marie pour qu'ensuite elle oublie une misère comme la notre, Et
1. Undique sollicita es de miseris, misericordia vallaris ; solum misereri Videris appetere. Sri. die amp. 3 C XIX.
2. Stat Mariain conspectu Filii sui, non cessans pro peccatoribus exorare 3: Nullum in hac vita adeo P‘Fnæ torserunt propria, sicut Mariam ali me, 4 Officium pit Auxiliatricis assumpsit non rogata. /%0 / st PAL s. 0 Seul 5: Numquid, o Beata Virgo ! quia ita deificata à st es, ideo nostrt humanitatis oblita es 2? Nequaquam; nonenim convenit tantæ miseticordiæ, tantam miseriam oblivisci. /x Vis HI ES I
Si grande pendant sa miséricorde éstencore S grande
ciel
RE A Res +
ce n'est pas à Marie qu'on peut appliquer le proverbe : Les honneurs changent les mœurs", Ainsi en va-t-il parmi les gens du monde, lesquels, parvenus à quelque dignité, s'enorgucillissent et ne se souviennent plus des amis qu'ils ont laissés dans une condition inférieure, Mais, pour Marie, elle se réjouit de se voir élevée en dignité, précisément afin de se trouver ainsi plus à même de secourir les misérables,
Tel est justement le motif pour lequel saint Bonatenprioum ture lui applique ces paroles adressées à Ruth: 77as Métro SU PASSE la première miséricorde par la dernière? Et luiamperasté, Même, expliquant sa pensée, ajoute : * Grande fut la misé-
ricorde que Marie, durani son exil ici-bas, fit éclater en faveur des misérables ! Mais, maintenant que la bienheureuse Vierge règne dans le ciel, combien sa miséricorde n'est-elle pas plus grande?!" Et voici la raison qu'en donne le saint docteur: Si la divine Mère, par les grâces innombrables qu'elle nous obtient, fait maintenant preuve à notre égard d’une plus grande miséricorde, c'est parce que maintenant eil: conraît mieux nos misères. Car de même que la splendeur du soleil l'emporte sur celle de la lune, ainsi la compassion que Marie ressent pour nous dans le séjour de la gloire, l'emporte sur celle dont elle était animée déjà durant sa vie terrestre, Qui donc, s'écrie le Saint en terminant, qui donc vit ici-bas, sans jouir de la lumière du soleil ? 1:t quelle est l'âme sur laquelle Marie ne fasse resplendir les rayons de sa miséricorde !?”