Praparabitur in misericordia solium 5 XVI
> Solium divine misericordiæ est Maria, in quo omnes inveniun solatia misericordiw. Nam, sieut misericordiosissimum Dominum, ita misericordio issimam Dominam habemus ; Dominus noster multie mis ricordi est invo cantibus se, et Domina nostra multe misericordiæ est invocantibus se 2 BF lect 9
3 Inte mihi regni sedem constituam ; perte preces exaudiam ? comm nicasti mihi quod homo sum: communicabe tibi quod Deus sum 2% 1 aumpt s 2
a ilit etistu lacrymaæ peribunt? SIN 11. M
de
MARIE, Norki COXSOLATION
En effet, omment peut-il se perdre celui qui implon cette bonne Mère, Puisque Jésus, cn ant sa parole" divine en faveur de tous Ceux qui implorent Marie, à Pros, par amour pour elle, de les traiter tous avec autant de miséricorde qu' le voudrait, Telle est la révélation que sainte Bricitte reçut du Notre-Sciyneur luizn quand elle cat le bonheur de l'entendre dire à Marie: 4) ma Mère bien-aimée, VOUS at, en Vertu Je ma touts puis sance, * .orde le pouvoir de faire, autant qu'il vous plaira grace et miséricorde à tous les pécheurs qui vous inx oquent
dévotion, ct réclament de votre bonté les SUCOUrS dont ils ont besoin Le
Aussi, l'abbé Adam de lerscigne, considérant le grand crédit dont la saints Vi FRE jouit aupres de Dieu et le tendre intérèt qu'el nous porte, lui dit avec la plus entière confiance : “0 Mère de miséricorde, votre bontc n'est pas moins grande que votre puissance; et, autant “ous avez d'inclination à pardonner tant avez-vous de crédit pour tout obtenir, Et quana nc peut-il arriver que Vous n'ayez pas compassion des misérables, vous qui êtes la Mère de Ja Miséricorde ? Ou bien, s peut-il que parfois vous ne SOyEZ pas à même de leur venir en aide, vous qui êtes la Mère de la toute-puissance ? Mais non, autant il vous est facile de Connaître nos misères, autant Vous est-il facile d'obtenir tout ce que Vous voulez 4°” Rassassiez-vous donc, 6 grande Reine, S'écrie l'abbé Rupert,
rassassiez-vous de la gloire de votre Fils : et, sinon par
1. Ex omnipotentia mea, Mater reverenda, tibi conc EST potestatem propi tandi ompnium peccatis, qui devote invoc ant tu pietatis auxilium, quali Cumque modo placet tibi Zusin | 4. €. LI
2 Mater misericordiæ ! tanta est Pielas tua, quanta potestas : tam pia es ad parcendum, quam potens al impetrandum —Quando non compatieri miseris, Mater Misericordizæ 2 aut quando illis opem conferre non poteris, Cum sis Mater Omnipotenti 2 eadem facilitate obtines quodeunique vis, qua
facilitate nostra innotescit mise Ma ur. s à
égard pour nos mérites, du moins par compassion, laissez tomber sur nous, vos pauvres serviteurs et han, ne fütce que quelques miettes de votre table céleste !, Dan Et si nos péchés nous inspirent de la défiance, disons ms péchés. alors avec Guillaume de Paris: *O ma Reine bien-aimée, n'alléguez pas mes péchés contre moi; car contre mes péchés j'allègue votre miséricorde, A Dieu ne plaise qu'on puisse jamais dire que mes iniquités sont capables de balancer votre miséricorde ; car votre miséricorde a bien plus de force pour obtenir mon pardon, que mes iniquités pour provoquer la sentence de ma condamnation *. ”
EXEMPLE
L'avocat On lit dans les chroniques des Capucins , qu'il y avait de RS D TR RE d
Venise déjà él Vénise un fameux avocat qui, s étant enrichi par toutes livré au démon & Ne
etdéivré dans un déplorable état. Peut-être n'avait-il plus rien de grâce à
sa dévotion
sortes de fraudes et d'injustices, vivait par conséquent
rase
bon que l'habitude de réciter chaque jour une courte prière vresqe à Ja sainte Vierge. Et pourtant ce fut cette pauvre dévoinsignifiante
envers tion qui lui valut la grâce d'échapper à la mort éternelle Marie. par la miséricorde de Marie. Voici comment.
Rp
Cet avocat s'était, pour son bonheur, lié d'amitié avec le père Matthieu de Basso, et il l'avait tant supplié de venir un jour dîner chez lui, qu'enfin l’homme de Dieu y consentit. Quand il fut arrivé: *“ Mon Père, lui dit l'avocat, je veux maintenant vous montrer une chose telle que vous n'en avez jamais vue, Je possède un singe extraordinaire qui me sert comme un valet: il lave les verres, met
1 O Mater misericordiæ ! saturare gloria Fili tui, et dimitte reliquias tuas parvulis tuis. 2e .{ssumpt.s. 4.
2 Ne allegaveris peccata mea contra me, qui misericordiam tuam allego contra ea 3; absit ut stent in judicio peccata mea contra misericordiam tua, quæ omnibus vitiis fortior est. De Aeh. die. € XVII
3 BOVER, ann. 1552. n. 69.
PERRES
la table, m'ouvre la porte.— Prenez garde, répondit le Père, que ce ne soit pas un singe, mais encore quelque autre chose ; faites-le venir." On appelle le singe, mais il fait la sourde oreille ; on le cherche partout, mais il se dérobe à tous les regards. Enfin on le trouve blotti sous un lit au rez-de-chaussée de la maison, mais il refuse de sortir de là, “Eh bien! ditle religieux, allons-y nous-mêmes, ” Arrivé avec l'avocat à l'endroit où se tenait le singe :
Ho e — re | |
“ Bête infernale, lui crie-t-il, sors de là: et, de la part de Dieu, je te commande de dire quitues." Le singe alors | déclare qu'il est le démon, et qu'il se tient dans cette maison pour attendre le jour où se pécheur négligerait de
dire sa prière accoutumée à la divine Mère ; car Dieu lui
avait déjà permis de l'étrangler dès la première omission, ct de l'emporter en enfer. A ces mots, le pauvre avocat tombe aux genoux du serviteur de Dieu pour implorer son secours, Après lui avoir donné bon courage, le Père commanda au démon de s'en aller sans causer aucun dégât, “ Tout ce que je te permets, ajouta-t-il, c'est de faire, en signe de ton départ, un trou dans une muraille de la maison,” À peine ces paroles furent-elles proférées, qu'il se fit un grand bruit et l'on vit se former dans la muraille une ouverture, En vain essaya-t-on plusieurs fois de la fermer avec de la chaux et des pierres, Dieu voulut qu'elle
y restàt longtemps visible, jusqu'à ce qu'enfin, par le con-
seil du serviteur de Dieu, on ÿ mit une plaque de marbre
avec une figure d'ange. L'avocat se convertit; et nous espérons que, fidèle dès lors à son nouveau genre de vie,
il y persévéra jusqu'à la mort.
PRIÈRE
O Vierge sainte, 6 la plus sublime et la plus auguste de toutes les créatures, du fond de mon exil j'élève ma voix
vers vous; c'est la voix d'un misérable qui tant de fois a eu le malheur de se révolter Contre son Dieu, et qui mérite
Plein d'espoir dans la richesse
des misé ricordes de Marie,
LE es ’ er a
ïepécheur non plus des grâces, mais des châtiments, non plus les
lui demande site : : . . ï demande Qouceurs de la miséricorde, mais les rigueurs de la justice.
une vraie
contritien et O ma Souveraine, ce n'est pas par défiance de votre bonté Vi que je vous parle ainsi. Car je sais que plus vous êtes JL NETRE élevée en dignité, plus vous vous glorifiez d'être bonne et a compatissante, Je sais que vous vous réjouissez d'avoir les mains pleines de richesses, précisément pour nous en faire part, à nous qui sommes dans la misère. Je sais que plus est pauvre l'âme qui vous implore, plus vous prenez
à cœur de la défendre et de la sauver.
O ma Mère, n'oubliez pas les larmes qu'un jour vous avez versées sur votre Fils mort pour moi. Ces larmes, je vous en supplie, offrez-les à Dieu afin qu'en leur considération il m'accorde une vraie douleur de mes péchés. Combien les pécheurs vous ont alors causé de tourments! Et moi-même, combien ne vous ai-je pas affligée par mes crimes ! Obtenez-moi, Marie, qu'au moins à partir de ce jour je cesse de vous désoler, vous et votre divin Fils, en cessant d'être ingrat. De quoi me serviraient vos larmes,
si je continuais à me rendre coupable envers vous d'ingra-
titude? de quoi me servirait votre miséricorde, si, retombant dans mon infidélité, je venais à me perdre ? Ah! ma Reine, ne le permettez pas.
Vous avez suppléé à tout ce qui me manque. Vous obtenez de Dieu tout ce que vous voulez. Vous exaucez chacun de ceux qui vous prient. Voici les deux grâces que je vous demande et que je n’hésite pas à espérer et même à réclamer de vous: obtenez-moi d'être fidèle à Dieu en ne l'offensant plus, et de l'aimer jusqu'à la fin de ma vie autant que je l'ai offensé.
(STEINLE)
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C Conseil salutati
C''ercellent secret |
D . CURE Lou: deventi paifart,
Ce ; JE Cp ; s'dr JOUt dite UN C/Oovoatre,
B. de MONTEFORT.
Et Gesum bencdictum jructum ventris ui nohis post hoc exsilium ostende,
Et, après cet exil, montrez-nous Je
le fruit béni de vos entrailles, $ 1
Marie délivre ses serviteurs de l'enfer.
NN serviteur de Marie, fidèle à hono- !
Un serviteur de mer Son Secours, ne peut se perdre, Marie
à ax : ne peut se
Cette proposition tout d'abord une Ê Paraitra peut-être hasardée à quel- Sens
de cette
rer cette bonne Mère et à récla-
ques lecteurs, Mais je les prie Core “a ne pas la rejeter avant d'avoi, mes explications. Quand on.
: clare impossible qu'un serviteur de Marie se damne, il ne s'agit pas de ceux qui s'autori-
sent de leur dévotion envers Marie Pour pécher plus
librement, Et ainsi c'est bien injustement que quelquesuns nous reprochent de tant exalter les miséricordes de Marie envers les pécheurs, et cela parce que ceux-ci en abusent pour commettre encore plus de péchés, Car nous disons que ces téméraires méritent, à cause de leur pré-
A — es -
somptueuse confiance, d'être traités avec rigueur et nullement \ avec bonté, On parle
donc ici de ces servi-
Ÿ teurs de Marie qui, : la
fidélité avec laquelle ils honorent et invoquent la Mère de Dieu, joignent le désir de s'amender, Que ceux-ci se perdent, c'est, je le N.- Dame j A: soutiens, moralement Ur LP #} a À impossible, Or, ce sentiment, je le trouve exprimé par le père Crasset, dans son livre de la Véritable Devotion envers Marie; et, bien avant lui, par Véga dans sa 7/heologia Mariana, par Mendoza, et
par d'autres théologiens. Et pour nous assurer qu'ils n'ont pas tenu ce langage à la légère, voyons ce que disent là-dessus les docteurs et les saints.
Quelque étonné que l'on puisse être de trouver ici tant de témoignages si ressemblants entre eux, j'ai voulu néanmoins n'en omet-
| RG Re MS nn ! MARIE, NOTRE SALU1
tre aucun, précisément Pour faire ressortir l'accord qui on
règne sur ce Point parmi les saints Pères et les théologiens, Fr EsvareR Selon saint Anselme, de même qu'on ne peut se sauver HA
sans la dévotion à Marie et sans le secours de cette tendre salut à
Mère, de même on ne peut se damner si on l'implore ct
qu'on mérite ses bonnes grâces.“ O Vierge comblée de
bénédiction, lui dit le Saint, comme il est impossible que
celui-là se sauve, qui se tient loin de vous et dont vous
détournez les YEUX, ainsi est-il impossible que celui-là se
perde qui recourt à Vous et sur lequel vous abaissez vos
regards!" Tel est aussi le sentiment qu'exprime saint
Antonin, Presque dans les mêmes termes : Comme il est
Impossible, dit-il, que ceux dont Marie détourne les regards
de sa miséricorde, Parviennent au salut, ainsi est-il néces-
saire que ceux-là se Sauvent et jouissent un Jour de la
gloire du ciel, qui attirent sur eux les yeux de Marie ct
méritent sa protection : ” Donc, d'après saint Antonin,
enrichissant sur la pensée de saint Anselme, les serviteurs
de Marie se sauvent néc sairement,
Tipossible
Mais d'abord qu'on remarque la Première partie de la
Proposition émise par ces deux saints, et que ceux-là trem- ER blent qui font peu de cas ou qui par négligence se dar. tent de la dévotion envers notre divine Mère, Impo. it'e donc, disent saint Anselme ct saint Antonin, qu'on se Sauve, si on n'est pas protégé par Marie,
Or, cette même vérité, bien d'autres l'ont également affirmée. Tel le bienheureux Albert-le-Grand : “© Marie, dit-il, ceux qui ne sont Pas consacrés à votre service, péri-
dévotion,
1. Sicut, o Beatissima ! omnis a te aversus et a te despectus necesse est ut intereat, ita omnis adte conversus et a te respectus impossibile est ut pereat Orut, SL.
2 Sicut impossibile estiquod illi, a quibus Maria oculos misericordiæ sua avertit, salventur ; ita necessarium quod hi, ad quod convertit oculos suos, Pro eis advocans, justificentur et glorificentur. P 4 LI: C. XIV. S 7
RÉ
ront tous "Tel encore saint Bonaventure : * Quiconque néglige de servir Marie, mourra dans son péché" Et autre part : “O Notre-Dame, celui qui pendant sa vie ne recourt pas à vous, ne parviendra jamais au royaume céleste "Et dans son Psautier de la bienheureuse Vierge. le Saint va jusqu'à dire que, s'ilen est dont Marie détourne sa face, non seulement ces malheureux ne se sauveront pas, mais même tout espoir de salut a cessé pour eux : * 0 Vierge, si vous détourniez vos regards, aussitôt s evanouirait toute espérance de salut *”
Longtemps auparavant, saint Ignace martyr affirmait aussi qu'un pécheur ne peut se sauver sans le secours de la sainte Vierge ; par contre, ajoutait-il, grâce à sa miséri cordicuse intervention, beaucoup se sauvent qui, selon
cours de la divine justice, se seraient damnés. “*O Vierge
bénie ! s'écrie le saint Martyr, il ne se peut pas qu'aucun
pécheur se sauve, si ce n'est par votre secours et votre crédit. Car ceux que la justice de Dieu ne sauve pas, la miséricorde sans bornes de Marie les sauve en intercédant pour eux”. Certains critiques mettent en doute que cette sentence soit réellement de saint Ignace. Mais au moins, dit le père Crasset, on ne peut nier que saint Jean Chrysostome ne se la soit appropriée, Nous la trouvons également dans l'abbé de Celles !,
Et l'Église elle-même applique dans ce sens à Marie ces paroles des Proverbes: Zous ceux qui ne s'attachent pas à moi, se vouent à la mort éternelle’. En effet, comme le
1 Gens quæ non servierit, tibi, peribit. /#4/ War, Is. n 20.