DE S, É, LE CARD. VAUGHAN
cérémonie ; et la seconde n'a pas été non plus un senti-
ment passager de dévotion, Ces deux actes, considérés en eux-mêmes, étaient destinés à durer autant que la vie, les pasteurs à expliquer aux fidèles la signification des vœux du baptême, et il n'est point rare que le renouvellement solennel en soit fait à la fin d'une mission et d'une retraite,
Il sera aussi très avantageux pour l'âme d'étudier d'une manière approfondie la force et la nature de cette consécration que nous avons faite autrefois de nous-mêmes à la sainte Vierge,
Cette étude est nécessaire Pour que cette consécration soit de longue durée et que l'âme en retire les fruits.
La raison qui fait que la piété n'est si souvent que de surface et de peu de durée, c'est que la religion ne réussit pas toujours à s'emparer de l'esprit ni à guider les natures énergiques ; c'est que l'intelligence ne ment occupée des matières de religion, est développée par l'éduc service de Dieu.
s'est pas suffisam- Plus l'intelligence ation, plus il faut l'assujettir au
Or, le Traité du bienheureux de
Montford sur la vraie dévotion à la très sainte Vierge
s'adresse à l'intelligence.
Quiconque l'aura étudié
à fond sentira sa CONSCCTATION L'éride grandir en Émportance els
clairer des flots d'une lumière, fe
raitéouvre nouvelle, 11 verra aussi ses rapports essentiels avec le renou- des horizons
Ë nouveaux.
vellement des vœux du baptême,
Je me rappelle avoir lu ce livre lorsque le Père Faber publia sa première traduction en 1 Sa mort; et je me souviens aussi Monsignor Newsham, le vé d'Ushau, en parlait d lecture à tous,
Je ne l'avais point lu depuis, lorsque l'été dernier il me tomba sous la main, comme par hasard. J'en fis alors ma
DRE PR nn en re
862, peu de temps avant avec quel enthousiasme nérable et bien-aimé supérieur ans ses écrits et en recommandait la
Re EE à
lecture constante et exclusive pendant une semaine entière,
et je l'ai relu plusieurs fois depuis.
L'un des résultats de ce travail fut de saisir parfaitement
la portée des paroles du Père Faber. ‘“ Que le lecteur me
A s Permette de lui dire (je cite ses propres paroles) qu'une
se contenter simple lecture de ce Traité sera loin de suffire pour lui en
Taper donner une connaissance complète...... Même après
unefois. plusieurs lectures sa nouveauté ne semble jamais vieiilir,
ni sa plénitude diminuer, ni le frais parfum et le feu sensible de son onction s'altérer et s'affaiblir.”
Un autre résultat de la lecture de ce livre fut la détermination que je pris de le faire réimprimer, afin de pouvoir en placer un exemplaire entre les mains de chacun des prêtres de ce diocèse, avec le conseil de ne point se contenter, comme je l'ai fait il y a vingt ans, d'une simple lecture; mais de le relire souvent, afin d'éprouver par soimême la transformation qu'il est capable de produire dans l'âme.
Il ya dans ce Traité des expressions qui peuvent paraitre étranges aux oreilles de ceux qui ont été élevés dans notre atmosphère anglaise de froideur, de critique et de controverse ; l'on rencontre des personnes recommandables qui ont senti comme un besoin de se faire pardonner le fait d'admettre la souveraineté et l'empire de leur Reine céleste,
L'hérésie, sous le prétexte absurde et pharisaïque de zèle pour la gloire de Dieu, réprouve et condamne cette manifestation généreuse et spontanée de confiance et d’affection envers la Mère de notre rédemption, de notre sanctification et de notre salut, sentiment rendant si naturel aux enfants de Marie et qui les rend pius semblables au Christ.
L'hérésie a trouvé beaucoup à critiquer dans ce Traité.
Je ferai d'abord remarquer que le procès de canonisation du bienheureux de Montfort est déjà très avancé,
A DRE Qi pa à
DES, É, LE CARD, VAUGHIAN, a UE Ses vertus ont été déclarées héroïques et tous ses écrits Cxempts de ce qui est contraire à la foi et à la morale, ainsi qu'au sentiment et à la pratique constante de l'Église,
La Congrégation vient de passer à l'examen des miracles. Ses écrits, Par conséquent, se trouvent dans la même Catégorie que ceux de saint Alponse, qu'on n'a pas le droit de condamner Somme entachés d'erreurs, quoique nous Puissions en discuter le mérite et les rejeter s'ils ne nous Conviennent pas ou si nous n'y trouvons Pas notre profit,
La doctrine du bienheureux de Montfort a été examinée minutieusement, il Y a quelques années, dans le premier volume des rakecta Pontificii, ainsi que dans la préface de l'édition anglaise de sa Vie,
Le docteur Pusey l'a attaquée dans son ouvrage qui a Pour titre Æirenicon et a fourni au docteur Ward l'occasion de le réfuter d’une façon magistrale dans la revue de Dublin.
Les écrits qui ont paru alors ont été depuis réunis en un seul volume sous le ti tre de Æssays devotional and Scriptural,
Je relèveraiici une objection seulement que l'on pourrait faire valoir contre la doctrine du bienheureux de Montfort, à savoir : qu'elle nuit à ce Commerce direct et intime avec la sainte humanité du Sauveur qui fait notre grande gloire et notre privilège le plus insigne: et qu'en outre elle présente à notre imitation Marie comme modèle plutôt que son divin Fils,
C'est une objection plus spécieuse que fondée, Sans doute, Notre-Seineur est Pour chacun d'entre nous la voie, la vérité et la vie, et lui-même à dit « Venez à moi,”
Mais assurément nous n'allons pas au Fils d'une manière moins directe et moins assurée lorsque nous prions sa Mère de nous Prendre par la main, de nous accompagner ct de faire entendre la voix de sa tendresse maternelle en faveur de ses Pauvres enfants,
Il est parfaitement raisonnable de Supposer que nous le trouverons plus Pr'omptement et plus sûrement, si nous
Te
Le Traité est attaqué et défendu en Angleterre
allons à lui par le chemin qu'il a suivi pour venir à nous, celui de sa sainte Mère,
Si notre bon ange nous accompagne miséricordieusement à chaque pas que nous faisons, sans jamais nous laisser seuls, quelle difficulté peut-il y avoir à supplier Marie de ne jamais nous abandonner un seul instant et de nous faire voir, de plus en plus clairement, le fruit béni de ses entrailles,
S'il est permis à Satan de s'emparer des âmes et des corps des hommes dans un but néfaste, ou pour les éprouver mystérieusement, n'est-il pas loisible de croire que Marie, qui a porté dans son cœur le corps mystique du Christ, possède, pour notre bien et notre bonheur, un pouvoir égal sur les corps et sur les âmes ?
En vérité toute la doctrine de ce vénérable serviteur de
Dicu n'est autre chose que le développement de ces paroles si belles et si fécondes de l'hymne liturgique :
| Monstra te esse matrem Sumat per te preces Qui pro nobis natus Tulit esse tuus.
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Le bienheureux de Montfort dans l'un de ses conseils, que chacun bien entendu est libre de suivre ou non, va jusqu'à nous recommander le recours explicite à Marie dans toutes nos prières.
Il ajoute que ceci peut se faire par un regard vers Marie, sans qu'il soit nécessaire d'interrompre la contemplation de la Sainte Humanité,
Et si, comme il le remarque, la meilleure manière d'imiter Jésus est d'imiter Marie, qu'est-ce autre chose sinon la mise en pratique d'un principe souvent inculqué dans le nouveau testament par le Saint-Esprit lui-même? Ainsi saint Paul s'adressant aux Corinthiens leur dit: Soyez mes imitateurs comme je le suis de Jésus-Christ. Aux Tessaloniciens il écrit: Æ7 vous tes devenus imitateurs, et les imi-
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