‹ ToutChapitre 261 sur 319 · NS ILL£ (LS · texte numérisé non relu

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à la sainte Vierge, il n'y a de vrais et fidèles dévots que ceux qui se conduisent par son esprit. J'ai dis que l'esprit de Marie est l'esprit de Dieu parce qu'Elle ne s'est jamais conduite par son propre esprit, mais toujours par l'esprit

de Dieu, qui s'en est tellement rendu le maitre qu'il est

devenu son propre esprit.

C'est pourquoi saint Ambroise dit: Sitin singulis anima Marie, et maguificct Pominm : sit in singilis spiritus Marie, ut exultet in Deo : * Que l'âme de Marie soit en “ chacun pour glorifier le Seigneur: que l'esprit de Marie Quhere “ soit en chacun pour se réjouir en Dieu.” Qu'une âme est Re “heureuse quand, à l'exemple d'un bon Frère Jésuite, mdure nommé Rodriguez, mort en odeur de sainteté, elle est var Marie toute possédée et gouvernée par l'esprit de Marie, qui est un esprit doux et fort, zélé ct prudent, humble et coura-

geux, pur et profond !

Afin que l'âme se laisse conduire par cet esprit de Marie, il faut: 1" Renoncer à son propre esprit, à ses propres lumières et vori / lontés avant de faire quelintérieure f à n°) \ que chose: par exemple, te NS #1 À avant de faire son oraison, Keni.) \ | \ de dire ou entendre la À sainte Messe, de communier; parce que les ténèbres de notre propre esprit et la malice de notre propre volonté et opérait tion, si nous les suivions, quoiqu'elles nous paraissent remonter À bonnes, mettraient obstacle à l'esprit de Marie, 2" Il propre. faut se livrer à l'esprit de Marie pour en être mus et conduits de la manière qu'elle voudra. Il faut se mettre et se laisser entre ses mains virginales, comme un instrument

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entre les mains de l'ouvrier, comme un luth entre les mains d'un bon joueur, Il faut se perdre et s'abandonner à elle, comme une pierre qu'on jette dans la mer: ce qui se fait simplement et en un instant, par une seule «œillade de l'esprit, un petit mouvement de volonté, ou verbalement, en disant, par exemple: Ye renonce à moi, Je me donne à ous ma chère Mère, Et quoiqu'on ne sente aucune douceur sensible dans cette acte d'union, il ne laisse pas d'être véritable: tout comme si l'on disait, ce qu'à Dieu ne plaise: Ye me donne an de Hoi, avec autant de sincérité, quoiqu'on le dit sans aucun changement sensible, on n'en serait pas moins véritablement au démon, 311 faut, de temps en temps, pendant son action et après l'action, renouveler le même acte d'ofirande et d'union : ct plus on le fera, plus on se sanctifiera, et plus tôt on arrivera à l'union avec Jésus-Christ, qui suit toujours nécessairement l'union à Marie, puisque l'esprit de Maric est l'esprit de Jésus.

IT. Il faut faire ses actions avec Marie; c'est-à-dise a,

qu'il faut, dans nos actions, regarder Marie comme un modèle accompli de toute vertu et de perfection, que le Saint-Esprit a formé dars une Pure créature, pour que nous l'imitions selon notre petite portée. Il faut donc qu'en chaque action nous regardions comment Marie l'a faite ou la ferait, si elle était en notre place. Nous devons pour cela examiner er méditer les grandes vertus qu'elle a pratiquées pendant sa vie, et particulièrement : 1° sa foi vive, par laquelle elle a cru sans hésiter la parole de l'Ange ; elle a cru fidèlement et constamment jusqu'au pied de la croix ; 2° son humilité profonde, qui l'a fait se cacher, se taire, se soumettre à tout et se mettre la dernière ; 3° sa pureté toute divine, qui n'a jamais eu ni n'aura jamais sa pareille sous le ciel, et enfin toutes ses autres vertus. Qu'on se souvienne, je répète une deuxième fois, que Marie est le grand et l'unique moule de Dieu, propre à faire des images vivantes de Dieu, à peu de frais et en peu detemps ;

DE

Eu Marie, est-à

comme dan un

imctuaire

L'Esprit.

Saint nous

fait

comprendre

la vérité

et qu'une àme qui a trouvé ce moule, et qui s'y perd, est bientôt changée en Jésus-Christ, que ce moule représente au naturel,

III, I faut faire ses actions en Marie.

Pour bien comprendre cette pratique, il faut savoir: 1° que la très sainte Vierge est le vrai Paradis terrestre du

nouvel Adam, et que l'ancien paradis terrestre n'en était

.que la figure. Il y a donc, dans ce paradis terrestre, des

richesses, des beautés, des rarctés et des douceurs inexplicables, que le nouvel Adam, Jésus-Christ, y a laissées. C'est en ce paradis qu'il a pris ses complaisances pendant neuf mois, qu'il à opéré ses merveilles, et qu'il a étalé ses richesses avec la magnificence d'un Dieu, Ce très saint lieu n'est composé que d'une terre vicrec et immaculée,

dont a été formé et nourri le nouvel Adam, sans aucune

tache ni souillure par l'opération du Saint-Esprit, qui y habite, C'est en ce paradis terrestre qu'est véritablement l'arbre de vie qui a porté Jésus-Christ, le fruit de vie; l'arbre de la science du bien et du mal, qui a donné la lumière au monde, 11 y a, en ce lieu divin, des arbres plantés de la main de Dieu et arrosés de son onction divine, qui ont porté et portent tous les jours des fruits d'un goût divin: il y a des parterres émaillés de belles et différentes fleurs

des vertus, dont l'odeur embaume même les Anges, Il y à

dans ce lieu des prairies vertes d'espérance, des tours imprenables de force, des maisons charmantes de confiance, Il n'y à que le Saint-Esprit qui puisse faire connaître la vérité cachée sous les figures des choses matérielles, 11 y a en ce lieu un air d'une pureté parfaite, un beau soleil. sans ombre, de la Divinité, un beau jour, sans nuit, di l'humanité sainte, une fournaise ardente et continuelle di charité, où tout le fer qui y est mis est embrasé et chang: en or; il y a un fleuve d'humilité qui sort de la terre, «

qui, se divisant en quatre branches, arrose tout ce lie

enchanté ; ce sont les quatre vertus cardinales.

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st Le Saint-Esprit, par la bouche des saints Pères, appelle ce aussi la sainte Vierge la Porte Orientale, par où le grand-

prêtre Jésus-Christ entre et

sort dans le monde : il est entré la première fois par Elle,

ctil y viendra la seconde,

je 2" Il faut encore savoir que la sainte Vic ge est le sancu tuaire de la Divinité, le repos de la très sainte Trinité, le it trône de Dieu, ja cité de Dicu, l'autel de Dieu, le temple ss de Dieu, le monde de Dieu, Toutes ces différentes épi- - : thètes et louanges sont très véritables, par rapport aux s. | différentes merveilles que le Très-Haut à faites en Marie, it Oh! quelles richesses ! Oh! quelle gloire! Oh ! quel plai- "= sir! quel bonheur de pouvoirentrer et demeurer en Marie, tJiel it où le Très-Faut à mis le trône de sa gloire suprème let is e, Mais qu'il est difficile à des pécheurs Comme nous d'avoir demeures « e là permission, la Capacité et la lumière Pour entrer dans \ un lieu si haut et si saint, qui est gardé non par un Chét rubin, comme l'ancien Paradis terrestre, mais par le Saint- Esprit mème qui s'en est rendu le maitre lu, et qui à € dit d'Elle: /orrus e Conclusus soror mea it onsa, hortus conclu- US, fous sivnatus 1, 5 Marie est fermée : Maa sst scelléc: les ST s 1 rables enfants FES n es, l'Adam et d'Eve, a chassés du paradis \ Frestre, ne peuvent 1. Entrer en celui-ci que

PT une grâce particulitre du Saint-Esprit, ils doivent mériter,

Après que, par sa fidélité, on tenu cette insigne grâc bl intérieur de

a il faut demeurer dans le Marie avec compl

aisance, s'y reposer

î Cant, 1v, 12.

en paix, s'y appuyer avec confiance, s'y cacher en assu

rance et s'y perdre sans réserve, afin que dans ce sei virginal : 1% l'âme soit nourrie du lait de sa grâce “de sa miséricorde maternelle; 2° qu'elle y soit dél vrée des troubles, craintes cet scrupules ; 3" qu'elle soit en sûreté Contre tous ses ennemis, le monde, le dé ct le péché, qui n'y ont jamais eu entrée ; c'est pourqu Elle dit que ceux qui opèrent en Elle ne pèchent poin

Qui operantur in me, non peccabunt ; c'est-ï-dire ceux

demeurent en la Sainte Vierge en esprit ne font poi péché considérable ; 4 afin qu'elle soit formée en Christ et Jésus-Christ en elle: parce que son sci comme disent les saints Pères, la salle des sacreme: :: vins où Jésus-Christ et tous les élus ont été formés: et homo natus est in ea.

IV. Enfin il faut faire toutes ses actions pour lar Car, comme on s’est livré à son service, il est justi fasse tout pour Elle comme un domestique, un s

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ct un esclave ; non Pas qu'on là prenne pour la dernière

hin de ses services, qui est Jésus-Christ seul, mais pour sa,

lin prochaine et son milieu mystérieux, ét son moyen aisé pour aller à lui, Ainsi qu'un bon serviteur et esclave, ilne faut pas demeurer oisif : mais il faut, appuyé de Uon, entreprendre et faire de

sa protec-

andes choses pour cette

tuguste Souveraine, [Il faut de endre ses privilèwes quand

on les lui dispute ; il faut soutenir sa gloire quand on l'at-

tique ; il faut attirer tout le monde, si on peu, à son serice ct à cette vraic et solide dévotion ; il faut parler et crier contre ceux qui abusent de sa dévotion pour outraer son Fils et en mème temps établir cette véritable manière de l'honorer : il ne faut prétendre d'elle, pour réompense de ces petits services, que la gloire d'appartenir

une si

aimable Princesse, et le bonheur d'être par elle uni à Jésus, son Fils, d'un lien indissoluble dans le temps ct l'éternité,

Gloire à Jésus en Marie!

Gloire à Marie en Jésus!

Gloire à Dieu seul!

S. Alpl e de Liguori et le B. Grignon de M utfort

RTS terne rer PR cr eu

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