Acte de confian:« du pauvre
pécheur.
vous obéir: où voulez-vous que je me retire pour faire pénitence ?—* Pars, répondit la sainte Vierge, passe le Jourdain, et tu trouveras le lieu de ton repos.” Elle se confessa, communia, passa le Jourdin, et, arrivée dans le désert, elle comprit que c'etait là le lieu de sa pénitence,
Durant les dix-sept premières années que la Sainte vécut dans le désert, quels assauts ne lui livrèrent pas les démons pour la faire retomber! Mais alors que faisaitelle ? Pas autre chose que de se recommander à Marie ; ct Marie lui donna la force de résister si bien durant toutes ces dix-sept années, qu'ensuite l'enfer ne revint plus à la charge. Finalement, après quarante-sept années de cette vie dans le désert, et à l'âge de soixante-dix-sept ans, Dieu permit qu'elle fât découverte par l'abbé Zozime. Après avoir raconté toute sa vie au saint abbé, elle le pria de revenir l'année suivante et de lui apporter la sainte communion, Il revint et la communia. Et comme la Sainte l'avait prié de revenir encore une fois, Zozime y retourna, Mais cette fois il la trouva morte, Autour de son corps brillait une grande lumière, et près de la tête, il lut ces mots tracés sur le sable: Ensevelissez ici le corps de la pauvre pécheresse et priez Dieu pour elle, Zozime l'ensevelit avec le secours d'un lion venu pour creuser la fosse : et de retour dans son monastère, il raconta les merveilles de la divine miséricorde envers cette heureuse
pénitente,
PRIÈRE
O Mère de misèricorde, Vierge très sainte, voici à vos pieds le traître qui, payant d'ingratitude tant de grâces que vous lui aviez obtenues de Dieu, vous a trahis, vous ct Dieu, Mais, à ma Souveraine, sachez-le, ma misère ne m'enlève pas et même elle augmente ma confiance en vous ; car, je le sais, elle ne fait que vous inspirer envers moi une plus grande compassion. Montrez, Ô Marie, que
CNT ES
MARIE, NOTRKE VIE, Not KE DOUCEUR
vous êtes pour moi ce que
TA
Pleine de générosité ct d miséricorde, I] Sufñit que vous jctiez les Yeux sur moi e Î que vous me preniez en pitié, ( Ÿ de pitié pour moi, Vous ne m ÿ ‘ $ $ $ { \ j
aquerez pas de me proté
Protégez, que Puis-je encore craindre ne Crains rien: ni
Pouvez réparer tout le m À ! Parce que vous Ci À { votre Fils, N
8er. Et si vous me
Non, je mes péchés, al qu'ils m'ont f:
tes plus Puissante justement irrité oles calmera soi à ç Ment que, par ma faute,
je ne néglie, dans mes tentations, , de me recommander à vous, Ÿ Mais je ve
ct qu'ainsi je | UX toujours recourir à vous, ct c'e ' j que je vous Promets aujourd'hui ; à ; Promesse, Apt Voyez la belle
Contre moi,
Parce qu'une seule 1 Courroux,
Je crains unique-
ne me perde, st cela même
aidez-moi à tenir ma
9CCasion qui s'offre de contenter l'inclination de votre cœur à soulager les misé. s rables et un Misérable Comme moi, \ j O Mèrede mon Dieu, ! ; Ma Confiance en vous
st sans bornes, De VOus j'attends Ja grâce de laver mes péchés ; dans les larmes d'un ÿ vrai repentir, De vous ! j'espère les force- qui ! m'empécheront re- : tomber, Jesuisun pau- Vre malade; mais le
5 Ÿ Ciel met à votre dis-
L Position tous les re-
: ? mèdes pour me guérir. Mes péchés ont jeté mon âme 1 ? dans la langueur : vous renouvellerez
sa force en lui prètant votre appui. O Marie, j'espère tout de » \ que Vous pouvez tout auprès de Dieu, {
buts en
vous, Parce
VOUS êtes pour tous ceux qui Vous invoquent : une Mère
ar si votre cœur se prend
Parce que vous uit; niles démons, que l'enfer ; ni même
re +
$ III è Ÿ
Marie est notre douceur ; ét combien elle rend douce da mort de ses serviteurs.
N ami aime en tout temps, et un frère
se fait connaître dans les angoisses 2
Ce n'est pas au temps de la pros-
périté, mais bien dans les jours
d'angoisses et d'épreuves, que les
vrais amis et les parents dévoués
se font connaître. Tant que dure
la prospérité, aucun de nos amis
du monde ne nous abandonne;
mais, à la moindre disgrâces qui survient, et surtout à l'approche de la mort, tous aussitot nous délaissent.
Telle assurément n'est pas la conduite du Marie envers ses fidèles serviteurs. En quelque peine que nous soyons, et surtout au milieu de ces angoisses de la mort, les plus terribles qu'on puisse éprouver ici-bas, Souveraine toute dévouée et Mère si bonne, jamais Marie ne saurait nous abandonner ; et, de même qu'elle est notre vie pendant la durée de notre exil, ainsi, au terme de notre carrière, elle devient notre douceur pour nous obtenir une mort douce, une mort de prédestiné. En effet, depuis ce grand jour où Jésus, son divin Fils, expirant sous ses yeux, elle eut le bonheur en même temps que la douleur d'assister à la mort du chef des prédestinés, depuis lors elle jouit du privilège d'assister à leur mort tous les prédestinés. Aussi
1. Omni tempore diligit, qui amicus est ; et frater in angustiis comprobatur. Pro, XVII, 17.
NRA ee
MARIE, NOTRE Vrp, NOTRE DOUCEUR l'Église nous fai-elle prier Ja sainte Vierge de nous Sécourir spécialement à notre dernière heure : Pries pour HOUS, pauvres pécheurs, Maintenant et à heure de notre mort %
Elles sont terribles les angoisses des Pauvres moribonds us
que tourmentent à la fois et les remords de leurs péchés, ae et les terreurs du jugement qui s'apprète, ct l'incertitude ae de leur sort éternel ; Alors surtout l'enfer prend les armes, et Contre cette âme sur le point de Passer à l'éternité, il vient déployer toutes ses forces, sachant bien qu'il a peu de temps pour en faire la Conquête et que, s'il la perd, elle lui échappe à jamais. Le diable lsccnd vers Tous, plein d'une grande Jureur ; car jt sait qu'il n'a Plus que peu de lemps * Aussi le démon qui jusque-là avait d'ordinaire tenté cette âme, ne $e Contente plus, aux approches de Ja mort, d'être seul à le faire, mais, réclamant du renfort, il appelle d'autres démons pour la tenter de concert avec lui, Leur maison, dit Isaïe, se remplira de dragons”, c'est-à-dire de tous ces démons qui viennent en foule et qui réunissent leurs eTorts Contre le moribond Pour l'entrainer dans l'abime éternel.
On lit, dans la vie de saint André Avellin, que dix Elie combat mille démons vinrent pour le tenter sur son lit de MO eee et pendant son agonie, ils lui livrèrent de si violents l'ener, assauts, que tous les religieux accourus pour l'assister, en étaient épouvantés, I]s virent son visage s'enfler par l'excès de la douleur et devenir Entièrement noir : tous ses membres tremblaient Sans qu’il fût possible d'en calmer l'agitation ; de ses Yeux s'échappait un torrent de larmes : sa tête avait des Mouvements convulsifs : autant de signes de l’horrible lutte que le Saint soutenait contre l'enfer,
1. Ora pro nobis Peccatoribus, nunc et in hora mortis nostreæ,
2. Descendit diubolus ad vos habens iram Magram, sciens quodl modicum tempus habet, ADoc, VIt, 12,