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MARIE, NOTRE MÉDIATRICE 173
Judith coupant La tête À Helopherne
l'âme elle-même, “ O hommes, s'écrie saint Bernard, cor:-
prenez par là avec quel amour, avec quelle dévotion le
Seigneur veut, pour la gloire de notre auguste Souveraine.
que nous YOns sans cesse recours à elle et que nous nous
réfugions sous sa protection ; car il lui a confié la plénitude
de tous les biens, et cela afin qu'il ne püt y avoir en nous
aucune espérance, aucune grâce, aucune influence salutaire
que nous ne reconnaissions tenir des mains de Marie."
# Par elle, dit également saint Antonin, sort du ciel tout
ce que la terre reçoit de grâces {" Oui, toutes les miséri-
cordes divines, qui ont jamais été départies aux hommes,
toutes leur sont venues par l'entremise de Marie, ; ue
Elle est en conséquence comparée à la lune, “En effet, cle nous envoie
dit saint Bonaventure, de mème que la lune, placée entre rayons
du soleil
1 Intuemini quanto devotionis alfectu à nobis cam voluerit honorari, qui Sue totius boni plenitudinem posuit in Maria : ut proinde, si quid spei in nobis est, si quid grati, si quid salutis, abea noverimus redundare /444.
2 Per eam exivit de colis, quidquid gratiæ venit in mundum P FAT
tv 20 S12
le soleil et la terre, verse sur la terre ce qu'elle reçoit du soleil, ainsi la royale Vierge, Médiatrice entre Dieu et nous, reçoit du divin Soleil les célestes influences de la grâce, pour les faire rayonner sur nous qui vivons ici-bas !," C'est aussi pour cela que l'Église la proclame Porte du ciel, bicnheureuse porte du cicl?, Vin ffet, suivant la réflexion
etles
desait Bernard, de même que toute lettre de grâce émance
entrent
parle du roi passe par la porte de son palais, ainsi nulle grace ne
descend du ciel sur la terre, sans passer par les mains de
Marie *,
Et, ajoute saint Bonaventure, si nous appelons Marie la porte du ciel, c'est encore parce que “ personne ne peut entrer au paradis sans la sainte Vierge, attendu qu'elle en est la porte!"
V Nous sommes également confirmés dans notre senti-
ei, ment par saint Jérome, ou, comme d'autres le veulent, par
mL ‘dun ancien écrivain, auteur du sermon sur l'Assomption sis
Chris, M inséré parmi les œuvres de ce Père. Nous y lisons donc rie reçoit les
que “la plénitude de la grâce est dans Jésus-Christ, comme
influences
duchefpou dans la tête d'où elle s'épanche, et dans Marie, comme lex
trans tre dans le cou qui la distribue." En d'autres termes, Jésusscies Christ renferme la plénitude de la grâce, et de lui, comme de la tête, nous autres, qui sommes ses membres, nous recevons tous les esprits vitaux, c'est-à-dire les secours divins, nécessaires pour obtenir la vie éternelle; mais la sainte Vierge aussi renferme la plénitude de la grâce, comme le cou renferme les esprits vitaux pour les trans-
1. Quia, sicut luna inter corpora cœlestia et terrena est media, et, quod ab illis accipit, ad inferivra refundit ; sic et Virgo Regina inter nos et Deum est media, et gratiam ipsa nobis refundit, SPANN. Zo/yanth litt. M t 6