‹ Toute la lyreChapitre 8 sur 79 · LE CHEIK ET LE VOLEUR · texte numérisé non relu

LE CHEIK ET LE VOLEUR

— Ainsi tu me volais mes bœufs !

— Gare ma peau !

— Tu n'as pas de turban ?

— Pas même de chapeau.

— Prends celui-ci.

— La mode en cette capitale Est-elle qu'on vous coiffe avant qu'on vous empale ?

— Tes habits sont troués.

— Monseigneur le sultan.

C'est vrai.

— Mets ce caftan.

— Moi?

— Toi. Mets ce caftan.

Esclaves, approchez. Choisis les trois plus belles.

— Moi?

■ — Je choisis pour toi. Prends ces trois-là,

— Lesquelles?

Ces trois astres ! J'ai peur.

— Les troupeaux sont à toi.

— A moi !

— Prends ce collier, présent d'un ancien roi.

— Qu'il est lourd ! un collier d'or massif ! Ça m'achève. Ah çà ! je n'y comprends rien du tout ! c'est un rêve. A moi ton tiurban vert, à moi ton caftan bleu !

Et tu me mets au cou ce collier d'or ! Au lieu

De me couper la tête ou de me faire pendre.

Tu me donnes, à moi qui voulais te les prendre.

Tes troupeaux, et de plus trois femmes pour moi seul !

— N'as-tu donc pas été l'hôte de mon aïeul ?

Page 1