‹ Toute seule: comédie, mêlée de chant, en un acte (volume 2)Chapitre 13 sur 32 · SCENE VIll · texte numérisé non relu

SCENE VIll

ner quelque chose qui fût plus digne de toif.r. Si tu savais le plaisir que j'ai à te regaj'aer, si tu savais ce que tu me rappelles, si tu savais...

CnRISTfNE, confuse; à part.

Je ^ais qu'il ne se gêne guère!... Tu!... toi !... je n'avais pas prévu cela, moi, en entrant à mon service! (sa rencoctram Ui yeux

il'Armani, olie le trouble et dit à Tiiptolème.) MaUgeZ doUC UU peu, monsieur Tri ptolèmeî

T n I P.T L È M E , la bouclie pleine.

J'essayef; ma fille; j'essaye, tu vois!... Dam! comme on dit dans l'atelier de mon élève. . l'appétit vient en... jeûnant... Dis donc, Armand, 'elle m'incite à içanger! (De son ton mëioirainatiqae.) Armand , la belle nuit pour une orgie à la tour!

ARMAND

A propos, ma jolie fille, dites-nous donc pourquoi cet arsenal dans cette tour de... dans co pavillon?

CHRISTINE

Ah! vous avez vu?...

Oui, oui ! et, entre autres joujoux, j'ai aperçu une hache...

CHRISTINE

C'est... c'est madame qui a voulu la garder!... Il paraît qu'elle avait épousé un officier de marine, jaloux... jusqu'à la férocité!... Croiriez-vous qu'il l'avait forcée de naviguer avec lui?... Et en mer, il trouvait encore sujet d'exercer sa jalousie!... C'étaient des soupçons, des menaces, des fureurs... Bref! elle était la femme la plus malheureuse de la terre.

ARMAND, riant.

Et de la mer !

CHRISTINE

.< ^ . Même qu'un jour ma pauvre maîtresse vit son mari lever : . ^sur elle une hache d'abordage. Celle qui est là, tenez! Aussi, elle a voulu la conserver toujours. Quand elle sentait son ' cœur faiblir à des déclarations qui voulaient faire cesser son veuvage, elle pensait à la hache... et sur l'acier, comme dans un miroir, elle revoyait son mari jaloux et menaçant!..* ça la sauvait!... ^

. Dis donc, mignonne, elle ne manque pas de fatuité, ta mal-

i p — ^p ^iiiB . » i i ii I . .j iiw i B H iii WÊSsmK Oimmmmmm

tresse de soixante-cinq ans!... Sais-tu qu*on n*y touche guère aux haches de cet âge-là ?.*• (a Armand.) C'est égal, elle raconte à merveille, cette Louison !

ARMAND

lïlle est ravissante, en v«?rilé !

Oui, avec cet air de franchise, surtout... elle est jobe à donner envie de se marier dans les quarante-huit heures!... Que dis-je, dans les ouaraote-huit heures?... dans les vingt-quatre heures!... Que ais-je, dans les vingt-quatre heures...?

ARMAND

Ne dis plus rien!...

TRIPTOlÊME, (C. levant.

D'ailleurs, comme on dit à ton atelier : « Un peu rtuton, un peu Plutarque, il faut faire une fin; dis-moi où tu entres, je te dirai où tu es; d'autant que comme on connaît les singes^ on les abhorre... » et celte Louison est si... jolie. • que...

(Il avaoce le brai poar l'atlircr à lui.) CHRISTINE.

Monsieur Triptolëme, prenez garde à la hache !

Bien, bien! sa hache m'explique sa peur. . (Armand hitiegesic

de lui donner un coup de couteau; i) rcprmd :) Oui,* LouiSOU, je TOUS

croyais aam garde,., mais au train dont vous nous lanciez Varlillerie de vos regards , je comprends que vous vous cui" rassiez comme un dragon de vertu qui &e geridarme... et l'on peut sans génie voir le mobile qui vous gmde.

ARMAND

, Ah! diable! j'appelle ça une grande revue, moi, une phrase comme celle-là!...

Elle est à croquer !.«. donne-lui encore une pièce d'or.

ARMAND, se levinl.

Tiens, Louison.

CHRISTINE

Çà, mais, monsieur, vous êtes donc riche?

Lui, c' t'enfanl?... mais, ma petite, c'est un peintre énorme! Avez-vous vu au salon, il y a deux ans, des sites de Touraine?...

^ »r*— fcj ^4 -- , ■ ■ "*• •- ,i~ - ^ p ^ 11^— •

Page 1