SCENE IX
les champs, les bois, les prairies. Les lionnes parties que nous ferons là, mon Dieu! quand je t'embrasserai par-ci, par là, dans les moments de bonheur, ou après les expéditions périlleuses, il n'y aurait pas grand mal; mais où il faudra me pardonner, c'est quand j’oublierai quelquefois votre nom, Louison, pour vous appeler Christine. Eh bien, mignonne, vous ne dites plus rien?
CHRISTINE, » pari.
C’est donc bien lui, c'est Jean î (mut.) Et votre voyage à Florence?
ARMAND
Bah! j’irai par la Touraine! A présent, vous comprenez, n’est-ce pas, qu'il s’agit de me rendre, autant que possible, la joyeuse enfance de ma vie; le temps où, fils de fermier, je voyais revenir à chaque beau jour, vers ma mère, sa nourrice, une jolie petite fille née nu cbàteau voisin, ma sœur de lait, qui est restée dans mon cœur pour i'empâcher de battre pour aucune autre. Vous lui ressemblez, Louison, à celle compagne de mon bonheur; si elle n’était une grande dame et si vous n’étiez une camériste, je croirais tenir encore ses mains dans les miennes.
[Il veut |<ii prendre les main«; elle recule.)
Monsieur?... (so rapprocha m.) Mais dans la ferme de votre père, vous ne vous appeliez pas Armand.
ARMAND
Non, je portais mon vrai nom de paysan, que mes camarades d’atelier m’ont forcé de quitter.’ Hélas t j’avais bien quitté Valflcurs! Ma sœur de lait s’était envolée, et il s’était envolé comme elle ce -beau temps de la vie où il n'y a ni rang, ni fortune, ni grande dame, ni paysan, mais seulement deux petits enfants qui se disent loi, et qui s’aiment bien... Mais Louison, je me laisse aller comme ça devant vous à mes souvenirs... Ça 11e vous fait rien, dites?
(Ici on entend eu luin nn air du deux ) CHRISTINE, A part.
Oh! si' (ii.D-.) Oh! non! Mais vous ne l'avez donc jamais revue, cette compagne d’enfance V
ARMAND
Si; entrevue, veux-je dire, une fois, de loin, au fond d’une loge, aux Italiens. Mais qu’eulends-je là?... les violons de la fête, dont le vent nous apporte les airs de danse!...