A. — INDICATEURS COLORÉS
L'indicateur coloré peut être considéré comme un acide organique faible AH susceptible de se dissocier en donnant des ions A- et H' et répondant à la loi d'Ostwald. La différence de couleur de la molécule AH et de l’anion (A-) et la teinte de leur mélange va servir d’indication.
Si, en effet, nous introduisons un acide (H°), une partie des ions (A-) d’une certaine couleur va disparaître tandis que les molécules AH de l’autre couleur augmenteront. L’addition de base, au contraire, va entraîner la formation de molécules d'H°0 aux dépens des ions (H:). (A-) va tendre à augmenter, tandis que AH diminuera. Il résulte que, selon que l’on introduira une base ou un acide, il y aura prédominance d’une
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certaine couleur; quand le nombre des anions libres est égal à celui des Didléciies indissociées, le mélange des deux teintes à parties égales constituera le demi-virage: (A-) — — (AH). À ce moment, la loi d'Ostwald devient (H') — K. Le demi-virage est donc le moment où les ions H' libres de la solution sont égaux à la constante de dissociation de l'indicateur. Si on réunit une collection d'indicateurs différents dont chacun a sa constante propre, le demi-virage de l'un d'eux pour une solution donnée indiquera son pH.
Les indicateurs monochromes (nitrophénols, phénolphtaléine) possèdent une forme colorée, l’autre non. A pH constant, l'intensité de la teinte varie avec la concentration de la forme colorée (A-) qui est elle-même proportionnelle à la concentration de l'indicateur non dissocié et incolore AH. Il importe donc d'opérer à concentration égale d’indicateur dans la solution inconnue et dans la solution étalon de comparaison. Une élévation de température déplace du côté alcalin le virage des indicateurs sensibles aux alcalis, pH > 7; et du côté acide celui des indicateurs sensibles aux acides (règle de Schoorl 1906).
Les indicateurs polychromes ont les deux formes (A- ) et AH colorées différemment (série azoïque, groupe du violet de méthyle, des phtaléines cycliques de SÔRENSEN, des sulfophtaléines de CLARK et LUBS).
(2) SE À HAN (H)) nous permet de déduire que si H° > K, on a surtout affaire à la forme non ionisée AH; dans le cas inverse, H° < K, l'ion (A-) prédomine, c’est-à-dire le sel de l'indicateur. Il faudra employer le moins possible d’indicateur, car une des formes colorées peut être moins soluble que l’autre et si la solution en est saturée, certaines modifications du pH ne seraient plus accom-
pagnées de variations du rapport FER
La loi d'Ostwald écrite sous cette forme
Sous l'influence des sels neutres, la couleur des indicateurs acides est décalée vers la région alcaline, celle des indicateurs basique vers la région acide (KOLTHOFF, 1926) (11).
Les protéines, de même, influent sur la teinte des indicateurs par fixation de l’une ou l’autre forme colorée sur les particules