‹ traces de buddhisme en norvegeChapitre 7 sur 15 · CROIX MYSTIQUE · texte numérisé non relu

CROIX MYSTIQUE

La croix dont nous avons parlé tout a Theure, et qui se voit sur quelques monnaies de l'Inde, se trouve également sur plusieurs bractéates en or trouvés en Scandinavie, tantôt dans des haugs, tantôt aulre part; cette croix a une forme singulière, en ce que ses quatre branches ont, sur leurs extrémités, une courbure, comme on le voit ligure 7. Cette croix est fort remarquable, non-seulement k cause que Tusage en est trèscommun, mais aussi h cause de Teflet salutaire que lui attribuent les Hindous, et particulièrement les buddhistes.

On remarque déjà cette croix sur des monnaies qui datent des premiers siècles de notre ère \ et on la retrouve de temps en temps dans Tespace de plusieurs siècles.

Les buddhistes considèrent cette croix comme une des plus importantes parmi les soixante-cinq figures qu'ils croient voir tracées sur l'empreinte du pied de Buddha ; car elle n'est pas seulement mise en tête sur leur liste, mais elle est encore reproduite avec peu de différence sous les numéros 3 et 4, dans rénumération que M. Burnoufen a donnée dans l'appendice n** VIII k son édition du Lotus de la bonne loi, où nous lisons * :

« 1. Svastikaya. C'est la (igure mystique familière a plusieurs sectes indiennes, et qu'on représente ainsi >-P-, ; son nom signifie littéralement signe de bénédiction ou de bon autjure. Le signe svastika n'est pas moins connu des brahmanes que des buddhistes, et le Rdmâyana parle en un endroit

* Ariana ani.y p. 378, ]>1. XIV, fig. 15.

5 Le Lotus de ta bonne loi, p. 625-0*20.

de vaisseaux marqués de ce signe fortuné. Je n'oserais dire cependant que cette marque, dont le nom et l'usage sont certainement anciens, puisqu'on la retrouve déjà sur les plus vieilles médailles buddhiques, soit aussi fréquemment usitée chez les premiers que chez les seconds. Il est certain que la plupartdes inscriptions qu'on trouve gravées dans les cavernes buddhiques de l'ouest de l'Inde sont précédés ou suivies de la marque sacramentelle.

a 3. Nandâvartaya, C'est encore un diagramme de bon augure, dont le nom véritable est nandyavarta, et le sens, l'enroulement ou le cercle fortuné. M. Colebrooke le figure de cette manière

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« L'Amarakocha fait également de ce signe le nom d'une espèce particulière de temple ou d'édifice sacré ; or il est à remarquer que le nandyavarta des Djàin's peut passer pour une espèce de labyrinthe ^

« 4. Sôvastekaya, H—' l^a seule différence entre ce signe et celui dont nous avons parlé tout à l'heure, c'est que les branches de la croix vont de droite a gauche, tandis que le n" 1 tourne ces branches de gauche a droite.

« Le biographe de Hiouèn Thsang fait mention d'une

* Cette figure, un peu plus grande, est bien connue cri Norvège où elle sert de jouet pour les enfants, qui la dessinent comme on le voit, fig. 6, et cherchent à trouver le passage de Tentrée jusqu'au bout et vice versa. J'ai entendu cette figure nommée Troyeborg Slot (château du bourg de Troye) par le bas peuple. Cette appellation peut être substituée au Asgaard Slot (château de la ville des Ases), comme la préface de TËdda de Snorro substitue la ville de Troye au Asgaard et les Asiates aux Ases.

pierre avec les empreintes des deux pieds de Buddha, qui avaient aux extrémités des dix doigts des fleurs surmontées du signe mystique, ouan ^ C'est la même croix dont parle le B. P. Orazio délia Penna di Billi, dans sa description du Tibet, où il dit : « Hanno una specie di croce, che ten- « gono con venerazione *. » Le père Hyacinthe rapporte -que les femmes, en Tibet, ornent de cette croix leurs jupes'. D'après M. Pallas, les Mongols dessinent cette croix sur des morceaux de papier qu'ils placent sur la poitrine des morts*. On voit aussi souvent celte croix sur la poitrine des saints °. Vax Hindoustan elle est encore un objet de vénération, sous le nom de sethia. M. Taylor dit, dans son Dictionnaire : « Sethia, c'est une marque en forme de croix, dont les quatre « branches sont recourbées en angles droits, laquelle est « peinte en rouge, par les Indiens, en tête de leurs livres de « compte, au commencement, d'un nouvel an. On forme la a même ligure en farine, sur le plancher, à l'occasion d'une « noce ou d'autres cérémonies. »

Si nous tournons nos regards vers la Scandinavie, noii« voyons que c'est la même croix qui est représentée sur les bractéates en or dont nous avons parlé ci-dessus, et qui se trouvent quelquefois dans des haugs. C'est encore la même, croix qu'on voit gravée sur quelques pierres sépulcrales de l'antiquité, par exemple au cimetière de Gjerde, paroisse d'Etne, diocèse de Bergen *, et, en Suède, dans la paroisse de Skeftuna, province d Upland \

La croix a quelquefois quelques lignes ajoutées, en Scan-

' L éditeur fait ici cette remarque : a On dit qu'il tire son origine de la forme des cheveux bouclés de Buddha, qui tournaient de gauche à droite. » (lliouèn Thsang, p. 138.)

* Noîtv. Joum. asiat., XIV, p. 427.

5 Ib,, t. IV, p. 245.

* Pallas, Sammlungen historischer NachriclUen iiber die Mongolicheti VoUierschaften, I, p. 277.

* Nouv. Joum. Asiat.y I, p. 415.

6 Nordisk. Tidsskrift for Oldhynd, 111, p. 274. ' Gôranson, Baittil, n. 25.

diiiavie comme en Asie, et ce qui est très-frappanl, c'est que les croix ainsi augmentées ont une forme si pareille, qu'on ne peut s'empêcher de supposer qu'elles ont un modèle identique. Comparez la croix placée sur une bractéate trouvée en Scandinavie (tig. 6) avec une croix prise sur une monnaie trouvée dansTInde (fig. 7*).

Il faut enfin remarquer que cette croix se trouve aussi sur les anciennes monnaies gauloises. Mionnet, Conibrouce et le Numismalk Chronicle, I. pi. i, la citent parmi les monogrammes gaulois. Elle peut être venue dans la Gaule avec la religion d'Odin, qui y était professée dans le Nord avant l'introduction du christianisme V

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