LA LEGENDE DE SAINT NICOLAS
Saint Nicolas avait trois enfants, L'un petit, et les autres grands.
Ils ont demandé le congé D'aller jouer jusqu'à souper.
Ils sont allés et tant venus Que le soleil on n'a plus vu.
Ils sont allés chez un bouclier Pour y demander à loger.
Boucher, boucher, oh! loge-nous, Fais cela par pitié pour nous.
Allez, allez, mes beaux enfants, Nous avons trop d'empêchements.
Sa femme qui était derrière lui, Bien vitement le conseillant :
Ils ont, dit-elle, de l'argent, Nous en serons riches marchands.
Venez, venez, mes beaux enfants, Nous prendrons peine à vous loger.
A peine furent-ils entrés Qu'ils ont demandé à souper.
On les a fait fort bien souper, Aussi bien blanchement coucher.
Quand ce fut venu vers minuit, Prenant son couteau, il partit.
Il les a pris, les a tués ; Dans un tonneau les a salés.
Quand c'est venu au bout de sept an Voilà le père des trois enfants.
Boucher, boucher, oh! loge-moi, Si tu n'as pas trop d'embarras.
Venez, venez, Saint Nicolas, Nous prendrons peine à vous loger.
Mais à peine fut-il entré Qu'il a demandé à souper. On lui apporte du jambon, 11 n'en veut pas, il n'est pas bon.
On lui apporte du rôti,
Il n'en veut pas, il n'est pas cuit.
On lui apporte du lapin,
Il n'en veut pas, il n'a pas faim.
Apportez-moi de ce salé Qu'il y a sept ans que vous avez.
Quand le boucher entendit cela, Rien vilement il se sauva.
Boucher, boucher, ne t'enfuis pas, Demand' moi pardon, tu l'auras.
Mais ta femme ne l'aura pas, C'est-elle qui t'a conseillé.
Elle sera pendue et brûlée, Dessus la place du marché.
Saint Nicolas, de ses trois doigts Ses trois enfants ressuscita.
A dit saint Pierre : J'ai bien dormi A dit saint Jean : Et moi aussi.
A ajouté le plus petit :
Je croyais être en paradis.
(LUI) Recueilli dans la vallée de la Meuse. Jadis, — car cet usage s'est perdu depuis une soixantaine d'années, — les enfants de chœur de Braux, de Môntherrné, de Revin, de Fumay, en un mot de toutes ces petites villes que longe la Meuse, allaient, lorsqu'arrivaient les bateliers, d'auberge en auberge, en chantant cette « légende. «
Dans ses Fêtes et Dévotions populaires, l'abbé Berthoumieu donne une version de cette légende, mais seulement en huit couplets. La Tradition (numéro de février 1890) reproduit aussi nue légende de saint Nicolas. Le rythme de cette variante rappelle le rythme de la légende de sainte Catherine (version ardennaise : voir les Poésies populaires de la France).
Sainte Catherine était fille d'un roi, Son père était paysan, sa mère ne l'était pas. Ave Maria, Sancta Catharina.