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LES ARDENNAISES PATRIOTES

Allons vite, ma chère Sophie,

Il nous faut partir bien vite

Pour soutenir notre patrie :

Mon amant est bien ravi.

11 faut deux cent mille filles :

On fera choix des plus gentilles.

On veut donner de bonnes patriotes,

On ne veut plus de ces bigotes,

Car si elles entendaient le canon,

Elles courraient vite au sermon.

On a choisi pour gros-major, Entre toutes ces jeunes filles, La tendre, la belle Eléonore Elle est douce et gentille.

Mais pour notre capitaine, Nous prendrons la belle Hélène.

Courons vite, ma chère amie, Nous mettre dans sa compagnie.

Nous aurons des mousquetons,

Des gibernes, aussi des sabres,

Beaucoup de munitions

Pour tuer les aristocrates,

Et aussi tous les émigrés,

Qui de la France se sont sauvés.

Ils seront guillotinés.

Nous aurons pour clarinette, Babet, Suzette et Jeannette.

Madelon jouera du basson; Catherinette jouera de la trompette; Thérèse battra la grosse caisse.

Notre musique sera complète.

Nous marcherons à grands pas, En chantant : Ça ira !

A revoir papa, maman,

Voilà le tambour qui m'appelle,

Puisque je suis sergent

Il faut que je fasse l'appel.

— Ecris-nous, ma chère enfant,

Envoie-nous de tes nouvelles.

Ton papa est réjoui

Que tu défendes la patrie.

Marie, ton sac est rempli,

Vole bien à la victoire !

J'y ai mis tous tes étuis,

Tes chemises et tes mouchoirs.

Tiens, voilà un bon jambon

Pour quand tu feras halte en route ;

Tu boiras dans ton flacon,

Et tu crieras : Vive la Nation !

Nous n'avons pas d'engagements, Nous sommes toutes braves et volontaires; Nous quittons toutes nos amants Jusqu'à la fin de la guerre ; Et puis, nous nous marierons, Après avoir fait des conquêtes, Avec de bons garçons, Des citovens de la Nation.

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