‹ Traditions, coutumes, légendes et contes des ArdennesChapitre 153 sur 392 · LA CHANSON DES CONSCRITS · texte numérisé non relu

LA CHANSON DES CONSCRITS

Ma petite Louison,

Il faut nous quitter, ma chère,

Par ordre d'ia nation.

11 faut aller à la guerr',

Or adieu doue ; Tu peux bien chercher à plaire A d'autres garçons.

Que me dis-tu, cher amant?

Après m'avoir fait entendre Que ton beau régiment Resterait à Lille en Flandre,

Sans en sortir !

A présent il faut se rendre

Près de l'ennemi !

Les ordres sont arrivés ; Il faut entrer en campagne Pour joindre la grande armée, Pour se battre en Allemagne.

Oh ! quel honneur !

Console-toi, ma mignonne, Renferme tes pleurs.

Cher amant, t' voyant partir, Je n'puis retenir mes larmes.

Je m'en irai pour mourir A la faveur de tes armes.

Oh ! quel malheur !

Il faut dire adieu aux charmes

Des amants trompeurs !

Console-toi, Louison; A présent on fait la guerre ; Si je fais un coup là-bas, Si je gagne quelque richesse,

0 mes amours !

J'viendrai revoir ma maîtresse

Au déclin du jour.

Que me dis-tu, cher amant?

A présent qu'on fait la guerre, Si tu fais un coup là-bas, Si tu gagnes quelque richesse,

Pauvres amours !

Tu laisseras là ta maîtresse Pleurer nuit et jour !

Grand prince et grand roi Louis, Je vous prie qu'après la guerre,

Je revoie mon ami. Dedans son lieu ordinaire

Où il pourrait R'prendre ses amours premières,

Renvovez-le moi.

(LVI) Cette chanson était encore chantée, il y a une soixantaine d'année?, par no? conscrit ardennais, bien qu'elle remonte au dix-septième siècle; le dernier couplet lui donnant date certain!

Page 1