‹ Traditions, coutumes, légendes et contes des ArdennesChapitre 185 sur 392 · C'ETAIT HIER AU MATIN · texte numérisé non relu

C'ETAIT HIER AU MATIN

C'était hier au matin, J'm'a n'allans vaur Câlin.

J'montaus su no gros chevaux Qu'o //appelait gros moriaux.

Tout du long du cheminai!, J'm'a n'allans vaur Climaille.

A chaque pas que je fageaus, J'voyaus des gens qui m'digeaut, Qui m'digeaut : Pauvre amoureuil,

Ta procure est mal ménaille, Ta maîtresse est mariaye.

Quand j'ai arrivé su l'haut d'el mont, J'entendaus les carillons, J'entendaus cloches qui sonnaillent Et les jo n'hommes qui tiraillent.

J'entendaus par les ramails Qu'ma maîtresse est mariaille.

Quanti j'ai arrivé à Smothie, N'c'était mi pour prier, C'était pour voir la mariaille Si elle était belle paraille.

L' mariaye, la mariaille M'ont priier à leur dînaye.

J'élaus là si au debout Qu'j'étaus l'ami à tous, J'avaus l'cœur si croucbetiou Qu'j'en savaus rire ni avalove.

J'mangeaus des bonnes bouchiers Qu'em bayot ma douce amie.

J'ermels mes ch'veux da m'capet,

J'em ratortie da m'mantel,

J'm'a r'vas à no maijon,

J'em boule au lit d'ene bonne façon.

J'fais ène bonne reposaille

De cinq à six bonnes journailles.

VU

Quand mon père voyat ci,

In savot qu'o s'imagini ;

Mon père jurot,

Mon père jurot :

Quel diable soit d'ia journaille

Qu't'été voir la mariaille.

Recueilli daus la vallée de la Meuse.

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