LA BELLE DU TEINTURIER
Dans la rue du Grand-Pont, il y a un teinturier
Qui disait à sa façon : je brùl' d'amour pour ma bell',
Encor' deux ou trois jours,
Et puis adieu les gras jours.
RONDES ET CHANSONS
Qui disait à sa façon : je brûl' d'amour pour ma bell' Je vais la voir le matin, et le soir à la chandelle. Encor' deux, etc.
Je vais la voir le matin, et le soir à la chandelle. Je la trouve sur son lit, qu'elle cousait de la dentelle. Encor' deux, etc.
Je la trouve sur son lit, qu'elle cousait de la dentelle. J'ai voulu glisser ma main par dessous sa collerette. Encor' deux, etc.
J'ai voulu glisser ma main par dessous sa collerette : Tout beau, teinturier, vous n'avez pas la main nette. Encor' deux, etc.
Tout beau, teinturier, vous n'avez pas la main nette. Vous avez la main teindue en couleur de violette. Encor' deux, etc.
Vous avez la main teindue en couleur de violette. Violette, c'est un beau nom, c'est le nom de ma maîtresse. Encor' deux, etc.
Violette, c'est un beau nom, c'est le nom de ma maîtresse. Pour avoir des oignons, il faut en semer la graine. Encor' deux, etc.
Pour avoir des oignons, il faut en semer la graine. Pour avoir des amants, il faut en avoir le temps.
Encor' deux ou trois jours,
Et puis adieu les gras jours.
(LXXXV) Se chantait daus le pays de Rocroi.
Dans le pays de Mézières, on chantait aussi, jadis, une variante de cette chanson. En voici le premier et le dernier couplets :
Dans la rue du boucher
11 y a une couturière.
Il y a trois teinturiers,
Qui brûlent d'amour pour elle.
Encor' deux ou trois jours,
Et puis, adieu les gras jours.
Qui veut avoir des oignons, 11 faut en semer la graine.
Qui veut avoir des maîtresses, Il faut s'en donner la peine.
Encor' deux ou trois jours, Et puis, adieu les gras jours.