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L'ORIGINE DE L'ABBAYE DE SIGNY

La légende raconte qu'au douzième siècle, saint Bernard s'était retiré dans une maison particulière de Châtillon avec le groupe de ses prosélytes. Il les organisa en communauté, mais au lieu de fonder un ordre nouveau dont il eût été le chef, il conduisit ses compagnons à l'abbaye de Citeaux que dirigeait alors saint Etienne. Ce monastère devenant bientôt trop étroit pour contenir les nombreux prosélytes qui arrivaient de toutes parts, l'on dut songer à fonder de nouvelles abbayes de la même congrégation. C'est alors que saint Bernard alla trouver à Reims le comte de Champagne et lui « promit dans le ciel autant d'arpents de terre que le comte lui en céderait ici-bas. » Marché conclu ; et à partir de ce moment saint Bernard, devenu propriétaire d'une vaste étendue de terrain et de belles forêts, fonda l'abbaye de Signy.

Lorsque les moines vinrent s'y installer, ils chargèrent immédiatement leurs gardes forestiers d'alimenter leur table de toute espèce de gibier. Mais ces moines, ayant grand appétit, ne tardèrent pas à se plaindre de l'insuffisance des provisions. « Nous sommes empêchés dans notre chasse, répondirent les gardes, par les bois morts qui, jonchant le sol, entravent nos chiens dans leurs poursuites. Le seul moyen d'y remédier, c'est de donner aux manants de Signy le droit de ramasser ce bois mort. »

C'est ce qui fut fait plus tard, par délibération du Grand-Conseil, à la date de mai 1560, leur octroyant la permission « de prendre dans les forêts de Signy le bois mort, sec et abattu, pour leur chauffage, à la charge par les manants de ne couper ni transporter bois vert sous peine, pour chacune fois, de soixante sols parisis. »

Les moines eurent alors en abondance lièvres, chevreuils et sangliers.

Après la légende, l'histoire. Nous lisons dans la Géographie des Ardennes, par J. IIi reiit : « Signy, au douzième siècle, n'était qu'une solitude sauvage entourée de bois et de quelques fermes de peu d'importauce. Les terres de Siguy faisaient partie du comté de Chàteau-Porden.

LÉGENDES HISTORIQUES ET RELIGIEUSES

L'histoire de cette localité ne date que de la fondation de l'abbaye qu'y établit saint Bernard, en 1134.

« Les religieux de Mouzon abandonnèrent à leurs confrères de Signy tout ce qu'ils possédaient hors l'antique forêt. Quant à la forêt, elle demeura commune entre les deux abbayes, mais à la condition que ni l'une ni l'autre ne pourrait la vendre. L'année suivante, les chanoines de Sainte-Marie de Reims firent l'abandon de l'alleu qu'ils possédaient à Signy avec les bois, les prés, les moulins et les terres adjacentes. Godefroy de Ribeaumont offrit à son tour ses biens de Signy, de Saint-Pierre-sur-Veel, de Librecy, de Memby, de Draise et d'Harleville.

« Des donations semblables furent faites par Hugues, comte de Neufchàteau, par Alexandre de Dun, par Gilbert de Chaumont, par Oiloard d'Erwizy, par Simon du Thour, par Raoul de Prix, par Hellin de Launoy, etc. Le comte de Flandre, en 1165, atfranchit de « tout winage, tonlieu et péage, » toutes les marchandises et denrées des religieux de Signy qui passeraient sur son domaine.

« Vers la fin du douzième siècle, l'abbaye de Signy possédait à Reims une maison de refuge, ou asile. Un des bienfaiteurs les plus généreux de l'abbaye fut Manassès, comte de Rethel. »

ORIGINE DE LIBRECY

Des dissensions dont on ignore les causes e'tant survenues entre les moines de l'abbaye de Signy, plusieurs de ces religieux s'en allèrent et construisirent à l'entrée de la forêt quelques cabanes en disant : « Au moins, nous sommes libres ici. » Ce sont ces cabanes qui furent l'embryon de Librecy.

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