CHAPITRE XXVIl
médiatement l'ordre de lever tous les cantonnements ; en peu de jours son armée fut concentrée dans un espace de douze à quinze lieues, prête à déborder la gauefae des Russes, à se jeter sur leurs derrière» et à leur couper la route de Kœnigsberg. Pour cela, il fallait surtout les laisser s'engager à la poursuite de Bernadette. Aussi Berthier écrivait à Ney : « Si le prince de Ponte-Gorvo est obligé de se retirer sur Tbom pour couvrir cette place, laissez-le iàire, et vous, avec votre corps d'armée, vous flanquerez et appuierez le maréchal Soult, de manière à ce que votre corps, celui de ce maréchal et celui du maréchal Augereau ne forment qu'im seul corps. 9 Le 28, le mouvement se dessinait, et Ney écrivait à Berthier : « L'ennemi continue toujours à déborder la gauche du prince de Ponte-Gorvo ; plût au ciel que les Russes fussent là 60 mille, pas un seul ne reverrait sa patrie, si Sa Majesté marche à eux avec toutes ses forces. »
Ney (6* corps) occupait Gilgenbourg et Hohenstein; Augereau {7*) JVeidenboui^ ; Davout (3*) Mysnice; Soult (4*) et la cavalerie de
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réserve Willenbei^ où l'Empereur aniva avec sa garde le 3i janvier.
Le 5* corps fut placé à Brock pour contenir le corps d'Essen sur la Narew. Le marécbaL Lannes étant malade, l'Empereur avait confié te commandement de ce corps au général Savary.
Le maréchal Lefebvre avec le lo* corps restait près de Thorn.
Enfin Bernadette, qui était à Strasbourg, devait, par une marche de nuit, se dérober à l'ennemi, gagner Gilgenburg, et s'y réunir à Ney. Pendant ce temps, un régiment de cavalerie légère était chaîné d'entretenir pendant la nuit les feux de bivouac du i" corps ; il devait ensuite se retirer sur Tborn, y faire rentrer les bagages, puis enfin prévenir le maréchal Lefebvre du mouvement de l'armée.
Le 3i, Benningsen, dont le quartier général était à Mohrungen, ne se doutait encore de rien et ne pensait qu'à poursuivre Bemadotte, lorsque le hasard vint lui dévoiler le danger dont il était menacé. L'ufRcier chargé par Bertbîer de porter les derniers ordres à Bernadotte et les dépêches qui contenaient tout le plan de l'Em-
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