MORAT
MiLHADD À MdBAT.
WeiueniteiD, 14 Tévrier.
Monsàgneur,
J'ai eu l'honneur de vous rendre compte ce matin que nos avant^postes avùent été attaqués cette nuit à deux heures. Noas avons repoussé tout ce qui s'est présenté, et
D.qit.zeaOvGoOt^lc
avons pris quelques cberanz. A cinq heures, je me suis mis en marche pour faire, suivant vos ordres, la reconnaissaoce de Borchersdorf. J'avais chargé la seconde brigade commandée par le colonel G... (illinble) de cette reconnaissaoce, et je le soutenais avec les deux autres brigades. Nous avons chassé de Borchersdorf dix escadrons de hussards ou Cosaques. Je n'ai pas voulu Itûsser pénétrer entre deux bois mes troupes ; nous avions pris plus de vingt chevaux et hussards. J'avûs fait prévenir de ma reconnaissance le général Bruyère. Lorsque j'ai ordonné aux brigades de rentrer par échelons, après avoir bien examiné la position de l'ennemi, la retrùte fut d'abord opérée avec le plus grand ordre, mais ce qui paraîtra incroyable et m'indigne et m'afllige, c'est qu'une misérable charge de deux cents Cosaques et de deux escadrons de hussards, d'abord repoussés par mon aile droite , a fmi par mettre le désordre dans deux escadrons. J'ai mené moi-même A la chai^ successivement deux ou trois ré^ments, nous avons tout enfoncé, et, au milieu du succès, une colonne sortie du village, forte de quatre escadrons de hussards, a remis le désordre dans nos rangs, et j'ai eu la douleur de voir mes trois lignes non pas culbutées, mais faisant demitour les unes après les autres! J'aurais voulu mourir dans la mêlée, quatre grenadiers m'ont sauvé la vie ; mtùs je déclare, mon prince, que je ne veux pas commander à de pardlles troupes. Ce n'est pas le mal que l'ennemi nous a fait; malgré le désordre et la faite des dragons, la division n'aura perdu qu'une quarantaine de chevaux ; le conel du J2*, aussi brave qu'intelligent, a été blessé; nous avons eu trois ou quatre officiers ble3.sés et une cinquantaine de tués ou blessés.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Je n'ai pu rallier les dragons qu'à une lieue de Wei»senst^D, près d'Underwangeo. Je suis rentré avec pdne dans Weissenstein, d'où j'ai chassé les Cosaques et queU ques hussards.
MiLHADD.
NEy A BEHTHlEn.
RomitteD, le 14 février 1807.
Monsàgneur,
Ce matin, 1& division de dragons du général Milhaud se i-etira très en désordre de Weissenstein où elle avait été inquiétée. Le 3* de hussards s'étant porté eo avant, les cinquante Cosaques qui avaient causé cette alarme se replièrent, et la division de dragons, après avoir eu beaucoup de peine à rallier ses fuyards, rentra dans ses caatonnemenla.
Mes deux régiments de cavalerie légère sont établis & Underwangen, communiquant avec les troupes qui sont en avant d'eux ou sur leura flancs.
Le général Marchand me rend compte que les chevaux de son artillerie n'ont ni foin ni avoine, et qu'il est impossible de s'en procurer aux environs. Il est à désirer que cet état de choses cesse promptement.
P. S. Quatre dragons du 21* régiment viennent d'arriver à l'instant et confirment que toute la division Milhaud est dans le plus grwid désordre. J'ai fait arrêter ces alarmistes et les enverrai demain au quartier général impérial.
Neï.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Net a Bebthier.
BonilicD, 16 février iSo;.
Hooseigneur,
J'ai vu cet «{H-èa-aiidi, à Gros-Lauth, les dispositions générales que l'Empereur a arrêtées aujourd'hui pour le changement de position de l'armée. J'ai provisoirement expédié aux généraux Klein et Lasalle les ordres nécessaires pour que demain ils se rapprochent de Hublhausen et couvrent l'infanterie.
A mon retour ici, j'ai expédié aux généraux des instructions particulières sur Tensemble des opérations conBées à l'arrière-garde, et je n'ai rien obligé pour être certain que ces mouvements s'exécuteront avec fermeté, et que, si l'ennemi a l'audace de chercher à m' entourer, il trouvera une résistance capable de l'en fiùre repentir.
Je me tiendrid toujours à portée de voir la conduite des troupes et celle des ofQciers, et de donner les ordres que les circonstances pourraient nécessiter.
Je prendrai position le 17 sur le plateau en. arrière d'EyIau, et communiquerai avec le prince de Ponte-Corvo à Schlautienen, et, s'il est possible, avec le maréchal Davout.
L'ennemi n'a fait aucune démonstration sur mon front et sur ma droite, mais il parait vouloir diriger quelques forces en cavalerie sur le flanc gauche du prince de Pontc- Corvo.
Nbï.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Net a Berthier.
Preu«ch*Eylau, ly fêïrîer 1807, 6 b«ures du soir. Monseigaeur,
Toutes les troupes occupent en ce moment les positioaa prescrites, savoir :
La division du général Gardanne sur les hauteurs en arrière d'Eylau, près de Topprienen et Granhofchen. Les dragons du général Klein, à l'exception d'un régiment établi & Serpallen, sont placés par échelons sur la route de Landsberg, jusqu'à la hauteur de Gallehnen .
La division du général Marchand occupe par sa première brigade la position h droite d'Eylau, route de Domnau, et par sa seconde la gauche de cette ville, près le moulin à vent, route de Kreutzbourg : les voltigeurs de cette division gardent Scbmoditten et Schloditten.
La cavalerie légère du général Lasalle est placée en arrière d'Eylau, à l'exception des brigades des généraux Golbert et Guyot, qui, après avoir fermé la marche absolue de l'armée, occupent Gosercken , Altbof, Leitken, Gros- Sausgartei), Kuttschitten et Lampasch.
L'ennemi n'a point suivi en forces mon mouvement rétrograde, parce que j'ai eu la précaution de faire passer avant minuit sur la rive gauche de la Friscbing la cavale^ rie qui était sur la rive opposée, et de faire garder par l'infanterie les gués et ponts qui s'y trouvent. Il est & supposer que l'ennemi craignait une embuscade, puisqu'il a suivi la cavalerie jusqu'à la Frisching sans l'inquiéter, et
D.qit.zeaOvGoOt^lc
qu'il s'est relire en toute bâte dès qu'il a aperçu l'inlko* terie.
Demaio, à cinq heures du matin, les troupes seront sous les armes et se dirigeront sur Ijandsbei^, en observant l'ordre de marche établi pour aujourd'hui.
L'aide de camp Bertrand partira demain au grand jour pour transmettre à l'Empereur les rapports qui me parviendront sur les mouvements de l' ennemi. Je ne crois pas, d'après ce qui s'est passé aujourd'hui, que nous soyons suivis. Le dégel a rendu la plaine impraticable pour la cavalerie, et les grandes routes sont également mauvaises. On peut présumer que le mouvement rétrograde s'opérera sans brftler une amorce.
Neî.
Ney a Uertuieb.
LautUberg, i8 février 1807, à 5 heure» de I'.
J'ai l'honneur de vous rendre compte que les troupes {le mon corps d'armée qui étaient sous les armes avant six heures du matin, se sont mises en marche de Preusch-Eyiau pour se diriger sur I^andsberg, dans le même ordre que le jour précédent. Cependant, pour éviter le trop grand encombrement, l'ennemi ne s' étant point présenté, la division de dragons du générât Klûn, rassemblée sur les hauteurs en arrière de Gallehncn, a ouvert la marche aussitôt que la tète de colonne de la division Gardanne est sortie de sa position de Gninhofcben.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
La division de cavalerie l^ëre du général Lasalle était pour la même raison réunie & Storclinest, et a suivi sur le flanc gauche de la division Gardanne.
Le général Marchand n'a pu se mettre en mouvement avant dix heures du matin. La marche était fermée par la brigade de cavalerie légère du généial Colbert, qui occupait encore & midi Eylau et Schmoditten.
Les troupes, étant extrêmement fatiguées parla difficulté des chemins, cantCHineront dès aujourd'hui ainâ qu'il suit : tes dragons du général Klàn à Drewenz et environs ; la division de cavalerie l^ère du général Lasalle à Wotierlack, Panstern, Gross-Pehsten et Lichkom.
La division d'infanterie du général Gardanne à Nost, Sienken et Gross-Glandan.
La division du général Marchand à Landsbet^; la brigade de cavalerie légère du général Colbert et un bataillon de voltigeurs & Woymanns, Lycheu, Worienen et Mflggen.
Demain, l'armée se dirigera sur Freymarckt pour y cantonner. J'adresserai & Votre Altesse les dispoûtions que j'ù arrêtées à cet effet.
J'espère que nous retirerons nos canons et les caissons de munitions des ch^nins afireux d'Eylau à Landsberg.
Je pense que l'humanité exige qu'on laisse à Landsberg une partie des blessés retirés d'Evlau ; les voitures sur lesquelles ils ét^ent chai^ se sont brisées on sont embourbées ; plusieura de ces malheureux sont morts en chemin, et c'est les condamner à une mort certaine que de les trûter de la sorte : on eoiporlei'a tous ceux qui sont transportables. '
Je lusserai demain un batfûUon de voltigeurs et la bri-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
gade de canlerie l^re an général Gu;ot, qui relèvera le général Colbert, depuis Ijandaberg josqa'à Borgerswalde, afia de frotègee renlévement de nos mnnitioiis el de DOS blessés.
Quatre Cwaqoes sout roius aajonrd'bui & midi à Eyiao, escortant le général Bertranâ. L'eaDemi a sans doute roula profiter de cette circoustance pour s'assurer de notre retraite ; cependant il n'a pu connaître l'évacuation d'Eylao, que nous occupions encore assez fortement à cette heure ; d'aiUeura il a été arrêté à Schloditten et renvoyé de suite »us escorte asses loin de là, vers Hohlhausen.
P. S. Va de mes aides de camp, de retour de l'arri^^garde, me fait le rapport que deux pelotons de Uosaqoes se sont présentés à Eylau vers trois heures de l'^rësmidi, sans faire le coup de pistolet; ils n'ont pas mfimc suivi la marche rétrograde de nos troupes. On a entradu une légère fusillade vers Orschen et Eycben, route que tient le prince de Ponte-Corvo. Je viens d'y envoyer un de mes officiers. Il parait que nous serons obUgés d'abandonner plusieurs cessons de miuiiticms. Dans la seule marche d'aujourd'hui) il est mort plus de cinquante chevaux du train : Us lombeut d'inanitioD, laute de nourriture. Si Iç chemin de demain est aussi horrible, je crains d'être obligé d'abandonner mon artillerie.
NSY.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 43il
NeV a BïRTHlEB.
Liod^ierg, ly Kvrier 1807, 10 heures du malin.
Monseigneur,
J'tû reçu la lettre par laquelle vous me dites d'arrâler taoa mouvement poor anjourd'hui, aûn de dtmner k l'artillerie ie temps de soiTre.
Dès bier soir, j'avais ordonné au général Harchand d'établir sa division par échelons d'ici & Drewenz et . d'occuper, de concert avec la cav^erie légère du général Guyot, Woymaons, Orcben, Worienen et Gallebnen ; mais la division du général Gardanoe ùnsi que les dragons du général Klein et le reste de la cavalerie légère du général Lasalle sont en marche pour occuper les cantonnements à Freymarckt, Arensdorf et environs.
Toute la nuit a été employée à retirar Tartillerie et les caissons de munitions embourbés ; on fera l'impossible pendant cette jonmée, la nuit et la matinée de demain, pour qne la plus grande quantité suive. Tonte l'artillerie est sauvée, nous ne perdons que cinq caissons sans munitioos.
Mes sapeurs et deux batûllons sont employés aux réparations les plus nécessaires de la roule que nous allons suivre. Tout le monde a rivalisé de lële pour nous tirer de l'extrême embarras où nous étions bier. Aucune voiture du 6' corps ne serait restée en arriùi e, sans la grande quantité de voitures, de bagages, canons et caissons du 4' coi-ps et de la garde impériale, qui ont fait rester nos
chevaux peadant six beares dans la boue sans manger, en sorte qu'ils lombaieDt d'ioanition, lorsqu'il a folla traverser les plus mauvais passages.
L'ennemi ne suit point. Le prince de Ponte-Corvo a coucbé hier à Buchols; il me mande qu'il ne pourra, qu'avec des peines incroyables, retirer son artillerie. Je lui ai fait connaître ma position et la détermination que j'ai [Hise pour attendre mon artillerie.
Je remercie Votre Altesse des soins qu'elle a bien voola prendre de nous assurer du pain et de l'eau-de-vie à Freymarckt ; je partirai i midi pour m'y rendi-e.
Net.
Ney a Bihthur.'
Monseigneur,
Toute l'artillerie de mon corps d'armée éuût aujourd'hui à midi en-deçà de Laadsberg ; deiniùn elle filera de bonne heure. Le 6* régiment d'infanterie légère et les voltigeurs resteront à Drewenz pour protéger sa marche.
Une vingtaine de Cosaques se sont présentés aux deux compagnies de voltigeurs étid)lîe6 & Osdten ; ils se sont aussi montrés en avant de Woymanna.
Les Cosaques sont venus en plus grand nombre sur la route d'Heilsberg ; un poste de chasseurs établi à Galassen a été chaîné par eux; trente-six de nos hommes ont été pris, et une partie du reste blessés. Notre cavalerie légère
D.qit.zeaOvGoOt^lc
est entièremoit déinoratisée ; on ne peut plus compter sur elle.
Le général Ferrât, du corps d'armée du maréchal Soult, en passant aujourd'hui par Freymarckt, a fait piller d'autorité le pain et l'eau-de-vie que vous aviez destinés aux troupes de mon corps d'année. L'officier de dragons, chai^ de la conservati(p et de la remise de ces denrées, lui a inutilement montré l'ordre qu'il avait reçu de vous à cet égard. Le général Ferret a déclaré qu'il allait fûre enlever le pùn et le vin de vive force, si on refusait de le livrer.
Je demande que cet officier général soit puni exemplairement d'une conduite aussi contraire au bon ordre, et qui aurait les suites les plus funestes, si elle tittuvait des imitateurs.
Nev.
Le 20 au soir, Ney écrit h Berthier qu'il vient de recevoir un rapport du général Guyot, qui, avec sa cavalerie, fermait la marche du corps d'armée, et que la surprise du détachement du 22* de chasseurs n'a pas occasionné une perte aussi considérable qu'on l'avait cru. L'arriëre-garde de ce général a été attaquée par 300 Cosaques ou hussards, sur les hauteurs en arrière de Landsberg. Un escadron qui la soutenait a chargé avec vigueur, et dès lors le mouvement rétrograde s'est opéré avec tranquillité jusqu'à Drewenz. La troupe venait d'entrer dans ce village, lorsque l'ennemi s'est montré de nouveau. Une autre charge,
D.qit.zeaOvGoOt^lc
soutenue par les voltigevirs, l'a encore dispersé. Le général Goyot se loae beaucoup de l'infanterie.
Net a BKRTHTEil.
Preyaurckl, ai février 1807, 6 h«ir«f dn Bmlin.
Hons^gneor,
J'ai reçu les dispositions générales arrêtées par l'Empereur pour remplacement des corps de la grande armée. J'ai donné les ordres nécessaires à l'exécution de celles qui me concernent.
Je conserverai Arensdorf aujourd'hui par une brigade d'inranterie, qui demain suivra sa destination sur Queetz et Allenstein;
La division du général Marchiuiâ se rapprochera aujourd'hui de Guttsladt, qu'elle ne pourra occuper que ce soir, le maréchal Davout m'ayant écrit qu'il ne pouvait évacuer celte ville que cet après-midi.
J'envMe aussi, surl'inviution de ce maréchal, un régiment d'infanterie et la brigade de cavalerie l^re du général Golbert à Heilsbei^, pour proté^ l'enlèvement de cinquante mille rations de farine. Demain cette troupe rentrera dans les cantonnements qui lui sont assignés.
Je n'ai aucune nouvelle de la position des dragons du général Grouchy.
Je pars ce matin pour me rendre à Guttstadt. J'aurai l'honneur d'adresser, dans le jour ou dans la matinée de demtûn, à, Votre Altesse l'état des cantonnements que
D.qit.zeaOvGoOt^lc
ET PIÈCES JDSTIPICATIVES. 439
j'ai dédgoés pour remplir les iotentioiis de Ss Majesté, sur la po^lioD du 6* corps d'armée.
Berthier a Net.
Uebstadt, at février 1807, à a heurei du malin.
L'Emperenr a vu avec peine par votre dernière lettre, monsieur le maréchal, que quelques Cosaques avaieot eu l'air de prendre l'ofiéosive. Il ne faut pas laisser pousser votre arrière-garde par trois ou quatre cents Cosaques. S. M. désire donc que dans la journée vous disposiez la cavalerie à vos ordres de manière & les attaquer vigoureusement et à les pousser plusieurs lieues, jusqu'à ce qu'on les trouve appuyés soit par de rinfanterie, soit par une force de cavalerie. L'Empereur met de l'importance à cette opération, qui mettra un frein à l'audace de ces Cosaques. S. M. désire que vous encouragiez sa cavalerie, que vous lui fasùez penser que vous avez grande opinion de ce qu'elle peut faire. Enfin, monsieur le maréclial, S. M. désire que vous calculiez votre opération de manière à faire quelque mal aux partis de Cosaques qui vous suivent. La poussée que vous leur donnerez servira d'ailleurs de reconnaissance poui' connaître les mouvements de l'ennemi.
L'Empereur me charge de vous dire qu'il vous a conlié le point de Guttstadt comme le plus important de sa position; qu'il est nécessaire que voua ayez une correspondance très-suivie pour m'inatruire de tout ce qui s^
D.qit.zeaOvGoOt^lc
passe; qne tods devez pmter nne grande smTeîtkoee à faire bien servir. Vous savez assez par voas-mèiae que, dans DOS aroiées, rien ne se iait b\ai qae par celui qui commande. Une fois qne vous aurez bien établi votre système de défense, vous devez opposer des postes de voltigeurs pour couvrir les principales commuoicadoos. Veillez à ce que les grands-gardes on postes decaval^e, nonseulement se trouvent soutenus par de l'infanterie, mais aossi prescrivez qu'elles changent de place, de manière qne l'ennemi ne puisse les trtHiver la nuit où elles se montraient la veille. Après les précautions défemnves, il reste à combiner quelque opération d'avant-^arde, » l'ennemi s'aventurut, et à enlever des postes ; fmre par là des prisonniers et être instmit de ses mouvements. H &at pour ces opérations : {vudence, audace, et surtout votre extrême vigUance.
Le Major général,
Net a Bebthikr.
Preyinarckl, k *1 jaD*ier 1807, 7 hcara da matia.
A Son Altesse Sérémssime le Prince de Neuchâtel, Ministre de la guerre.
Monseigneur,
Je reçtus à l'instant la lettre que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'éoire anjourd'bui à 2 heures dn matin, par laquelle elle m'invite à (Uspoaer de ma cavalerie de
iiyGoot^lc
manière à repoussa vigonreusement les partis de Cosaques qui oseraient suivre mon arrière^;arde.
Votre Altesse aura remarqué dans ma lettre de ce matin que la Lrigade de cavalerie légère qui me reste est en marche sur Heilsberg avec un ré^ment d'infanterie pour protéger l'enlèvement des farines que le maréchal Davout y a rassemblées.
Le général Lasalle est également en mouvement pour se rendi-e à Neidenburg, destinatioD que le grand-duc de Bei^ lui a assignée.
L'ennemi, depuis l'échec qu'il a éprouvé hier, n'a plus paru ; il n'osera probablement rien entreprendre sur mon infanterie qui méprise complètement les Cosaques. Il n'en est pas de même de la cavalerie légère, non pas qu'elle sott frappée de terreur, mais parce que les chevaux, qui n'avaient pas de nourriture depuis àz jours, loin d'être en état de galc^ter, peuvent à p^ne porter leurs cavaliers. La cavalerie s'est r^osée hier et a trouvé du fourrage dans ses cantonnements.
Votre Altesse croira facilement, j'espère, que je ne suis pas d'humeur à laisser harceler mon arriëre-gu'de, lorsqu'il y a possibilité de repousser l'ennemi avec ta même arme.
Je sens toute l'importance du point de Guttstadt, et Votre Altesse peut être certaine que mes dispositions seront telles que je n'aurù point de surprise à crùndre et que je serai en mesure de chasser l'ennemi s'il tentait de nous en chasser. Je resterai à Guttstadt et irai partout où le bien du service l'exigera.
Un ùde de camp du maréchal Davout m'a appris ce matin que les Prusâens occupent Bartenstein avec de l'in-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
fanterie et de la cavalerie : il est prcdMble qa'Us pensent
que notre retraite est déddé^. Hais, b^ïIs remonteot davantage l'Aile, ils trouveront les mêmes soldats qui les ont battus et les bâtiront encore.
Ix HAttlcHAL Net.
NeV a BCBIBtKB.
GulUtadl, 1* rérrier 1807.
Monseigneur,
Ed arrivant hier soir & Guttstadt, j'y trouvai le maréchal Davout et une partie de ses troupes ; je fis arrêter les miennes hors de la ville, à l'exception d'un régiment d'infanterie qui se rendit avec la cavalerie légère du générât ColiKrt & Ueilsbei^ pour y relever la division du général Gudin. Aujourd'hui le 3* corps s'est dirigé sur Allensteiu, et mes troupes occuperont demain les positions indiquées dans les dispositions générales dont j'ai l'honneur de vous envoyer copie.
L'ennemi n'a point fait aujourd'hui de mouvement sur l'Aile, et il ne s'est pas non plus montré sur ma gauche vers Landsbei^ ; cependant les rapports que je reçois annoncent la marche sur Bartenstein du corps prussien du lieutenant général Lestocq, auquel s'est joint un bataillon russe.
J'ai parcouru aujourd'hui les diverses positions autour de Guttstadt, et je me suis déterminé à choisir celle des hauteurs en arrière de cette ville , la droite sur la direc-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
tion de Knopen et la gauche vers le lac de Sawanna, ayant la route de Liebstadt et celle d'Osterode par Qamtz sur mes deux flancs.
Je ne crois pas que l'ennemi puisse me forcer h évacuer Guttstadt ; je ne négligerai aucune mesure de survôllance, et j'espère qoe, s'il se présente, il sera reçu avec une vigueur capable de le faire repentir de son entreprise. J'aunù soin d'instruire les maréchaux Soult et Davout de tout ce qu'il sera utile de leur fùre connaître.
P. S. Il est 6 heures, qu'un de mes lùdes de camp de retour d'Heilsberg, me ftùt le rapport ci-j(Hnt sur le mouvement des Prussiens h Heilsberg. Je contremaode eo conséquence la prise de possession des cantonnements. L'armée étant presque en totalité réunie id, je vais attendre jusqu'à demain pour connaître les desseins de l'ennemi. S'il arrive sur Guttstadt, probablement comme il l'a fait aujourd'hui par Heîlsbei^ sur les deux rives de l'Aile, j'empôchenû de contrario' ses vues jusqu'à ce qu'il soit à bonne portée de mes troupes et de mon artillerie : alors j' ordonnera l'atlaque générale et je l'enfoncerai sur tous les pdnts. J'espère que la leçon qu'il recevra le fera tenir tranquille.
Ney.
Copie du Rapport d'un aide de camp an-ivanl dHeilsberg.
Vers deux heures de l'après-midi, l'ennemi a montré devant le poste de cavalerie établi par le général Colhert
D.qit.zeaOvGoOt^lc
k Markhâm eoviron deux cents chevaux ; ce poste s'est replié et est venu atmoncer l'arriTée de l'ennemi. Le général Golbert a bit sar-le-champ prendre les armes & sa cavalerie et i nn bataillon du 39* riment qui était à Heilsbet^, et s'est porté vers le point attaqaé. L'ennemi s'y était renforcé d'un peloton de cavalerie et de deux à trois cents hommes d'infonterie. Le général Golbert rangea ses troupes en bataille et défendît le défilé qù conduit à la ville, n fut prévena dans le même moment que l'ennemi marchait sur notre gauche par la rive gauche de l'Aile avec deux escadrons de cavalerie , troi» cents homines dlnfanterie et une pièce de canon. Sur cet avis ce gtoéral envoya l'ordre au bataillon du 39*, qui se trouvtùt à Bewernicken et Launau, de se retirer par la rive gauche de l'Aile si l'ennenù l'attaquait et de se replier sur les troupes de labrigade quise trouvent sur cette rive. Le général Golbert, se voyant attaqué par sa gauche et par sa drrâte, et ayant l'ordre pon^r de ne point se compromettre dans le poste d^eilsbei^ qu'il n'occupait que provisoirement, ordonna la retraite, qui s'est exécutée ttës-leotement et avec tout Tordre possible. En se retirant il brûla le pont d'Heilsberg pour éviter d'être harcelé par la cavalerie prussienne.
En venant rendre compte de ce qui se passait, j'ai fait monter à cheval le 7* de hussards qui se tronvut à Liebenberg, et ce régiment s'est porté en avant pour soutenir s'il ét^t besoin le général Golbert.
Les généraux Lasalle et Marcognet ont été également prévenus.
Le général Golbert a eu la précaution de Tùre brûler deux ponts sur l'Aile dans tes environs d'Heilsberg.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
11 n'est pas & nm connaissance que nous ayons perdu un seul hcnime.
GntlsUdl, ai révrier, à 6 heurei du »oir.
Signé : Vogt.
Ad GëhAral Colbbht.
Heilsbetf, *3 rtvrier 1807.
Monsieur le Général , .
Sa Majesté le Roi de Prusse mon Mattre m'ayant chargé d'une lettre pour Sa Majesté l'Empereur des Français et Roi dltalte, que je dois lui présenter en personne, je vous supplie. Monsieur le Général, de me faire savoir quand et où je pourrai passer vos avant-postes pour me rendre auprès de Sa Majesté l'Empereur votre Auguste Maître. J'attends votre réponse, Monsieur le Général, par l'ofTicier porteur de cette lettre, en étant avec parffùte considération,
Monsieur le Général, Votre très-humble et très-obéissant serviteur, DK Kleist, Colonel et ûde de camp général de S. H. le roi de Prusse.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Schniolaiiien, le i3 fétrier 1807, a 10 heures du malin.
A Son Altesse Sérénissime U Prince de Neuchàtel, Ministre de la guerre.
MoDseigoeur,
Tontes les mesures avaient été prises ce matin pom- bien recevoir l'eoDeiQi s'il se présentait ; mais il s'est borné à établir ses avant-poetes de cavalerie légère mêlée d'iofonterie, sar les hauteurs eo arrière de Bewemiken, Langwiese et Lawden, rive gauche de l'Aile^ et & Wossedoi, Reicbwberg et S&sseuberg, rive droite. J'ai ordonné an général Colbert de le chasser de ces trois derniers lieox, et de ne pas permettre que l'ennemi passe sur la rive gauche de ta Sensée.
Tout étant tranquille, j'û ordonné aux troupes de se mettre en marche pour prendre les cantonnements dont j'ai eu l'honneur d'adresser Iner l'état à Votre Altesse.
La brigade de cavalerie légère du général Ga;ot avait suivi te général Marchand dans sa position de Zechem, malgré l'ordre que je lui avais expédié dès le 21 de rejoindre le 4* corps d'armée à Wormditten; cette brigade est partie ce matin pour Uebstadt.
Les Cosaques poussent des patrouilles par Dreweni et Burgerswalde sur Arensdorf et Wolfedorf ; ils sont venus hier faire le coup de pistolet entre Rosenberg et Gronau^
Je viens de Taire placer les trois compagnies de voltigem-s du 25' léger à Scharnick, Liognau et Neuendorf,
D.qit.zeaOvGoOt^lc
avec cinqaaDte chevaux, pour communiquer avec le maréchal Sonlt à Elditten et pour diriger des reconnùssaDces sur Arensdorf et Drewenz.
J'adresse aux maréchaux Soult et Davoat l'emplacement de mes troupes. Je vais retourner à Guttetadt.
P. S. J'ai reçu hier l'avis ci-joint que la division du général Klein devait suivre le mouvement de mon corps d'armée; miûs elle est bien sans doute rendue à Elbing, sa première destination. J'adresse aussi à Votre Altesse plosienrs pièces qtii étaient jointes à cette lettre.
Je n'û encore aucune nouvelle de la division da général Grouchy ; dès qu'elle sera ici, j'^verrai la cavalerie du général Lasalle k Neidenburg, conformément aux dispositions générales arrêtées par l'Empereur pour les cantonnements de ses troupes.
Nbï.
Ney a Behthier.
Guttstadi, i3 février 1807, 8 heiircf du «oir.
Monseigneur,
L'ennemi a coiAinné d'occuper Amt-Heilsberg, Hedien, Wargitten et SQssenberg ; cet après-midi il est venu ffûrc le coup de fusil avec nos avant-postes. Le général Colbert l'ayant lusse approcher de Liebenberg, Kolm et Sloluhagen, a repris tout à coup l'ofTensiTe et l'a poussé très* vigoureusement jusqu'au-delà delà Sensée 1 il a fait quelques prisonniers, tué ou Mecsé plusieurs hommes.
Afate cette expédition, ce général est rentré dans ses
D.qit.zeaOvGoOt^lc
448 NOTBS
positions, et l' ennemi de son cAté a porté ses avant-postes en arrière de Reichenberg et de Sû&senberg. Demain, i la pointe du jour, le général Lasalle se joindra au général Colbert soutenu par un régiment d'infanterie et quelques pièces de canon, pour chasser tous les postes prusûens qui se trouvent eu-deçà de la Sensée.
Va parlementure s'est présenté h. h chute du jour ao- DMiçant l'arrivée de M. de Eleist, colonel aide de camp général du roi de Prusse. Je vous Ma passer la lettre par laquelle cet officier déclare être porteur de dépêches pour l'Empereur; j'ù ordonné an général Colbert de le recevoir cette nuit même et de me l'envoyer sur-le-champ. Demain avant le jour je le dirigerai sur Osterode par Queetz, Deppen, Gallindeo et TaberbrQck.. L'ofhcier qui aura l'honneur de vous remettre cette lettre fera préparei- les chevaux sur cette route.
Neï.
Ney a Bertuii».
Gutlstadi, 34 février 1807.
J'ai prescrit au général Colbert de renoncer à toute entreprise sur l'ennemi, tuais d'être constamment en mesure de repousser avec vigueur tonte espèce d'agression. Il n'y a aujourd'hui absolument rien de nouveau, et l'ennemi parait de son c6té se tenir sur la défensive.
Le général Colbert a répondu d'après mes ordres à la première lettre du colonel de Klôst : que, si cet olfiâer pouvait donner sa parole qu'il avait des explications verbales à donner sur la lettre dont il était porteur pour l'Em-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
pereur, il serait admis aux avant-postes ; et que, dans le cas contraire, la lettre seulement serait reçue, pour être envoyée sur-le-champ à S. M. La réponse ci-jointe ayant levé toutes les difBcuItés, M. de Kleist se rend & Ostercxle, accompagné d'un de mes ûdes de camp.
Nby.
Au GiNtBAL GOLBKRl.
Ueîlsbei^, 14 février 1S07.
Monsieur le Général,
J'ai l'honneur de vous dire, en réponse à la lettre que H. le lieutenant de Sûnt-Paul m'a remise de votre part, que Sa Majesté le Roi mon maître, en me confiant la lettre pour Sa Majesté TEmpei'eur Napoléon, m'a chargé d'explicaUoDs verbales relatives au contenu de ladite lettre. Je vous prie donc,. Monsieur le Général, de vouloir me faire savoir si je serai à même de pouvoir exécuter les ordres du Roi mon mattre, en continuant mon voyaf^ pour me rendre près de Sa Majesté l'Empereur et Rm, ou si, ne pouvant passer les avant-postes de l'armée françmse, je dois renoncer de m'acqultter de la mission dont le Roi mon mattre m'a chargé. C'est avec la plus par&ite considération que je suis, Monsieur le Général,
Votre trè»-hnmble et très-obéissant serviteur, DE Kleist, colonel et mde de camp général.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Net a Bertbier.
Gatisudi, i5 férrier 1807.
Hier, dans l'aprës-muli, l'enDeoii a resserré plusieurs de nos caDtonuemeDls sur la rive gaucbe de l'Aile, depuis Lauaau, Zechero, Peterswalde, jasqa'à Gronau, qui ont été abaDdoDDés sans perte de notre part, ainsi que Freadeoberg et Wonnenbei^, sur la rive droite. L'ennemi poussait en même temps de forts partis de cavalerie sur Elditten, et il attaquait même le poste de Schamick, d'où il a été repoussé. D'un autre cdié, il étendit sa gauche jusqu'à Séeburg. Tous ces mouvements m'avaient fait présumer que son intention était de m'attaqua* ce matin, mais il s'est borné à occuper avec de la cavalwie les points qu'on avait évacués. Son but est sans doute de nous priver de la pe^te quantité de subsistances que te soldat tînùt de CCS villages. Cet état de choses m'a déterminé à fiùre quelques changements à mes dispositions du 23.
L'ennemi a montré hier devant mes avant-postes beaucoup plus de cavalerie que je ne pouvais lui en opposer ; cependant, comme j'ai déjà eu l'honneur de vous le dirCt nous n'avons fait aucune perte. J'ai été instruit que, pen* dant les escarmouches qui ont en lieu, quelques batail* Ions prus^ens avec de l'artillerie se sont dirigés par Launau sur Freymaickt.
Mon corps d'armée, Monseigneur, est dans une pénurie eitrfime : le pain manque totalement ; à peine trouve-ton de la viande ; il n'existe plus ici de fourrages et surtout d'avoine. Je vous supplie de faire faire sur Guttstadt quel'
D.qit.zeaOvGoOt^lc
ques versemeols de pain on farine et d'avoine. Cet objet est de la pins hante impcHlaoce et mérite tonte votre attention. Si je ponvais étendre mes troopes et prendre d'antres cantooDements que ceox que la proximité de l'ennenù me fixt» Joccnper aoz enTinns de Gattstadt, il me serait sans doute beaucoup pins facile de vivre.
Votre Altesee pent se r^q>e!er que c'est la première fois qoe je me pkûns da déiaot de sabsûstances, et la douièrc extrémité a pn aenle m'y détennioa-.
Ney.
A MwfStiCK Ls Makéchal Nst.
Oiterodr, le iS février 1807, • miouit.
Votre aide de camp, monsieur le maréchal, est arrivcù sept heures dn soir : les renseignements que vous aorez eus et' les événements qni se seront passés depuis dix heures du matin josqu'an soir rueront votre conduite. Il est tout mmple qoe l'ennemi avance snr loos les points de la ligne des avant-gardes de cavalerie et d'infanterie, sons qne cela pmese prouver qn'il soit déddé à continuer la campagne, et quand il annùt ce projet, le ù^el en retardertût Texécotion ou la lui ferait ajourner.
L'Empereor désire donc, qu'à moins de renseignfemaits ou d'événements dwit il n'a pas connaissance, voos ne quittiez pas Gottstadt de la journée de demain, car l'ennemi, dons votre position, ne peut vous forcer qu'avec on corps de • troupes r«nsidérable et avec des mouvements préparatoires qui vous donneraient toujours te temps d'é-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
viter UD engagement et de vous porter sur la route d'AlleostOD. L'ennenii, eo se rendant maître de Guttstadt, se trouvenût en poGseaeîon d'un point important et qui, daus la mauviûse saison, devient bien utile à vos troupes. Guttstadt évacué, nos cantonnements seraient k découvert. Si cependant les événements qui se sont passés dans la journée vous portueot à quitter cette ville, il est nécessaire que vous teniez une position infusante en arrière, le plus près qu'il vous sera possible, afin que, craignant de vous voir marcher pour reprendre la ville, l'ennemi ne soit obligé de s'y tenir en force et ne poisse se porter brusquement sur Liebstadt. Si vous aviez déjà évacué Guttstadt et que l'ennemi ne t'occupftt que faiblement, vous pourriez le réattaquer au moment où il s'y attendrait le moins. Dans tous les cas, l'intention de l'Empereur est que vous envoyiez à Deppen, pour flanquer nos cantonnements, toute la caviderie légère du général Lasalle, avec un régiment d'infanterie. Hier au soir, l'ennemi s'est porté vis-à-vis Liebstadt, sur la rive droite de la Pasaarge, où il a montré plusieurs détachements d'infanterie, appuyés d'une assez nombreuse cavalerie; il a mis plusieurs pièces de canon en batterie vis^vis nos postes ; mais, lorsqu'il a vu qu'on lui répondait, il s'est désisté de son entreprise. Jusqu'à cette heure, il parait que le bot de l' ennemi a été de chercher à savoir si nous voulions oui ou non tenir en posititA) : rien ne prouve qu'il soit résolu à courir les chances de venir nous dèposter de notre position. Au surplus, monsieur le maréchal, l'intention de l'Empereur est de livrer bataille à l'ennemi, ra ccmcentrant toutes ses forces sur le plateau d'Osterode, où il crmt pouvoir réunir 90 mille hommes. Sa Majesté r^arda*ait comme une chose
heureuse qne l' ennemi s'aveuglAt assez pour nous attaquer dans cette position ; mats il nous serait désavantageux qne, ne voulant pas courir cette chance, nous iusûons trompés sur les projets de l'ennemi, et qu'en éprouvant une fûble résistance, il s'emparât de la bonne position de Guttstadt.
Après vous avoir Jatt connaître, mon^eor le maréchal, les intentions de l'Empereur, Sa Majesté s'en rapporte entièrement à votre expérience et & votre zèle pom* son service. Vous ne devez pas considérer votre corps comme isolé, maisbieB comme lié à l'ensemble du système. Enfm, soit que vous restiez à Guttstadt, soit que vous l'ayez éva* coé, vous devez garnir le pont de Guttstadt. Le Major généra),
AtBX. Berthibb.
Net a Berthier.
GutUUdi, 16 février, une heure du nMliu.
Tous les rapDQFts'que je reçois confirment que l'ennemi continue ses idbuvemçnts sur ma gauche. Hier, & la chute du jour, une seconde colonne d'infanterie prussienne de quelques batullons a défilé de Heilsberg sur Launau el Freymarckt.
Le général Roguet, placé k Queetz, m'annonce qu'environ 400 hommes de cavalerie sont venus avant la nuit attaquer ponr la seconde fois le lillage de Scharnick. Mon infanterie, après avoir repoussé celte cavalerie jusqu'à Wolfsdorf, y a trouvé des forces plus considérables et n
D.qit.zeaOvGoOt^lc
été obligée de rester sur la défensive. L'eBaani a en beaucoup de taés et de blessés.
Le poste de lingnau, ea poussant ses reaamaissaDces SOT Pétersdorf, a trouvé ennron deux cents hommes de cavaterie.
Le général Roguet me mande ^^ement qu'il a uitendn le canoo du cAté de Litèstadt, et que la communication avec cette ville par Wolfedorf et Etditten est totalement interceptée.
Hier, à la cbata du jour, l'eaDeœi a fait une nouvelle reconnaissance sur tout le développement de mes avantpostes, sur la rive drcHte de l'Aile; il a montré environ douze cents chevaux, depuis Heilsbei^juqu'àSéeburg. Les environs de Wartenburg et d'AUenstein ont été tranquilles jusqu'à ce moment, et nos reconnaissances de cavalerie ont été jusqu'à Passenheim sans rien rencontrer.
Le lieutenant général Lestocq est arrivé hier à Heilsbei^ où se trouvent quelques régiments dinfaoterie ; le reste de son corps d'armée est en marche de Bartenstrâi. On m'assure que cette divifflon, qui a reçu des renforts de Kœnigsbei^, est forte de douze à quatorze mille hommes, et qu'elle appuyera à la gauche des colonnes russes qui doivent incessamment reprendre l'offensive et se diriger sur Wormditt et Hehlsack.
Les magistrats du pays ont été convoqués au nom du général Bennigsen, pour pourvoir à la subsistance des colonnes russes, qui, suivant la lettre 6e convocation, sont en pleine marche sur Meblsack. Cet écrit aété intercepté aux avant-postes du généi-al Colbert; peut-être a-t-il été publié à dessein de nous tromper. Les rapports du maréchal Soultet du prince de Ponte-Corvo contribueront sans
D.qit.zeaOvGoOt^lc
doate k fixer votre opioion & cet égard. Quoi qu'il eo soit, j'ai l'honneur de vous adresser l'écrit origioal avec la traduction.
Nby.
Net a Berthjer.
Guttstadi, 16 février 1807, 10 heures du matin.
Pour acquérir quelque certitude sur les forces et les desseins de l'ennemi, j'ai lait attaquer ce matin, avant ta pointe du jour, par le 6' d'infanterie légère, le village de Peterswalde; l'ennemi y avait beaucoup, plus de Torces qu'on ne le croyait ; cependant le village a été emporté, et troie bataillons muses qui s'y trouvaient ont esspyé une grande p» te. Nous avons fait prisosniers le général major baron de KoriF, son aide de camp, plusieurs au^es officiers et quelques centaines de soldats. Les Russes se sont repliés sur Zecbem, où ils ont montré de plus grandes forces. On continue à se tirùller, et je ne serais pas étonné que nous ne fussions & notre tour obligés de céder du terrûn. Cependant j'ai donné l'ordre le plus positif de conserver pour aujourd'hui les posidons que j'ai eu l'honpeur de vous ffùre connaître par ma lettre d'hier. Mais, comme il devient certain que les lettres interceptées que j'ai eu l'bonneur de vous adresser ce matin & une heure, contiennent la vérité, je crois nécessaire, pour ne pas compromettre évidemment mon corps d'armée, de me replier demain sur AUenstein, confonoément aux dispositions âjolntes. Ce mouvement sera donc exéculé, h moins que
D.qit.zeaOvGoOt^lc
vous ne jngiex convenable de m'expidier des ordres contraires que j'aurids le temps de recevoir.
Le major de KorfT m'a dit qu'il avait passé avant^iier par Landsbei^ avec quatre régiments d'infanterie et un de hussards, et qu'il formait la gauche de l'avaut-garde. ' Depuis deux jours, je suis tellement serré sur Guttstadt, qu'il seraitdangereujc de diriger ma marche parQueetz sur Oslerode, parce que tes chemins sont impraticables. D'tûlleurs, ma communication avec Liebstadt est interceptée, et l'ennemi parait avoir dirigé assez de forces sur ce point.
Les Prussiens paraissent vouloir suivre le mouvement des Russes, en remontant la rive gauche de l'Aile et se dirigeant sur IJebetadt; ils n'ont montré que fort peu d'inbnterie, depuis Heilsberg jusqu'à Seeburg, maïs assez de cavalerie pour fatiguer extrêmement la troupe.
J'envoie h. Osterode le général russe prisonniw ; il est disposé à donner tous tes rensôgnements qu'on lui demandera, pourvu qu'on ne Inï fasse pas de mal : ce sont là 369 expressions; aioù, avec quelques caresses, on peut en tirer des lumières,
P. S. On me prévient que les Prusâens, sur ia rive droite de l'Aile, attaquent nos avant-postes. Les Rosses, sur la gauche, continuent à tirailler depuis Zechera, Peterswalde et Gronau ; on aperçoit une colonne d'environ sii mille hommes qui marche sur Freymarckt par Launau.
Nn.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Net a BeBTHiER.
Gultsladl, le iC Tcvrier 1807, 8 beare* du M>jr.
Les prisouDJers de guerre rosses assurent que le général Ëssen a fait sa jonction avec le général Bennigsen.
Le cuion s'est fait entendre vers Liebstadt à huit heures du matin ; tontes les reconnaissances que j'ai dirigées sur Ëtditten pour communiquer avec le 4* corps ont été ramenées par l'ennemi; elles ont toutes vu âesforces assez UHiûdérables en inranterie et cavalerie russes. J'ai appris que le général Saint-Hilaire avait fait rompre tous les ponts snr la Passarge.
Je donne avis de mon mouvement et des positions que mes troupes occuperont demain 27, aox maréchaux Soult et Davout.
Le 6' d'infanterie légère s'est couvert de gloire à l'attaque de Peterswalde ; l'ennemi a laissé environ deux cents hommes snr le champ de bataille, et il a dû avoir le triple de blessés. Outre le général que je voua tû envoyé, nous . avons pris deux lieutenants colonels et plusieurs autres officiers. Les Russes, ayant reçu de Zechem un renfort de douze cents hommes, se sont avancés pour reprendre Peterswalde. Le 6' régiment, qui avait ordre de ne pas se compromettre, s'est retiré jusqu'à la forêt qui couvre Scbmolainen, ets'yest maintenu malgré plusieurs'attaques; le feu a duré sans rel&cbe depuis quatre heures du matin jusqu'à six heures du soir.
Le village de Gronau ayant été menacé d'être tourné par une colonne d'infanterie et de cavalerie, on s'est borné
D.qit.zeaOvGoOt^lc
à occuper fortement AJtkircb, que l'ennemi n'a ptnnt altaqué , non plus que les portions de NeuendorT, lingnau, Scharnick, Warlack et Walt^^mobl, occapées par le générât Rc^et.
Ejes Prus^ens ont attaqué vers six heures du matin tous mes avant-postes, sur la rive dnute de l'Aile ; ils ont été repousses partout par les géoéraiu Golbut et Lasalle. Cependant j'ù fait re^rfierle 39* sur Scbuiolainoi, à l'exception de quelques compagnies restées dans la forêt ponr couvrir le mouvement rétrograde que je ferai effectuer demain à quatre heures du matin.
L'ennemi continue de muxher sur Freymarckt, par Launau, La tranquillité qui règne aux environs de Wartenburg prouve qu'il n'a pas beaucoup de monde au-delà de 3eebuig, où il parait borner sa gauche.
Le 6* régiment a eu dans l'afhire d'aujourd'hui de lOO à 450 hommes au plus hors de combat,
P. S. Le général Lasalle me rend, compte que l'ennemi eslr entré cet ^rès-midi à Warte^ui^, et qu'il y a eovîï(sa 2,000 hommes, tant infknterie que cavalerie, dans cette partie.
Le général Rognet me mande, qu'en prenant possession de Wolfodorf, il y a trouvé deux escadrons ennemis, qui se sont repliés sur Petersdorf. L'ennemi a eu plusieurs
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Nrt a Bkrthieb- AlleDstein, %j février, i heure île l'aprèt^inidî.
Je reçois à l'iostant la lettre qae Votre Altesse m'a Ait rhouDeur de m'écrïre hier à oÙQûit. — Guttstadt a été évacué ce matin à 4 heures comme je vous l'avais annoncé hier. L'eunoui est resté en forces daas la forêt de Scbmolainen devant te 6* léger jusqu'à 2 heures du matin que ce régiment s'est replié sur Guttstadt, fermant la marche de la colonne qui Be dirigeait sur Allensteln.
Je viens d'ordonner au général Rogaet qui, avec les 25° léger et 27' de ligne , devait se rendi-e à Peterswalde, de rétn^rader sur Deppen et Hàligenthal.
La S* brigade de la diviùon Gardanue se dirigera demain sur Schlitt et Btanckenberg, de manière que cette division pourra en tm jour se rendre 4 Guttstadt par Queetz et Glottau.
Le général Lasalle avec ses trois brigades de cavalerie l^ëre se rendra demain dans ta même position que le général Roguet et occupera Deppen pour éclairer les directions d'Elditten, Wolfsdorf et Guttstadt. Les dragons du général Groochy qui se trouvent aujourd'hui à Watrienen viendront demain à AUensteïn et environs.
D'après ces dispositions, si l'Empereur ordonne, que je reprenne Guttstadt, je serais en mesure de m'en rendre rendre maître du i" au 2 mars en concentrant mes forces sur Oueetz à l'exception d'un régiment d'infanterie que je liûsserms à Allenstein. Cependant, comme il estàprésnmer que l'ennemi inquiéterait ma gauche pendant cette entre-
WO NOTBS
prise, il Beraît, je croiB, nécessaire de me faire oppayer snr la directÏMi d'Ëlditten et Wolfsdorf par quelques troopes du maréchal Soult. S'il est prouvé que Feanemi n'ait ab> solumeot que des troupes légères pour former qd cordon d'obBervatioD sur le développement de la Passarge et de l'Aile, il est probaUe qu'il sera aisément forcé à la retraite et que l'échec qu'on pourra lui faire éprouver l'empêchera de continuer à hwceler sans cesse nos cantonnements.
La ville de Guttstadt, comme j'&i eu l'honneur de vods en rendre compte, n'offre ^ocnnes ressources en snbsîstaoces ; la nécesnté d'occuper pour vivre des cantonnements éloignés nuit à la sAreté de ce poste.
Peut-être me trompai-je [sic), mais il me parait incontestable qu'il vaudrait mieux que mon corps d'armée fût en colonne depuis Qneelz ju.squ'à Tabert)rack, en gardant AUenstein avec un régiment d'infanterie. Guttstadt, dont j'ù bien reconnu tous les environs, dût être attaqué par la rive gauche de l'Aile : or, â, occupant ta position de QueetE, je devais faire cette opération, ilme serait facilede cacher mon mouvement et je pourrais aisément, partant à deux heures du matin, arriver avant le jour sur la hauteur qui domine la ville, que l'ennemi serait forcé d'évacuer précipitamment sous peine d'être entièrement détruit. En cas d'événement, j'aurais pour appui naturel le 4* corps, sans que le maréchal Soult fit aucun mouvement en ma foveur.
Si an contrùre j'opère par la rive dnnte, il m'est impossible de cacher mes desseins ; j'aurûs plusieurs com* bats à livrer avant d'arriver à Guttstadt, et, si j'avMs afTaire à un ennemi supérieur, je serais livré k mes propres
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Quoi qu'il eu soit, je vais prendre tous les moyens po»sibles d'avoir de bons reoseigneiôeDts sur les forces que t'eoaeDii a à Guttstadt et aux eovirons, et, quels que soient les ordres de l'Empereur, ils seront exécutés avec vigueur et eiactitude.
Je regrette viveuieiit, Monseigneur, que votre réponse à nu lettre d'hier n'ait pu être expédiée avant minuit ; j'avais espéré recevoir k temps vos instructions ; et en eCFet un officier, sans trop se hâter, eût pu trouver mon corps d'armée i Guttstadt où j'aurais attendu les événe* meots, puisque Sa Majesté le désirait.
Nki.
Ney i. Bkrthiek.
Allepileia, «7 février, 10 heures du loir.
Ea VOUS écrivant ce matin, je n'ai pu vous rendre uu compte détaillé de l'exécution du mouvement rétrograde de Guttstadt sur AUenstein parce que les rapports ne m'étaient pas encore parvenus; les ofiiciers d'élat-miyor restés aux arrière^gardes viennent de me les apporter.
La brigade du général Belair ayant beaucoup fatigué hier, le général Colbert a fermé la marche sur la route principale avec le 39' de Ugne et le 10* de chasseurs à cheval; il a quitté Guttstadt à midi et demi.
Après deux heures de marche, t'arriére -garde a été vivement attaquée par une nuée de Cosaques dont la force était au moins de douze cents hommes ; les voltigeurs et quelques compi^nies du 39* les ont reçus k bout portant
D.qit.zeaOvGoOt^lc
et ont fait un feu trës-vîf et très-meiu'trier qui a jeié le dé* sordre parmi eu;c. Le 10* de chasseurs a alors chargé avec toute la vigueur et l'enBemble possible, a sabré une trentaioe de Cosaques et eu a pris quatre. Cette première résistance a ralenU les attaques de l'ecneini, qui s'est bwoé pendant quelques iastants & noHS suivre d'assez près et & faire le coup de pistolet. Enfîn, à ta sortie du village de Spiegelberg, les Cosaques ont fait une seconde charge générale avec des cris affreux ; mais c«tte nouvelle teatative leur a encore été plus funeste que la première : ils (ml essuyé tout le feu d'un bataillon du 39* et ont laissé beaucoup d'hommes et de chevaus. Le 10* de chasseurs a de nouveau fait une charge fort belle. L'ennemi dès lors s'est borné k nous suivre de loin, et bientAt il s'est totalement arrêté. Le général Colbert me dit : «Je me moque de tous les Cosaques de la terre avec un régiment aus» bien commandé que le 39*. »
Le général Lasalle avec sa cavalerie l^;ère et huitcooi* pagnies de voltigeurs était en communication avec le général Colbert, couvrant le flanc gauche et se retirant par Elschenau, Gratken, ToUack et Alt-Wartenburg ; il a été attaqué par lacavalerîe prussienne mêlée de Cosaques, qui a été reponssée partout.
Dans toute cette retraite nous n'avons eu que trois chasseurs du 10' régiment blessés de coups de lance; dnq chevaux ont été tués.
Plusieurs Cosaques, dont les chevaux ont été tués dans les diflërentes charges, refusant absolument de se rendre* ont été tués à coups de b^onnette.
3e vous fais passer copie d'un rapport qui mérite de l'aitentioii en ce qu'il est d'un témoin oculaire î l'ofBcier qui
D.qit.zeaOvGoOt^lc
ET PiÈOES JUSTIFICATIVÏIS. 463
me l'a fait est ici ; il afTirme surtoat avoir vu un parc d'artillerie de vÎDgt-cioq pièces auprès de Bischofstein, ce qui annonce la présence sur ce point d'une force assez con^dérable.
J'ai l'honneur de vous mettre sous les yeux copie de mes dispositions sur l'emplacement de mes troupes ix)ur demain. Si Votre Altesse juge convenable d'y faire quelques changements, j'attendrai ses ordres ici demain jusqu'à midi ; après quoi je me rendrû à Schlitt, où j'ai fixé mon quartier général.
P. S. Je rouvre ma lettre, Monseigneur, pour vous accuser réception de celle que vous m'avez écrite aujourd'hui à 3 heures du soir. Les dispositions que je vous soumets remplissant les intentions de Sa Majesté, je n'y changerai rien ; en effet, je serai en mesure de marcher au premier ordre sur Lîebstadt et Mohrungen, et je garderai en même temps Allenstein. Quant à l'attaque sur Guttstadt, vous aurez reçu dans l'intervalle ma lettre de cet après-midi, qui contient quelques réOexions sur la manière que je crois la meilleure de tenter cette entrepris ; je recevrai sans doute demain matin la réponse et les instructions de V. A.
Net.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Nn A BKBTHiai.
,.So7.
La brigade de cavalerie légère do général Wattier, se reodaat hier à Heilîgenthal, a été attaquée à Spiegelberg par 300 Cosaqnes ; le 11* ré^meat de chasseors a tait uae chat^ vigoureuse à la soîte de laquelle l'eDDeim s'est retiré, lausant dix hoaunes sur le champ de bat^te.
Le général Lasalle m'annonce ce matin que l'ennemi a UD poste entre Ooeetz et Aockendorf, un» qae plnsienrs autres snr ta même ligne : il y a nn gros de Cosaques à WoUsdorf qui pousse de fortes patrouilles sur Warlack et Walteramubl, et empêche de pousser des reconnaissances sur Elditten.
P. S. Le général Wattier ne devait point passer par Spi^elberg, maïs par Redikainen ; mais il a été égaré par son guide.
Nn A
Ijcbliu, le !*■ mars 1807, S heures du n Monseigneur,
Je reçois à l'instant l'ordre que Votre Altesse m'a a hier à six heures du soir. En «xaminaat, Monseigneur, la
D.qit.zeaOvGoOt^lc
disposition de mes cantonnements au 28 février, et en calculant les distances et le temps qu'il faut ponr que les ordres parviennent, vous remarquerez qu'il m'est impossible de réunir aujourd'hui toutes mes troupes pour me conformer sur-l&<:bamp aux intentions de l'Empereur qui ordonne que j'occupe Guttsiadt comme avant-garde, que je place ma ligne de manière à appuyer ma droite sur les hauteurs en arrière de cette ville, et prolonger ma gauche jusqu'à la Passai^, du cdtè d'Elditten, et que je garnisse de postes d'mfanterie la rive gauche de l'Aile , jusqu'à AUensteio.
Je donne les ordres nécessaires pour concentrer la troupe, et, demain ou après-demain au plus tard, j'attaquerai l'ennemi ; je ferû tous mes efforts pour attendre en tout point le but que se propose Sa Majesté.
Nn.
Net 1 Bebthieb.
DeppeD, » mart 1807. i hcurei du malin.
Je reçois les dispositions que l'Empereur a arrêtées pour faire faire demain une attaque simultanée par ses divers corps d'armée. Je suis entièrement en mesure de marcher à l' ennemi à quelle heure que ce soit. Je suis déterminé, à moins d'ordres contraires, à attaquer un peu avant le jour, afin d'6ter à l'ennemi la connûssance de l'ensemble de mon opération.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
L'eDDemi occupe Queetz, et il a une double chaîne de vedettes sur les hauteurs qui domineat Anckendorf par Komalmen et WalteTsmOhl. J'ai bit recoonaltre oo lieu de rassemblement eo arrière d'Aockendorf, afin de tomber brnaqneoieDt sar Queetz A de là sur Glottau, pour m'emparer de Gnttstadt.
Je crois qu'il faut reoODcer à faire quelques prisonaters ' aujourd'hm, à moins que l'occason ne a'ea présente naturellement ; une taitative i cet ^;ard donnerut lien à une affaire de cavalerie, et la mienne est très-inférieure en force à celle de l'ennemi. Dés qu'un de nos offiders se présente pour observer, on aperçoit les vedettes se tripler; on en remarque jusqu'à 180 placées à cinq oo six pas l'une de l'antre- Les hauteurs sur lesquelles l'ennemi ases avant-postes empêchent de voir ses mouvements.
Je donne ordre à la brigade do général Etelair de venir s'établir aujourd'hui i Munsterberg et à Schwubeo, en laissant cependant du mondeà Allenstein, jusqu'à l'arrivée durégimentd'inranteriede la division Morand. Le général Belair attaquera demain l'ennemi en flanc, entre Glottau et Gnttstadt, dès qu'il entendra que je suis en mesure d'opérer sur Queetz avec la prindpale colonne.
Net.
' Ceci fait allusion à l'urdre itu jour ligué Benfaier, en date du i" mars 1807, oii il est recommaiidé à Ney de faire quelques pri-
D.qil.zMBlG001^IC
Nev a Berthier.
B 1807, 1 heures de l'aprés-o
MoDseigDeur,
Je viens de reconnaître les portions en arrière de Queetz, par lesquelles ma colonne déboachera demain pom- en chasser l'enDemî et m'emparer de Gattstadt.
L'ennemi crsùgnait probablement une attaque anjourd'hni, puisqu'il n'a point entretenu de feux sur le front de ses postes pendant la nuit dernière. On ne voit absolument que des Cosaques qui forment la chaîne des postes, depuis Queetz, Komalmen et Waltersmuhl. Aucun mouvement n'a été remarqué, et la plus grande tranquillité r^e partout Des rapports particuliers annoncent qu'il y a quelque infanterie & Guttstadt et aux environs.
Je viens d'arrêter les dispositions dont je vous adresse copie, pour mon attaque de demain. La troupe est dans les mffllleures dispositions et je réponds de battre l'ennemi, eût-il vingt mille hommes devant moi. Le soldat espère qu'après cette affaire il aura du repos, des vivres et la faculté de travailler aux réparations de l'habillement et de la chaussure, qui en ont un besoin extrême.
Ney.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Net a Berthieb.
Gultaliilt, 4 nura 1807.
Ud corps de troupes russes, sorti d'Heilsbei^, est venu ce matin prendre position sur les hauteurs en avant de Launau. J'étais, vers les sept heures du matin, en avant de Zecheni ; l'eanemi montrait alors sept à huit mille hommes. IL a commencé à attaquer les avant-postes sur la tigne de Zechern à Peterswalde ; bientôt après il a fait filer quelques batfûllous d'infanterie dans la forfit, vis^ vis le premier de ces villages ; il s'est aloi-s oigagé une fusillade assez vive avec le 50* régiment et un baUùllon du 27'. Quelques coupa de canon ont été tirés de part et d'autre.
L'ennemi, ne pouvant nous débusquer de Zechern, cher' cbidt à noua attirer sur Launau ; il n'a réussi ui dans l'un ni dans l'autre projet ; il a fait également sans succès charger plusieurs foi» ses Cosaques, ce qui a donné Lieu à une canonnade fort vive.
L'ennemi a tenu constamment ses principales forces dans la position de Launau, et toute la journée s'est passée à Taire des feux sans aucun résultat. Les chaînes, que les Cosaques ont eu la témérité de faire sur notre infanterie, leur ont coûté fort cher. Les bataillons russes ont certainement aussi souffert beaucoup. Notre perte est ft peu près de cent hommes tués ou blessés.
Je viens de contremander la reprise des cantonnements
D.qit.zeaOvGoOt^lc
qui devait avoir lieu demain; cette disposition sera exécutée le 6, si l'ennemi s'élcûgne.
Je serai demain de bonne heure à Zecbffl*n, pour juger de la force de l'enneoii et t&cher de pénétrer ses desseins. Votre Altesse trouvera ci-joint une note -contenant quelques rense^^ements sur l'ennemi.
Net.
Nev a Beuthieb.
GnlUtadt, i mm 1S07.
Une reconnaissance de dragons avait été poussée ce matin sur la diviùon de Freymarckt. Void le résumé du rapport de l'officier qui la commandait :
L'ennemi a eu cette nuit, i Funsfeld, trois grands bivouacs sans feux ; il a commencé sa retraite à une heure du matin ; une partie de sa troupe s'est retirée sur Benem, l'autre a pris la route de Gronau.
Divers généraux russes sont passés pendant la nuit à Benem, entre autres les princes Galitzin, qui en sont partis à minuit.
Net.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Nkt a l'Empiheur.
Sire,
Gattstadt et les aatres caotooDements dn 6* corps ne préseatent plos ancun moyen de faire sobaster les troupes : cette drconstance et la présence continnelle de l'ennemi lui rendent les secours qu'on peut tirer d'ailleurs plus nécessaires qu'i tout antre ourps. Peut-être Votre Majesté pense-t-elle qu'il a partidpé à U distribution des res- Bources venues de la gauche; il n'en est pas ainsi, et j'ose la supplier d' rationner :
1* Que des convois réguliers seront sur-le-champ organisés pour diriger sur GuUstadt les approvisionnements en grains ou farines nécessaires pour le 6* corps* dmit la coosoiiimation journalière est de 18,000 ratioiu;
2° Qu'il sera également fait des distributions d'eaa-devieet d'avoine;
3* Que le transport se fera jusqu'à Guttstadt. On n'a pa» fiiit rétrograder une seule des voitures ou chevaux des équipages mililaires et du pays, qui ont été fournis pour l'évacuation des blessés {sic) .
Sire, la ùtuation de mon corps d'armée, sous le rapport des subsistances, est telle que je trahirais tous mes devoirs en ne la faisant pas connaître à Votre Majesté.
Daignez agréer, etc....
Le HARficBAL Nkt.
îdovGoOt^lc
Nev 1 Berthizr.
Guualidt, s mara 1807.
J'ai l'honneur de vous rendre compte que l'ennenii conlinue à occuper, avec environ dix mille hommes d'infanterie et de cavalerie, la posîtioa de Launan. Je n'ai pu distinguer ce qu'il a vers Ueilsberg ; cependant la fumée des bivouacs annonce qu'il s'y trouve une réserve. Les avant-postes de l'enoemi bordent la forêt sur la route de Launau à Freymarckt, jusque vis-à-vis Peterswalde et Zechem;. tes amtinelles et ses vedettes sont & demiportée de pistolet des oOtres. Je pourrais écraser ces avant-postes par un feu de mitrùlle, mais j'û défendu toute agresûon qui pourrait amener une affaire parUelle, dans l'opinion où je suis que, » le maréchal Soult appuyait mon attaque sur Launau, l'ennemi ne saavenùt ni infimterie ni canons.
Hier, l'ennemi, sentant combien sa position étùt critique, et croyant que je n'avais à Zechem que quelques compagnies d'infanterie, commença, dès sept heures du matin, à attaquer ce poste; il y mit beaucoup d'impétuosité, mais il fut repoussé avec une grande perte; néanmoins la fusillade continua sans relâche.
L'ennemi muUiplimt ses mouvements oflenâfe; il manœuvi'a pir sa droite et fit mine de vouloir pénétrer dans la forêt, entre Zechern et Peterswalde, pour couper le 50* régiment; mais quatre compagnies d'élite du 25' légère et le 27° de ligne, soutenus par le S9*, donnèrent si l)ru»quement su la colonne d'infanterie rus!;e, qu'elle se
D.qit.zeaOvGoOt^lc
*TÎ NOTES
retira dans on désordre extrËme, quoique secondée par uoe nuée de Cosaques.
Une aflaire générale allait s'engago-, et je n'étais pas en mesure de soutenir mes troupes, tandis que l'enDemi coQtinnait à renforcer les siennes. J'ordonnai en conséquence k noes réserves de rester dans les portions défensives, et je me bornai k fiùre bire nn feu bien noorri de moDsqneterie et d'artillerie.
Cependant l'ennemi, manœnvrant très-mal, vint sept à boit fois avec peu d'ordre et en poussant des cris affreux, jnsqn'à quinze pas de mes bataillons ; il fut reçu avec une fermeté M nn sang-froid admirables, particulièrement par le 50* riment. Le champ de bataille atteste encore que, dans ces difiërenles tmtatives, les Russes ont fait une perte énonne.
A trois heures de l'aprèft-midi, le feu cessa vis-à-vis E>eter8walde, et l'ennemi commença à réunir tous ses moyens poor réattaqner Zechera ; il fit, jusqu'à sept heures et demie du soir, un grand nombre de tentatives qui furent inutiles, malgré son acharnement. Enfin, & dix heures et demie, il tenta un dernier effort, gravit la hauteur et pénétra jusqu'à quarante pas du 50* régiment, qui fut dans cet instant ce qu'il avait été pendant tonte cette journée. Ce danier combat est celui qui a coûté le plus cher à l'ennemi ; le général Labassée lui avait tendu le pi^ de faire retirer toutes les sentinelles.
L'aspect du champ de bataille a pu ce matin faire apprécier avec quelque certitude la perte de l'ennemi; elle est au moins de 2,000 tués on blessés; les prisonniers disent que plusieurs de leurs baUdllons sont réduits h moitié.
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ET PlÈpES JUSTIFICATIVES. 473
Le 50* régiment a eu 150 hommes hors de comhat; le 59% 12; le 27* régiment, 30, et les compagnies d'élite da 25* légère, 20.
L'artillene, dirigée pai* le lieutenant Gomîn, a tiré avec beaucoup de justesse; elle a fait sauter deux caissons à l'ennemi et a Eût taire cinq pièces de son artillerie.
Ce matin, nos soldats ont fait un trait de générosité digne d'être cité : quinze blessés russes que nous n'avions pu faire évacuer comme les autres, faute de moyens de transport, étaient restés sur le champ de batûUe ; après avoir partagé avec eux leurs pommes de terre et les avoir fut panser, ils les ont portés aux premières vedettes, où des officiers russes sont venus les recevoir, témoignant toute leur sensibilité de ce bon procédé.
Voici les dispositions que j'ai prises ce matin pour me concentrer davantage et être en mesure de repousser toute agression de la part de l'ennemi.
Le 59* est venu remplacer le 50*, que j'ai placé en deuxième ligne, derrière Zechem et Peterswalde.
Le 6* d'infanterie légère est venu prendre position à la tête du bois, pour remplir l'intervalle de Zecfaern à Peterswalde. Le 76* a remplacé ce régiment à Scbmolaiaen.
Le 27* de ligne à Peterswalde.
Le 25* légère à Mawem, Rosenbeck et Gronau, soutenu par le 39* & Altkirch.
Le 69* à Guttstadt. La cavalerie légère du général Lasalle, avec deux régiments de dragons, à Zecbem et Peterswalde ; deux autres r^ments de dragons sont en réserve à Schmolûnen.
Le 3* de hussards et le 10' de chasseurs, à Mawem, '
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Rosmbeck et Gronaa, comniuniquant avec le» troupes du maréchal Soult à Benem.
l'attencb tes ordres de l'Empereur.
P. S. L'ennemi a attaqué cet après-midi les postes du 27' régiment : il a été repoussé; i) y a eu, de part et d'autre, quelques blessés.
Net.
Nki' a Davodst.
Guttstidt, 5 mars 1807.
Hier, mon cher maréchal, je me suis battu depuis sept heures du matin jusqu'à dix heures et demie du siùr, les Russes s'obstinaot à me chasser de Zechern, et moi me bornant à défendre fortement cette poûtion. Je ne vous fatiguerai point du détail des attaques multipliées qui ont eu lieu, presque sans intervalle; pendant ce temps, l'ennemi, cbai^eant avec fureur et culbuté chaque fois par le feu de la mousqueterie et de l'artillerie, a éprouvé une très-grande perte, qui s'élève au moins à deux mille hommes tués on blessés.
Ce matin les Russes occupaient encore, avec dix mille hommes d'iofonterie et de cavalerie, la position de Launau; nos sentinelles et les siennes sont à portée de pistolet. La journée d'aujourd'hui a élé tranquille, à quelques - coups de fusils près.
Mes trODpes sont concentréM et j'attends tes événements. J'oceope Zechern, Peterswalde, Altkirch, Schmolainen et Guttstadt.
Je m'empresserai, mon cher maréchal, de vous instruire de toat ce qa'il y aura d'important, et de tous faire part des renseignements qui me parviendraient sar l'ennemi.
Je TOUS réitère l'assurance de ma sincère amitié.
P. S. Des gens du pays, venant de la campagne, assurent que le corps de gauche de l'armée russe, en position & Bischobtein, a fait un mouvement depiûs hier pour se concentrer k Bartenstein. J'envoie un agent secret à Heîlsberg, pour savoir si te général en chef Bennigsen y est toujoui-s. Je vous serais obligé de Mre transmettre ces renseignements au Ministre de la guerre, n'ayant pas d'occaâon plus sûre.
Dans une letti'e datée de Schmolainen, 6 mars, le maréchal se plaint de nouveau, très- vivement, au Ministre, de l'incapacité du général Gardanne, qui, la veille, a fûlli compromettre le succès; il lui reconnaît cependant de la bravoure. «Mais, ajoute le maréchal, c'est une des qualités les moins essentielles pour un général. »
Voici tm extrait de cette lettre :
« Aujourd'hui, j'ai donné l'ordre au général Gardanne de se rendre à Thom; il a demandé d'aller au quartier général impérial pour se plaindre de mes procédés. J'ai
D.qit.zeaOvGoOt^lc
rhoanear de vous déclarer, MonseigDear, qu'il m'est impossible de servir avec ao général de cette trempe. »
Le maréchal ajoute qu'une coneidéraliori qui doit frapper le Ministre, c'est que Gardanne, comme le plus ancien générai de division, prendrait le commandement, ù lui* même éttùt tué ou blessé.
Net.
Copie de la dépêche remise à M. de Montesquùm. Zechem, le 6 mira 1807, lept heures du malin. Sire,
ïtà l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que l'ennemi parait avoir choi» la porition de Launau pour y appuyer la gauche de son armée, et que sa droite se prolonge sur la direction de Launau. Les forces de l'ennemi se sont accrues depuis hier, du moins à en juger par les feux de bivouac.
L'ennemi a travaillé la nuit à la construction d'une redoute à embrasures placée derrière la- route de Launau, vÎ3-ii-vis le moulin à vent de Zecbem ; il y a en batterie cinq pièces de 7 qui tirent de temps à autres (sic) sur les postes; le boulet porte même jusqu'au-delà de Zechern. Cette batterie nous oblige à replier les nétres en arrière et & la droite de Zechem.
L'ennemi s'étend dans la forêt, vers Hawem, et on m'annonce à l'instant qu'il fait un mouvement d'infanterie
D.qit.zeaOvGoOt^lc
sur cette partie. Il ne cesse de me provoquer au combat ; mais je resterù sur une défensive respectable et redoutable, jusqu'à ce que Votre Kùijesté m'ait fut appuyer et ait donné ses ordres sur l'ensemble des opérations.
Des reaseignements, quoique indirects, annoncent que le corps du général Tolstoy, qui était à Bischofstein, s'est concentré sur Etartenstein dès te 3 , et doit se trouver à Heilsberg et Langwiese.
J'ai donné ordre au général Gardanne de se rendre à Thom : le général Roguet le remplace dans le commandement de cette division.
Dûgnez agréer, etc., etc....
Neï.
Nxv A Berthikr.
Schmolainefi, 6 mari iSoy.
D^uis hier l'ennemi n'a plus montré de Cosaques vis-à-vis Peterswalde et Zecbem : ils ont été remplacés par des hussards et dragons. On a aussi remarqué près de Lamiau beaucoup de cavalerhe coiffée de chapeaux; on présume que ce sont des cuiiassiers.
Les dispositions de l'ennemi k Launau m'ont déterminé à faire quelques cbangeotents à la position de mes troupes. Ainsi le 39* de %ne est venu s'établir sur les hauteurs, entre Gronau et Peterswalde, de manière à pouvoir soutenir ce dernier poste, s'il était attaqué en force. La cavalerie légère du général Lasalle est à Zechem, Peters-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
.i78 NOTES
walde et Schmolaînen ; j'ai envoyé les ili'agons à Altkirch tit Gronau.
Demain, je ferai relever les troupes sur le front de la ligne ennenùe, conforaiémeat aai dispoûtioos de l'ordre de monvement ci-joint.
P. S. Un agent secret me rentre & l'instant d'Heil»^ berg : il y a dans cette Tille peu d'infanterie, xasàs beaucoup de Cosaques. L'année russe, d'après ce qu'il a appris, est rassemblée en arrière de Launau; des abatis considérables ont été faits sur tout ce front, et beaucoup d'artillerie garnisaut les positions adjacentes. Denuûn, il retournera pour avoir d'autres rensâgnementa ; il n'a pa me dire ù le général Bennigsea est à Heiisbei^, mais plusieurs autres généraux se trouvent à Heilsbei^ et à Langwiese.
Net.
Net a Berthieh.
SchmolaiDCD, 6 mars 1807.
J'ai l'honneur d'envoyer à Votre Altesse un Cosaque pris ce matin, et le rapport du chef de bataillon Delorme, aide de camp du générai Harcognet, que j'tû chargé de ftûre une reconnaissance sur Sperlings, pour savoir si l'eanemi se borne & garder la rive gauche de l'Aile; mais il parait positif, d'après les renseignements du Cosaque, que le général Tolstoy est en ligne, avec tes troupes du général en chef Bennigsen, dans la poûtion deliaunaut à
D.qit.zeaOvGoOt^lc
l'exception de deux régimeats d'infanterie qui campent à Sperling3, et environ 2 mille Cosaques qui battent le pays dans les directions de Sternberg et de Seeburg. Par la position de l'ennemi sur mes derrières et en force devant moi, je me trouve dans une situation critique et trèspressante; il faut que Sa Majesté se décide sur l'ensemble des opérations à Ëùre dans une circonstance semblable, afin d'éviter un désastre à mon corps d'armée, s'il était attaqué en même temps par les deux rives de l'Aile. Ce matin, l'enneini a établi une redoute à embrasure en avant de Launao ; elle est garnie de cinq pièces de 7 qui tirent , de temps à autre sur Zecbern et les postes d'infanterie qui gardent ce point.
L'ennemi a prolongé sa ligne d'infanterie dans la forêt, jusqu'à la hauteur de Mawem. Ce matin, il a établi trois pièces de canon en dehors de la forêt, dans.une position saillante qui sépare Zecbern de Peterswalde. Hier, l'ennemi a déjà fait une forte démonstration pour tourner Zecbern par sa gauche, et isoler les troupes en position à Peterswalde, quoique j'aie placé un régiment pour remplir cet intervalle. 11 est à craindre que l'ennemi ne parvienne h forcer le centre de ma position, en même temps qu'il opérerût sur mes deirières par la rive droite de l'Allé. Alors je n'aurtûs de retnûte, toutefois si elle était possible, que sur la direction d'Altkirch.
Les divers mouvements de l'ennemi sur Peterswalde m'ont déterminé d'apporter quelques changements à ma position d'hier. Aussi j'ai Eût porto* ce matin le 39* de ligne sur les hauteurs, entre Gronau et Peterswalde, de manière à soutenir ce poste s'il était attaqué par des forces supérieures.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
J'attends des ordres de Votre Altesse avec la dernière impatieDce.
P. S, L'attaque que l'eanemi a faite hier, depuis midi jusqu'à 5 heures du soir, a été infinimeot meortrière pour l'enDemi : il avait, comme à Zechern, renouvelé ses attaques; le 27* l'a constaoïpieDt repoussé; nous avons eu environ 120 hommes -en tués et blessés. Ce qu'il y avait d'extraordinaire pendant l'attaque sur Peterswalde, c'est que l'ennemi étiût sous les armes devant Zechern sans tirer un coup de fusil, ce qui prouve évidemment son projet de tourner cette dernière position, en dirigeant son attaque sur Peterswalde.
Nev.
Net a BiRrHiEH.
La première division de mon corps d'armée a relevé, ce matin, la deuxième, comme j'avais eu l'honneur de vous l'annoncer hier. L'ennemi est resté sous les amies pendant tout ce mouvement ; il s'attendait sans doute & Être attaqué. Il n'a pas été tiré im coup de fusil.
L'ennemi fait des abatîs considérables ; les paysans sont rassemblés par les Cosaques pour travailler aux retranchements et batteries qu'il fait construire sur tout le développement de son front. Ce sont les Cosaques et les hussards qui fournissent aujoui'd'hui la chaîne des ve dettes vis-à-vis de.,.. {Uusséen blanc). On aperçoit quel-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
ques mouvements d'infanterie ; mais ils paraissent n'avoir pour but gne de rectifier les positions.
On distingue du moulin à vent, eu avant de Zecbem, des feux de bivouac pour 20 mille hommes d'infanterie: la cavalerie parait nombreuse. Les rapports de mes espions, des gens du pays et des prisonniers, annoncent unanimement qu'une grande partie de l'armée russe se trouve dans la position de Launau, ayant ses réserves à Langffiese et environs.
Le camp ennemi de Sperlings n'a fait aucun mouvement; mes patrouilles d'infanterie cAtoient les deux rives de l'Aile, le plus près possible de cette position pour l'observer. L'encaissement de cette rivière, de ce c6té-Ià, rassure contre les entreprises qui pourraient éti-e tentées ; je n'ai négligé aucune précaution pour éviter les surprises et être prêt à repousser toutes attaques, jusqu'à ce que l'Empereur ut pris un parti quelconque.
J'iû oublié d'ajouter à mon rapport du 5, sur l'attaque de Zecbero, repoussée par le SO* régiment, que la dernière tentative de l'ennemi a été ftùte par une colonne de grenadiers russes, ce qui prouve qu'il y aurait une résme pour appuyer les bataillons d'infanterie légère placés dans la forêt, en avant et sur la droite de Launau. Les bonnets et gibernes trouvés sur le charop de batfûlle, et le reste de ruoiforme des morts, ne permettent pas de douter de ce fût.
Je joins ici plusieurs lettres qui ont été remises ce matin aux avant-postes par un officier russe; j'ai profité de cette occasion pour faire passer celles que vous m'avez envoyées hier. Un moment après l'échange de ces lettres, des généraux russes, smvis d'un groupe d'officiers, sont
D.qit.zeaOvGoOt^lc
venus examiner tes positions ; ils ét»ent attirés sans doute par les monveoieots de mes troupes. Les offîcierB russes cherchent toutes les occa^wis de s'entretenir avec les ndtres; ils ont demandé le numéro du riment qui les a » bien reçus; ils sont, disrat-^ls, jalom de lui rendre un jour la pareille. Ces officiers parlent beaucoup de pais; ils sont d'une honnêteté parfaite. On remarque que leur moral est ébranlé et qulls ont beaucoup peràu de cette fierté qu'ils montraient d'abord. Nos troupes, au contrùre, annoncent une extrême confiance : cette difîéi'ence d'esprit promet les plus heureux résultats.
Ney.
Nkv a Bertbier.
Schotobioen, 1« S buts 1807, 8 beurei d(\ malin.
L'ennemi a beaucoup augmenté ses forces en infanterie dans la fOrét de Launau, qui se prolonge sur le développement de Zechem et de Peterswalde. Hier soir, on distinguait les feux formant des groupes considérables, placés par échelons, et derrière ceui-4à des lignes continues, depuis Launau jusque sur la direction de Raunau, et aussi vers Lïndea-Waldchen. On juge qu'il y a IS mille hommes d'infiuitene devant moi, k la portée de fu^h on ne peut évaluer le reste, h. cause de l'éloignement.
Cette nuit, on a distinctement entendu, dans la hauteur dé Zechem, un grand bruit de coups de faache et de chute d'arbres; on croit que ce sont des abatis, mais il
D.qit.zeaOvGoOt^lc
me parait plus- probable que l'enDemi ^t élai-gir une commanicatkin poar déboucber vivement sur Peterswalcte, tandis qu'il amuserait le pQSte de Zechem,
D'après les âiaposiUons de l'eimemi, la pt^Uon de mes troupes devient critique : je suis absolumott isolé, formant des échelons très en pointe qu'il serait diffiôle de coDcratrer dans une position défensive, sans courir les plus grands risques.
Nous Bonunes d'ailleurs si près de l'ennemi qu'il me serait impos^le de faire un mouvement rétn^ntde sans en être aperçu. Pour le persuader que je suis en mesure de le recevoir , et lui lûsser même l'idée d'un mouvement offenûf de ma part, j'ai fût construire pédant les nuits des 5, 6 et 7, une redoute à embrasures pour recevoir dix pièces de canon; cet ouvrage, établi sur la hauteur à la drùte de Zechein, sera achevé ce soir. J'ai également fut foire des boyaux et des épaulemenls sur le front et la gauche de ce villi^ où l'infanterie se trouve & l'abri et pourrait se défendre longtemps.
Je reçois à l'instant la lettre que Votre Altesse m'a fait ' l'honneur de m' écrire hier & 11 heures du soir ; elle m'apprend que le maréciial Soult doit faire aujourd'hui une forte reconnaissance d'infanterie et de cavalerie sur la droite de l'ennemi. Je ne prase pas que cette seule démonstration puisse forcer l'armée rasse à quitter sa position; il n'est plus douteux qu'elle est en mesure de recevoir la bataille.
Les années de l'Empereur ne sont pas en présence, et cet état de choses est d'autant plus embarrassant pour moi, que l'Empereur désire qu'il n'y ût pas d'engagement sérieux. Le résultat de la tentative du maréchal Soult gui-
dera ma conduite. J'envoie un de mes aides de camp sur le point de la reconnaissance pour en aT<Hr promptement des nouvelles. Si-, comme cela me parait certûn, l'ennemi garde sa portion, je le saurai assez t6t pour E&ire un mouvement rélivgrade sur Guttstadt, où je resterai jusqu'à la dernière extrémité.
Comme il n'est pas entré dans le plan de l'Empereur de marcher avec ses colonnes depuis le i du courant pour manœuvrer sur la droite de l'ennemi on lui livrer bataille le 6 ou le 7, il est tout naturel que l'enoemi, me sachant seul devant loi, cherche à profiter de l'occasion.
Je crois que la prudence exige que je ne compromette point de braves troupes qui dans une bataille pourraient contribuer aux succès de Sa Majesté.
Votre Altesse me dit dans le dernier paragraphe de sa lettre qu'il est important de ne rien engager de sérieox ^ l'ennemi est en forces supérïeures ; il n'y a plus de doute & cet é^;ard.
Il m'aurait été fort agréable que l'Empereur eût chaque jour envoyé sur les lieux un ofGder chargé de* voir par ses propres yeux. Le général Bertrand n'a vu que le premier rassemblement de l'ennemi le S ; les choses sont bien changées depuis.
Votre Altesse me hùsse la faculté de prendre la position primitivement indiquée par l'iastruction de Sa Majesté; je pense que c'est le seul moyen d'éviter un désagrément irréparable, fort à craindre é j'étûs attaqué. Je réponds que les officiers et soldats feront leur devoir, mais la supériorité du nombre cause des pertes considérables.
J'espère recevoir dans la journée des nouvelles qui déterminent positivement ma conduite. Dans tous les cas,
aeearez l'Empereur que je ne céderai le terrain qu'après l'avoir jonché d'ennemis.
Nbï.
Net a Bertbiih.
SchmobiaeD, 6 man 1S07.
Je viens de &ire avec le général Mouton la reconaùssaoce des postes vers Zechern. L'ennemi parait moins nombreux qu'hier ; cependant il est trës-difficile de juger ses forces, k cause des forêts qui couvrent toute la droite de la pontion de Launau. On voit beaucoup de fumée,, et tous les ofliciers postés à Zechern assurent que la nuit dernière les feux de rennemi paraissaient infiniment plus considérables que la nuit précédente.
Nous avons remarqué un rassemblement de cavalerie assez con^dérable ; mais au bivouac, sur la hauteur de Launau, une colonne de plusieurs escadrons semblait venir de la droite et marchait sur Launau. La plus grande tranquillité règne partout.
J'avus envoyé un de mes aides de camp vers Benem pour connaître le résultat de la reconnaissance que devait fùre le maréchal SouU; il y a rencontré le général Ber- Urand qui se rendùt aux avant-postes ennemis comme parlementaire. Ce général, dans un billet qu'il m'écrit, m'annonce que la reconnûssauce a été contremandée ; qu'il paraissait que l'ennemi fusait un mouvement sur Villenbei^, et que le maréchal Davout a reçu ordre de
D.qit.zeaOvGoOt^lc
se porter sur Osterode. Il stqtposait que j'avais reçu cet avis.
J'ai l'hoaneur de représenter & Votre Altesse que si le nutréchal Davout quitte l'AUe, je scnû obligé (Vy envoyer du monde pour couvrir mes derrières. Je voua prie d'ordoDoer, au contraire, qu'un ou deux r^iments de ce corps d'armée Tiennent s'établir depuis Guttstadt jusqu'à AUenstein, afin que je puisse augmenter mes réserves en cas d'attaque sur mon front.
M. de Hontesquiou, que j'ù expédié avant-hier de Zecbem avec une lettre pour l'Empereur, a sans doute été fait prisonnier entre Benem et Freymarckt. Je lui avals fait prendre cette direction parce que le maréchal Soult m'avait mandé qu'il gardenùt ce dernier endroit, m^s j'ai appris depuis qu'il est occupé par l'ennemi,
P. S. Je reçois à l'instant la lettre de Votre Altesse, en date d'hier, par laquelle elle me prévient du contre-ordre donné au maréchal Soult de la rencontre sur Freymarckt. Quant au mouvement préparatoire sur Osterode, les malades et les blessés ont toujours été dirigés sur ce point ;
mon parc de réserves est à proximité de ce point, à G
{illisibie) ; jelui donne l'ordre d'aller en arrière d'Osterode. Je ne ferai point de mouvement d'armée que je n'aie reçu l'ordre posidf sur cette disposition.
Nn.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Nn A Bkkthikr.
Sckmolaiaen, g oun, 4 hearei de l'aprift-midi.
L'ennemi n'a fait aucun changement dans sa position de Launau, et ses avant-postes sont absolumrat les mêmes.
Ce matin, vers 10 heures, 150 Cosaques ont attaqué les dragons au poste de Benern ; ils ont été bien reçus et se sont retirés prédpitamment.
La difficulté de faire vivre les chevaux m'a fut envoyer une partie de la cavalerie dans les villages vers la Passarge et à proximité de Guttstadt : demain je ferai exécuter l'ordre de mouvement que j'ai l'honneur de vous mettre sous les yeux. Ces nouvelles dispositions ne changent rien à l'ensemble de mes moyens défensife, et me permettent au contrùre de disposer plus facilement de mes échelons placés en réserve pour soutenir les troupes si elles étùent obligées de céder à un ennemi supérieur.
Un régiment d'infanterie de la division du général Morand est venu prendre poste à Knopen, sur l'Alte, audessus de Guttstadt ; d'après cette position, je suis parfaitement tranquille sur tout ce qui pournût se passer depuis Allensteîa jusqu'à Zechem.
■Nn.
Fin DU OUATBlàllE VOLUME.
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ii.Gooi^lc