CHAPITRE XXIV. il
peaux, 200 pièces de canon, dépouilles sanglantes dont se sont toujours enorgueillis les hommes. Quant aux résultats, ils étaient immenses : c'était toute une armée dispersée, détruite.
Le jour commençait à baisser. Napoléon, suivant sa coutume, parcourut le champ de bataille, et plus d'une fois descendit de cheval pour faire ramasser des blessés, et aider parfois lui-même à les relever et à les ranimer par quelques gouttes d'eau- de-vie. Il s'arrêtait surtout aux endroits oii la mort avait entassé le plus de victimes, examinait la position : s'il y trouvait des Français, il s'assurait par l'uniforme, par le numéro des boutons, à quel corpsils appartenaient. On le voyait chercher sur ces visages glacés par la mort s'il rencontrerait encore quelque signe de vie; sa main alors interrogeait le cœur, et celui qui jetait les hommes par milliers sur les champs de bataille se montrait heureux lorsqu'il en avait au moins sauvé un.
L'armée bivouaqua sur le terrain qu'elle occupait lorsque finit la journée : le corps du maréchal Soult aux environs de Schwabsdorf, sur la rive droite de l'Ilm; le maréchal
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Ney, avec son infanterie , occupait Weimar; les troupes du maréchal Lannes étaient placées à l'embranchement des routes d'Iéoa et de Nauenboui^; Augereau à la gauche de Weimar. L'empereur rentra à léna; il ne savait pas encore toute la grandeur de son triomphe.
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