‹ Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (volume 3)Chapitre 3 sur 85 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

communes maritimes des environs sont un peu audessus de la moyenne de la partie française des Côtesdu-Nord; le nombre des illettrés ne s'élève pas à beaucoup plus du quart de la population.

La dernière partie de mon enquête a été faite au chäteau de la Saudraie, commune de Penguily ; les dépositions que j'y ai recueillies sont désignées par la lettre P, du nom de la commune où il est situé; mais elles comprennent celles de gens originaires de Saint- Glen dont il est peu éloigné, du Gouray et de quelques autres pays, dans un rayon de six à sebt kilomitres. Dans ces communes, sauf le Gouray et Saint-Glen, les illettrès sont nombreux, et je ne crois pas exagérer en disant qu'ils y forment plus de la moitié de la population. C’est un pays purement agricole, peu éloigné du Mené, le seul sroupe montagneux de ceite partie de la Bretagne : cette dernière circonstance me permeltait de connaître les superstitions des landes et de la montagne. Les monuments mégalithiques, les gros blocs naturels y élant nombreux, je pouvais aussi voir s'il s’y rattachait quelques légendes particulières : c'est là que j'ai trouvé presque tout ce qui se rapporte aux Margot la fée (cf. le chapitre des Fées).

Tels sont les endroits où j'ai fait une enquête qui n'a pas duré moins de quatre ans. J'ai eu aussi la bonne fortune de trouver en diverses parties du pays gallot d’intelligents auxiliaires. Un celtisant de beaucoup de mérite, M. Émile Ernault, m'a communiqué

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nombre de renseignements, relatifs surtout aux mots patois des communes situées sur la limite du breton et du français ; ils sont désignés par S.-D (Saint- Donan et pays limitrophes). MM. Bourie et Émile Hamonic ont exploré les environs de Moncontour ; M. Béxier, inspecteur primaire à Rennes, qui recueille en ce moment les matériaux d’un inventaire des mégalithes de l’Ille-et-Vilaine, a détaché pour moi de son ouvrage plusieurs notes inédites, et M. Decombe m'a fourni, sur quelques pays de Ille-et-Vilaine, des notes intéressantes. On trouvera d’ailleurs, au bas de leurs communications, les noms de ces collaborateurs et ceux de quelques autres que je ne cite pas ici, pour ne pas trop allonger la liste.

J'ai aussi puisé des renseignements curieux dans les auteurs qui se sont occupés de la Haute-Bretagne, soit pour constater qu'ils avaient relevé à une certaine époque des faits que je n’ai pas retrouvés, soit pour confirmer ma propre enquête.

Parmi ceux que j'ai mis le plus souvent à contribution, je citerai M. Danjou de la Garenne, qui a exploré avec beaucoup de sagacité les pierres à bassins de arrondissement de Fougères ; M. Ernoul de la Chenelière, dont l’Inventaire des mégalithes des Côtes-du-Nord, dressé avec grand soin, me semble plus complet pour la partie bretonne que pour celle de langue française. Je leur ai emprunté plusieurs faits intéressants qui figurent dans mes deux premiers chapitres.

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