‹ Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (volume 4)Chapitre 26 sur 42 · PAIE UNE DETTE CONTRACTÉE PAR EUS · texte numérisé non relu

PAIE UNE DETTE CONTRACTÉE PAR EUS

Un homme, mort depuis peu^ apparut à une fille de Saint-Sulpice-la-Forét et lui dit :

— Je dois quinze sous à un tel : paîe-les pour moi.

^ Volontiers, répondit la fille. Comment vous trouvez-' vous là-bas ?

— Pas trop bien ; je më chauffe trop dur.

Il posa la main sur la manche de la jeunefille,

qui était toute roussie à l'endroit où les doigts avaient touché.

(Conté pu- Aimé Pierre, d« Lifté, 1878.)

Cf. dans Dom Calmet, p. 11$, l'histoire d'un seigneur qui vient recommander de restituer un bœuf qu'il avait pris. Voyez aussi^p. 124, le rédt d'un mouchoir brûlé par un revenant. Le même D. Calmet, p. 122, raconte, d'après Mélanchton, l'aventure d'OQC femme dont la main est brûlée par le contact de celle de son défunt mari. Amélie Bosquet, p. 79, rapporte, d'après Orderic Vital, une l^ende similaire.

Lt revenant à la mesu

n y avait une fois une servante qui était file de bras (chargée des gros ouvrages) dans une riche maison.

Le dimanche, ses maîtres allaient se promener, et parfois aussi les autres domestiques, de sorte qu'elle restait souvent seule à la maison.

Un jour qu'elle était de garde, elle se mit à lire YlnUtatUm de Jisus^hrist, Quand elle leva ^ les yeux de dessus son livre, elle vit tout à coup auprès d'elle un gros homme à la figure blême, tout habillé de brun, qui la regardait; mais elle n'osa lui parler, et il partit.

Le lendemain, conmie elle traversait la cour pour aller tirer les vaches, elle le vit encore qui semblait l'attendre. Elle courut bien vite i l'étable

et ferma la porte; mais elle le vît encore à côté d'elle.

Ces deux apparitions Teôrayèrent ; elle alla à confesse et demanda conseil au recteur, qui lui dit :

— Parlez-lui, et vous viendrez me dire ce qu'il vous aura répondu.

Le monsieur habillé de brun, à la figure blême, se montra à elle pour la troisième fois.

— Qjie me voulez- vous ? lui demanda-t-elle.

— Écoute, répondit-il ; il faut que tu dises à mes fils de restituer à un tel et à un tel tant de mesures de blé, pour réparer le tort que je leur ai fait en allant à la chasse avec mes chiens. Tu les prieras de faire dire une messe pour moi à l'église de Saint- Jouan, et tu y assisteras.

Le fantôme disparut. La fille raconta tout à ses maîtres, en leur disant conunent était fait le gros monsieur qui lui était apparu.

— De la ^çon dont vous nous le dépeignez, dirent les fils, c'est notre père.

Elle retourna à confesse, et le recteur lui recommanda de.depiipder au revenant un signe visible, prouvant qu'il était revenu sur terre, car il ne croyait qu'à moitié ce qu'elle lui disait.

Lé jour de la messe arrivé, on se mit en route pour aller à l'église. Le revenant vint se placer auprès de la jeune fille, et il ne la quittait pas ; à

relise, il se mit auprès d'elle dans un banc, et la messe commença.

La fille suait de peur, et elle s'essuyait la figure avec son mouchoir. Quand arriva le dernier évangile, elle se rappela ce que son confesseur lui avait recommandé, et elle dit aii revenant :

— Faites-moi voir par un signe que vous êtes réellement revenu.

Il mit la main sur le mouchoir qui était posé sur le dos du livre. Le mouchoir fut brûlé, et la marque des doigts était aussi sur la couverture du livre.

(Conté en z88o par liane Durand, de Saint-Cast, igèe de quatre-vingts ans.)

Elle a entendu raconter ce récit, étant en£int, par une femme qui assurait avoir vu les débris du mouchoir et le livre.

« La nourrice de M«<' de Fontenoy étant morte, apparut à ux»e demoiselle et lui dit qu'elle était dans le purgatoire, et comme preuve, elle appliqua sa main sof an mouclioir où elle laisat une trace pareille k celle de la figure d'une main de fer io«ig« ■ (cf. Réalité de la magie et des apparitions^ p. 8-9}.

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