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LES VENTS

Noms patois

Nord, naure (S.-C.) ou mistrau\ Sud, su; Est, eèste ; Ouest, houaste^ du houaste ; Nord-Est, nordée ; Nord-Ouest, norouds ; Sud-Est, suée ou suète; Sud- Ouest, surouds ; à Ercé, ce vent s'appelle vent de galène.

Devinette

Qjii va de branche en branche Et de Paris en France ? (E.)

— Le vent. Cf. Bkdé, D. 38-41.

Proverbes

— Surouâs est charretier pour tous marins (S.-C).

Qjiand le vent saute du sud au nord,

Plie ta voile et dors ; Mais quand il saute du nord au su',

Prends garde à lu (Plévenon).

Qjiand i* pleut et qu'nordée (nord-est) vente, Cest un hasard si ça y étanche (S.-C, P.).

— Sec comme le vent de nordée (nord-est) (E.)-

Vent du nord perdu, Cherche-le dans le su (S.-C).

— Le vent tourne le eu en galère ; i* fera vilain demain (£.).

— Norouâs mange l'orage (S.-C).

— Quand le vent vente, il faut venter (ventiler)

Croyances et Superstitions

On envoie les enfants chercher la corde à tourner le vent (E., M.).

Le vent qui règne les douze premiers jours de Tannée est celui qui régnera pendant chacun des douze mois, janvier correspondant au le*", février au 2, etc. Il en est de même pour le brouillard (E.).

En Normandie, ce sont les douze jours après Noël (cf. MU., ■col. 14) ; mais dans la Suisse allemande (MH.^ col. 128), ce sont les douze premiers jours de l'année.

A la Saint-Denis, là où le vent se couche le soir, les trois quarts de Tannée il est (E.).

Le vent qui souffle le dimanche des Rameaux pendant Tévangile est celui qui dominera le reste de Tannée; aussi beaucoup de gens sortent à ce moment pour voir de quel côté est tourné le coq <iu clocher (S.-C, E.).

Ailleurs le vent tourne au moment où Ton frappe les trois coups à la porte avec le bâton de croix.

Quand on voit les oies battre des ailes et câquer (S.-C), si les cu-blancs rasent la terre (S.-C), quand les mouettes battent des ailes audessus des maisons (S.-C), on peut être sûr qu'il y aura du vent.

Les trombes de vent sont Tœuvre du diable, qui les pousse avec ses cornes (P.).

Les grands vents sont un présage de malheur.

Dans mes contes de marins, il y a tout une série de légendes où figurent les vents personnifiés. Cest en général quelqu'un^ dont le vent a enlevé la récolte ou les filets, qui va trouver Tauteur du mal, et, en lui faisant peur, obtient de lui des présents.

En 1880, les Terre-neuvats avaient vent debout

pour revenir; depuis longtemps ils étaient en mer, et l'inquiétude était grande dans les ports de la Manche. J'ai vu des hommes cracher du càté ofi soufBidt le vent contraire, lui adresser les noms les plus injurieux et lui montrer leurs couteaiut en le menaçant de l'étriper. A l'exemple des hommes, les petits enfants en faisaient autant.

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