‹ Traditions indiennes du Canada nord-ouest [microforme]Chapitre 32 sur 160 · ASSIS AU ZÉNITH · texte numérisé non relu

ASSIS AU ZÉNITH

Inkfwin-Wétay demeure au fond du Pied-du- Ciel (Ya kké tchiné). L’un d’eux est un homme, l’autre est une femme. Leurs vêtements sont très beaux, et de fourrures choisies. Ils créent toutes choses par leurs rêves et par la vertu de leur médecine. Ils se couchent, ils dorment, et tout se fait.

Le mari s'appelle Yanna ichon-édentoini (celui qui, en se couchant, s’étend jusqu’à l’autre côté).

phrase signifie : « Elle fit des raquettes avant l’homme, » Dans le sens mystique, elle veut dire : « Elle travailla à l’anathème, au tabou, à l'obstacle, avant que l’homme le sût ; » car ha signifie à la fois raquette ct tabou,

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La femme n’a pas de nom; cependant, on l’appelle le plus souvent Étointa Yénnéné (la femme que l’on ne voit pas sortir, ou la femme invisible). Ils ont produit à eux deux les castors et les lièvres. Comme Jnkfwin-Wétay voulait produire beaucoup d’animaux, au commencement des temps, il lança sur terre une tête de castor, et aussitôt le castor abonda sur cette terre.

Quant au lièvre, il le prit dans ses mains et lui montra la terre. Le lièvre eut peur : « On va faire de moi un malheureux ; on me traitera en esclave, » pensa-t-il, et il se mit à crier : Kéa/! Kéa !

Inkfwin-Wétay le lâcha. Et depuis ce tempslà, les lièvres abondent daus notre pays.

Le mari réside au zénith, sa femme au nadir.

Un jour, leur fils, en se promenant dans le ciel, aperçut la terre. Alors, étant retourné vers son père, il lui parla ainsi : « Sétoa tayitay yèhta odévinkeon ; tédi ndu yazè kkè, tchaëkhé khétsédatti lonnié, kkanéuntsa. Ekhu « sésa ninondja, « sétoa | » nendi déné étounettiné. » C’est-àdire : « Mon père, qui demeures en haut, allume donc la verge céleste (la grande Ourse); sur cette petite île (la terre), mes frères sont bien malheureux, vois-le donc. Et puis, l’homme misérable te crie: « Viens vers moi, mon père (1) ! »

(1) Cette phrase stéréotypée se dit en chantant.

dati PT, ee (n.

Lise

C'est pourquoi, avant l’arrivée des Européens, nos vieillards nous disaient : « Jadis on découvrit dans le ciel un grand feu qui s'élevait comme une queue ; une étoile flamboyante et brûlante (fwen- Iéré) apparut; c’est pourquoi quelques hommes allèrent à la découverte, se dirigeant vers ce feu. Ils s’éloignèrent donc de nous et nous n’en entendîmes plus parler. C’est depuis cette époque que les Khkoa-tsélé-ltiné (les Tchippewayans) ne font plus bande avec nous. »

ENNA-GUHINI

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