LE VENT
C'est du Pied-du-Ciel que vient le Vent (l’Esprit).
Le vent d'Ouest dit un jour :
— Lorsque les Dènè seront affamés, j’accourrai pour les secourir.
Alors le vent du Sud-Ouest ajouta :
— Et moi donc, lorsque les hommes gèleront de froid, j’accourrai vers eux pour leur venir en aïde.
C'est pourquoi le vent du Sud-Ouest souffle du côté du Très-Haut (1), et il est chaud, bienfaisant. Mais le souffle du vent d'Ouest (Tahan) est âpre et affamant. Son haleine mord, car elle est glacée.
(x) Il y a ici contradiction avec ce qui a été dit à la page 112, Inkfwin, le zénith, désignant le nord et non le sud. Je ne suis pas responsable des contradictions de ces récits.
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car elle II :
KUHY/É ET KUNHÈ (LA NUIT ET LA PARQUE) | | 1 Deux vieillards demeuraient seuls avec leurs l| deux fils. L'un des deux, étant allé à la chasse h fi | au bord de la mer, ne revint pas lorsque la nuit re t (l’'Es- ; tomba.
| — Que fait donc mon fils! se dit la vieille 3 mère avec angoisse. | 1 courrai 4 Et elle envoya son autre fils à la recherche de fi 4 son frère. ti : Celui-ci le trouva. Tous les deux campèrent et dl ront de à demeurèrent dans la forêt pour y passer la nuit | d n aide. 1 ensemble. Ils arrivèrent tous deux chez Kuhyé pi souffle (à (Celui qui est ténébreux), et sa femme Kunhé ai ienfai- 4 (Celle qui piétine). Kunbé était juchée sur un HD an) est | arbre penché au-dessus de l’eau, et s’y balançait. lle est \ Son mari était absent. ë — Grand’mère, lui dirent les deux frères, nous poursuivions un orignal lorsque la nuit nous a Varie surpris. C’est pourquoi nous nous sommes réfu- J suis ,
giés chez toi.
Alors la vieille « Qui piétine » dit:
Ro Dot biere er tnngaééaerr er hérie Srnnemamntt ed
— Votre grand-père, mon mari, est une Ombre (1) puissante. Toutefois, demeurez ici.
Ce disant, elle saisit leurs têtes sur ses genoux et se mit à devider leurs chevelures sur ses doigts osseux. Tout à coup, elle repoussa leurs têtes, elle les frappa de sa petite hache et les tua; puis, elle s’en alla chercher l’orignal qu'ils avaient laissé dans la forêt.
Cependant le vieillard, père des deux jeunes gens, s’inquiétait de ne pas voir revenir ses deux fils, et il s’en alla à leur recherche. Il appela le vent à son secours, et le vent accourut, et il venta très fort. De cette sorte, le sentier que Kunbhë avait tracé dans la neige, en allant chercher l’orignal, fut comblé et disparut. La vieille sorcière ne put revenir sur ses pas, elle perdit sa piste et fut obligée de bivouaquer deux fois hors de sa demeure.
Pendant ce temps, le vieillard avait retrouvé ses fils assassinés; il avait dormi avec leurs cadavres, et les avait ressuscités par la vertu de sa magie.
(1) Magicien, jongleur, chaman,