‹ Traditions populaires comparéesChapitre 124 sur 386 · LE CAVALIER AL' PIED DE BOUC · texte numérisé non relu

LE CAVALIER AL' PIED DE BOUC

Dans le communal de la Lalette (1), il existe des excavations, des anfractuosités naturelles du sol, qui forment précipices, et dont on cherche à éloigner les enfants par des récits à leur faire dresser les cheveux.

Le dimanche, au moment où le prêtre, qui célèbre l’office divin à l'autel paroissial , élève la sainte hostie, — au dire des anciens de la grande vallée, — on a vu souvent un grand seigneur à cheval , descendre de l’air sur un nuage , et chevaucher au bord de l’abîme , avant de s’y jeter comme un insensé. Son coursier aérien a la blancheur d’un nuage. On ne dit pas s’il a des ailes.

Mais, quel est ce noble étranger? Mérite-t-il une tendre compassion? — Nous ne chercherons pas à apitoyer nos lecteurs sur le sort d’un mystérieux cavalier qui renouvelle si souvent ces scènes de suicide, car nous craindrions de les intéresser à un être qui n’est pas trop digne de leur pitié : on a remarqué qu’il a un pied de bouc, et cela doit suffire pour le rendre suspect.

Afin de ne pas revenir au précipice de la Latette, nous ajouterons que d’autres récits, sous l’âtre de ïhoutau montagnard (2), y font apparaître, au lieu d’un haut baron à pied de bouc (qui pourrait bien

(1) Département du .lum.

(2) \.'houtau est un vieux mot du p.iys , f|ui signille apparemment l’hétel , m.iis dont on restreint aujourd'hui le sens en l'appliquant t'i une partie seulement de l'habitation , la euisine.

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