LE MARIAGE DE LA TERRE
sur leurs bras , en triomphe , de maisons en maisons.
J’ai vu aussi, dans les campagnes verdoyantes, embaumées de leurs blanches fleurs, les jeunes bergers , qui composent l’orchestre du cortège , jouer *d’une espèce de flûte improvisée , faite de l’écorce d’un saule en sève , tandis que d’autres allaient demandant des œufs , recueillant divers comestibles, et recevant du vin dans un baril, avec quoi ils allaient ensuite se régaler en commun.
Il n’y a qu’un demi-siècle que les bergers des bords de la Seille chantaient encore à cette occasion le lai suivant :
Etrcnnpz notre Epousér !
Voici le mois ,
Le joli mois de mai.
Elrenncz notre Epousée En belle étrenne !
Voici le mois ,
Le joli mois de mai Qu on vous amène.
Dans la Bresse , la mariée , toute couverte de bouquets, de rubans, de bijoux, conduite par un galant jouvenceau , ouvre la marche : elle n’est précédée que par un dendrophore qui porte fièrement un mai fleuri. Les chants n’y manquent point , et l’on retrouve dans ces ballades patoises des paroles qui reproduisent l’antiquité toute pure, telles que celles-ci :