‹ Traditions populaires comparéesChapitre 161 sur 386 · KÉTE DE LA TERRE · texte numérisé non relu

KÉTE DE LA TERRE

choisi par les jeunes gens, a pour sceptre une pique couronnée d’épis de blé. Tous les assistants ont à la boutonnière un bouquet d’épis.

« Autrefois, la fête du lendemain (premier mai) était gaie : les laboureurs, avec leurs syndics, montés sur des mules bien harnachées et ornées de rubans , menant chacun en croupe une femme ou une ûlle de laboureur, parcouraient avec la musique les fermes des environs ; distribuaient le pain bénit dans chacune ; donnaient des sérénades , et faisaient danser les villageoises. Une table bien servie les attendait partout. »

Ici , nous ne voyons Ogurer qu’un roi ; mais nous devons supposer qu’en ressuscitant, en 1818, une cérémonie populaire tombée en désuétude, on ne l’a renouvelée qu’à demi, les jeunes filles n’ayant peut-être osé s’offrir pour représenter la reine de mai. Mais, au département de l’Isère, qui a mieux conservé, sous ce rapport, les usages traditionnels de la Province-romaine, on voit figurer ensemble une reine et un roi, ce qui présente une imago plus sensible de l’union conjugale, celle de Maïa et du maître des cieux. M. Champollion-Figeac, parlant des usages celtiques qui résistent à toutes les influences, aux environs de Grenoble, dit : « Parmi ces pratiques, nous ne citerons que la fête du V' mai, où l’on élit un roi et une reine, que l’on pare et élève sur un trône exposé aux regards des passants. On se rappelle à ce sujet, ajoute-

AUTREIENT CARACTÉRISÉE. 305

l-il, le champ de mai qui fut ensuite transformé en un champ de mars (f). »

L’auteur de la Nouvelle Astrée (2) qualifie cette fête de la Terre de fête du printefnpg ; il a raison ; mais nous la caractériserions iuieui en disant que c’est la fête de la Terre en son printemps. « Le premier jour de mai, dit-il, se célèbre ôncorédaris le pays de Montbéliard et les contrées voisines : c’est un reste de la fête du printemps des païens, et ce sera toujours celle des bergers. « Ceci se rapporte avec la dénomination de place de Mai ou des Bouviers, à Montélimart. C’est également la fête dés bergers à Domblans (3) où chaque maison aisée leur donne dos gâteaux, des œufs, des fruits, du vin pour la célébrer. Les adultes qui ne sont plus bergers regardent aussi le premier mai comme la fête de la jeunesse. Le printemps n’estil pas en effet la jeunesse de la Terre ?

« Plusieurs détails de cette fête, ajoute Masson , en sont les mêmes ; comme le choix de la Belle de Mai ( qu’on nomme la Mairiotte ) (4) les chants, les danses et les jeux des bergers. Cette fête se termine encore par un repas champêtre qu’ils prennent ensemble dans le pâturage, et auquel la commune contribuait jadis , en quelques endroits. »

fl) Kouvellei Rechrrchet sur le» pntoi» , note de la paf^c 10.

(2) La Nouvelle Aitrèe, par M. Ma.<son de Montbéliard.

(3) Département du Jura.

(4) A la Toiir-du-Pin, (Isère) on l’appelle ; la belle Mayence.

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