‹ Traditions populaires comparéesChapitre 183 sur 386 · LA DAME RE MONTHERNY , ETC · texte numérisé non relu

LA DAME RE MONTHERNY , ETC

tendues chroniques qu'on publiait tous les jours sous ce titre, je voulus, le 1" octobre 1840 , m’assurer au moins de la véracité du fond. Arrivé sur les lieux signalés par la légende populaire , j’eus le plaisir d'étre abordé par un petit vieillard qui me demanda la charité , et qui , me voyant occupé de l’examen des lieux, me fournit quelques idées historiques ou non historiques, sur les ruines castrales qui se cachent aujourd’hui sous les sapins, à la cime de Montherny. Bon vieillard, lui dis-je , ne racontet-on rien de curieux de la plaine marécageuse qui nous sépare de ce mont ? Ne vous a-t-on rien dit , dans votre jeunesse , d’une certaine dame qui s’y montre quelquefois au voyageur , soit au clair de la lune, soit à la brume du crépuscule ? — Oh ! fitil , je sais ce que vous voulez dire ; mais , voyezvous , ce sont des choses qu’on dit comme ça , et moi je n’y crois pas du tout. Oui , c'est bien vrai qu’on dit avoir vu la nuit une belle dame se promener par là autour, sans enfoncer ses pieds dans le marais , et remonter ensuite par la Férolière , au-dessus du Montherny , où était le château de son père, dans l’ancien temps. C’est vieux tout cela , c’est bien vieux , et l’on ne sait pas grand chose des maîtres de cette terre.

Quand j’eus quitté le vieillard , j’essayai de traverser l’espace qui me séparait du passage de la Férolière; mais la petite plaine était coupée par des canaux d’assainissement dans tous les sens; et.

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conune il y avait du danger à les frsmchir , je perdais beaucoup de temps à sortir de ce labyrinthe. — Je crois , en vérité , criai-je à une villageoise qui travaillait à son chanvre dans un champ situé sur la côte , que la Dame- Blanche i\\ii habite ces lieux, s'amuse à me fourvoyer, comme on prétend qpi'elle en a égaré tant d'autres ! — Mais la paysanne me répondit : de quelle dame parie Monsieur? — De cette dame qui apparaît quelquefois le soir par ici. Parbleu ! je n'ai pas besoin de vous l'apprendre , vous le savez mieux que moi. — Cette dame , Monsieur ? c'est la sainte Vierge , elle n'a jamais trompé personne.

Ainsi, pour le vieux mendiant, la Dame-Blanche c'était la fille du seigneur de Monthemy ; pour la villageoise, c'était la Vierge, mère de Dieu; pour moi , c'était la Vierge divinisée , adorée par nas pères dès la plus haute antiquité , culte asiatique et traditionnel , dont le signe occupait une place au zodiaque, sous des traits de Vierge, et, sous ce titre, bien qu’elle y fût quelquefois représentée avec un enfant sur les bras.

Il n'est pas inutile de faire observer que la sainte Vierge est la patronne de Brenod, village voisin, dont le prieuré et, par conséquent, l’église remontent à des temps si reculés, qu’on en ignore le fondateur. Une inscription gravée sur le inallre-autol, constatait ce patronage sacré ; on y lisait : /id laudem omnipotentis Dei Patris et Filii el SpirUm

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