I.ES OEMÜISELLE
fort, puisqu’il présente encore maintenant l’appareil (lu séjour le plus formidable.
Ces déloyaux chevaliers étaient jaloux , ombrageux , méfiants , cruels ; ils dérobèrent au monde ces trésors vivants , en les enfermant sans façon , comme de véritables cassettes , au fond de leurs humides souterrains. Les pauvres châtelaines y périrent bientôt de regrets , ni plus ni moins que de simples femmes ; mais leurs mânes se sont réunies ; et, délivrées par la mort des souffrances de leur vie d’épouses , elles ont recouvré toute leur gaîté de jeunes filles. Redevenues folâtres et rieuses , nos trois charmantes jouvencelles se laissent quelcjuefois rencontrer à l’endroit où se croisent des chemins dans les bois ; elles y dansent, elles s’y divertissent comme avant leur mésaventure. Leur fin tragique n’a laissé chez elles aucune trace , aucun souvenir.
Dans l’arrondissement de Cherbourg , à Cosqueville (1) et aux environs , on voit des pierres levées, assez distantes les unes des autres, ce qui n’empêche pas de les appeler le Mariage des Trois Princesses. On dit que leur dot est enfouie au centre du triangle formé par ces trois menhirs (2) ; mais il ne parait pas que leurs trésors soient à fleur de terre , car le propriétaire du fonds centrai , pour peu qu’il
(1) Département de la Manche.
(2) RnUetin mon. dr M. dr Cautiunif , t. \ii. . p. r>60
490 LES D&llOlSELLES.
en eiüt fouillé le sol, n’aurait pas manqué de devenir
immensément riche.
Au chapitre des Naines , nous aurons occasion do mentionner d’autres demoiselles qui favorisent de leur présence le territoire absolument féerique de Cornod (1).
(t) Déparlcmont du Jura.