‹ Traditions populaires comparéesChapitre 255 sur 386 · LA TRUIE UUI FILE · texte numérisé non relu

LA TRUIE UUI FILE

latan qui avait dressé la sale bête à s’asseoir sur son derrière, à tenir une quenouille d’un pied, et à manier un fuseau de l’autre. On appelait cet animal merveilleux la !Tru»e qui file. Aux yeux des Parisiens du XV* siècle, un pareil tour d’adresse ne pouvait être que l’œuvre du démon, sans l’intervention duquel l’homme le plus patient et le plus habile ne serait jamais parvenu à le produire.

Le malheureux saltimbanque avait-il vu , au frontail de la cathédrale de Saint-Pol-do-Léon (1), ou bien à l’une des portes de l’église cathédrale de Chartres (2), ancienne métropole du druidisme dans les Gaules, l’idole emblématique de la Truie qui file, bien autrement remarquable par son antiquité ou par son motif en pareils lieux , et l’idée lui étaitelle venue , pour son malheur , de réaliser cotte amusante allégorie ?

Les truies fUeuses des monuments religieux étaient fout simplement des représentations de la Terre, honorée sous la forme du sanglier, ou d’une prêtresse de cette divinité , ou d’une druidesse. Si le porc a été les armes parlantes des Druides , Pelloutier nous apprend que souvent les ministres sacrés e’mpruntaient pour eux les noms de l’objet de leur culte.

La mère des Dieux était représentée par un saii-

(1) Dëpnrlcmcnt du Finistère.

(2) Déparirmrnt d'Eure et Loire

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