‹ Traditions populaires comparéesChapitre 295 sur 386 · MONOLITHES OU PIERRES SACRÉES · texte numérisé non relu

MONOLITHES OU PIERRES SACRÉES

res (1). Ce culte a même subsisté jusqu’à uos jours, et les habitants de la Bretagne paraissent n’avoir à cet égard rien à reprocher à ceux du Quercy (2).

La Séquanio est pour ainsi dire semée de pierres qui virent. Cette seule dénomination suiTit pour indiquer la présence de la religion des Celtes sur ces points épars du pays. Je ne reviendrai pas sur Vhomme qui vire de Soussonne , ni sur la pierre tournoie de Chariez ni sur la pierre qui vire de Poligny ; je n’indiquerai qu’à la hâte celles qui portent les mêmes noms ailleurs. Telle est la pierre qui tourne du territoire de Champey , ancienne seigneurie d’Héricourt, au pied des Vosges, masse brute et de forme ronde , d’environ deux mètres et demi de diamètre. La crédulité populaire lui attribue la vertu de se retourner tous les siècles une fois (3). Il y a, sur la grande route de Dôle à Chàlon, près de Taveau , une croix qui vire , signe des chrétiens qui n’est censé tourner que parce qu’il a probablement pour bases les restes d’un peulvan druidique.

11 y avait, aux limites territoriales de Fràne et de Bief du four(4), une pierre qui vire, dont l’em-

(1) Du Gange, au mol Peint . .Id /letram voliiin reddere.

(2) Dulnure. Des cuU. ant. à l'idol. p. 270.

(3) M. Duvemoi^ [Eph. du C. de Montb. Inliod., p. 1 1) dil, à celt» occasion , que dans le pays cette sorte de monuments celtiques se noininc ordinairement rouler.

lï) Departements du Doubs et du Jura

584 MONOLITHES Ot* PIERRES SACRÉES, placement était désigné dans un plan du dernier siècle. Les environs de St-CIaude ont aussi des pierres qui virent , mais peu dignes d’attention : l’une dans la rivière de Bienne , l’autre dans les sapinières de Désertin , près des Bouchoux ; mais celle de la montagne de Saint-Jacques , au territoire de Dortans (1) , est mieux caractérisée. Elle est de la grosseur d’une meule ordinaire de moulin, est posée sur un bloc presque rond et s’appuie sur quelques menus morceaux de pierre qui paraissent avoir été placés là pour la tenir en équilibre. Des jeunes gens ont eu le projet de l’approcher de la pente rapide, pour se donner le spectacle de la voir descendre. La tradition commune en fait un point de rendez-vous des sorciers, et le peuple croit qu’elle tourne à minuit, les jours de Noël et de la St- Jean (2).

Sous le nom de Pierre levée , la Séquanie a connu ce qu’on appelle peulvan dans la Bretagne ; il est à regretter que les finages de Saint-Laurentla-Roche et d’Arlay n’en aient conservé de traces que dans des appellations de localités. Sous celui de Pierre et de Longepierre , deux communes de la Bresse châlonnaise , dont le sol est absolument sans roche , on peut soupçonner qu’il exista originairement des monolithes transportés de fort

(1) DéparleinRiit de IWiii.

'2) Mfm. de la Sor. roy. det ont. , t vm. p, 43.

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