‹ Traditions populaires comparéesChapitre 322 sur 386 · CHAPITRE C · texte numérisé non relu

CHAPITRE C

LK l•Ot•LKTOT DES CHEVAUX.

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Le Foulelot se prend de belle passion pour les hôtes d’une écurie : il se fera même voleur, afin de gratifier un beau cheval du meilleur foin de la contrée, si le maître n’en possède pas de bonne qualité dans son fenil.

Un jour, à Rénédal(l), au-dessus des sources de la Loue , un de ces follets-palfreniers fut surpris à fourrager dans un fenil étranger, et fustigé d’importance, tout esprit qu’il était. II avoua son piteux cas, et déclara que c’était au profit du cheval voisin qu’il se permettait une telle excursion. Le propriétaire du foin eut la prudence de pardonner après la correction, et de témoigner du regret de sa mé-

(1) Dépurtenirnt diiDniil)*-

C42 LE KOLLETOT DES CIIEVAIX

prise. — Il avait quelque idée de politique. — Or, l’esprit , reconnaissant de cet acte d’indulgence , vint chaque nuit donner des soins particuliers à ses chevaux , ce qui se manifesta bientôt par la prospérité toujours croissante de son nouveau patron.

Le Drôle dont nous parlons nous est probablement venu des régions septentrionales do l’Europe, avec les peuples qui ont envahi les Gaules. « Aux contrées les plus avancées vers le nord (est-il dit dans les Méditations historiques do Camer) il y a des diables qu’on appelle drôles , qui pansent les clievaux , qui font ce qu’on leur commande , et qui avertissent des dangers. »

Le nom de drôles , retenu par la langue rustique de la Franehe-Comté, s’applique chez nous aux valets do fermes qui ont dans leurs attributions la garde et le soin du bétail ; ce qui prouve bien que ce sont les Burgundes , peuples sortis des rivages de la mer Baltique , qui nous ont entichés de ces croyances populaires, dont les narrations détaillées grossiraient outre mesure le volume de la mythologie celtique.

Je citerais bien d’autres lieux où do complaisants lutins ont,. pendant la nuit, la bonté toute gratuite d’étriller les chevaux, de nettoyer l’écurie , de donner à manger aux bétes, quand, par bonheur, il . y a dans l’habitation des valets d’écurie, soucieux de leur besogne et somnambules. Je citerais bien le follet (pii avait , une nuit , si bien rangé la selle de

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