LA VOL'IVRE
OU vipère. On voit , sans qu’on ait besoin do le dire, que c’est aussi le même mot que l’infinitif vivre , venu du latin vivere, être en vie.
Une des plus belles pensées, une pensée que nous révèlent aujourd’hui quelques restes d’images sacrées du paganisme , a été celle de faire du Créateur l’éternel foyer de la vie , et de rendre cetté vérité sensible par un symbole qui se trouve en parfait accord avec le nom de Jéhovah , que le peuple élu, dépositaire des plus saines traditions religieuses , disait ineffable , et avec ces superbes paroles du Dieu vivant ; je suis la résurrection et la vie (1).
En effet, envoyait aux. temples de Persépolis (2), et de la Haute-Égypte (3) , la figure du serpent , accompagnée d’un disque et de deux ailes , admirable hyéroglyphe de la vie étemelle et sublime.
Pelloutier nous a démontré que les Celtes en général et les Galls, en praticulier, honoraient Dieu sous la forme sensible des éléments. En suivant cette idée , ne pourrions-nous pas dire aussi que , pour peindre à l’imagination des peuples la pensée à quatre faces que nous présente la Youivre , nos mythologues auraient fait en sorte que cet être panthée tint à l’air par ses ailes , à la terre par sa demeiu'e , au feu par son éclat et à l’eau par sa fréquentation des fontaines ?
(1) Ego >um reiurreclio rlvita. (Evang. dc’S. Jean , ch. \i, v 25).
(2) Voyage en Per$e, de Chardin , t. vu , f. 4.
(3) Deteription de l'Egypte , i vol. A. pl. 18. Philae.