‹ Traditions populaires comparéesChapitre 54 sur 386 · LA VOUIVRE DE CONDES · texte numérisé non relu

LA VOUIVRE DE CONDES

diamant , pendant le temps qu’elle mettait à satisfaire sa soif : car personne n’ignore que la Vouivre ne dépose cet œil unique sur le rivage avant de se pencher sur l’eau. A cet effet, notre homme imagina de se blottir sous un cuvier , et de poser ce cuvier sur le diamant miraculeux, lorsque l’animal le quitterait pour aller boire. Le stratagème réussit.

Revenant bientôt, la Vouivre ne le trouve plus : elle se précipite coup sur coup et fort en colère contre l’obstacle. Mais le rusé villageois avait tout prévu : il avait hérissé son cuvier de grands clous dont les pointes se présentaient en dehors ; et c’est en s’y blessant , à plusieurs reprises , que l’aveugle serpent succomba.

L’Ulysse de Condes jouit bien peu de temps de sa victoire , il mourut le lendemain. Quant au trésor ainsi conquis, personne dans cette commune ne sait plus aujourd’hui ce qu’il devint. Chose certaine , disent les primitifs du lieu , qui ne sont pas superstitieux du tout, c’est que la Vouivre n’existe plus ; qu’elle s’est tuée chez eux , et que ceux qui prétendent l’avoir vue depuis sont d’impudents menteurs .

Page 1