‹ Traditions populaires comparéesChapitre 62 sur 386 · I.A VOLIVRE DK MILAX · texte numérisé non relu

I.A VOLIVRE DK MILAX

Ee duché de Milan porte d'argent a une guitre d’atur . couronnée d’or iaeante de gueule».

( EAiCYCLOfÉDtE au mot Guivre ).

Pline a dit que les Insiibres d’Italie sont venus de la Gaule Transalpine, et qu’ils ont fondé Mediolanum , Milan (1). Tite-Live ajoute quelque chose à cette donnée historique, en nous apprenant que les Galls , ayant défait les Tusques sur les bords du Tuin , apprenant que ces bords portaient le nom d’Insubres , comme le canton des Insnbres dans la grande cité des Eduens, etj ugeant que c’était pour eux de bon augure , y fondèrent une ville qu’ils appelèrent Mediolanum (2).

Ce Mediolanum , commémoratif de la mère patrie , devint-il le nouveau séjour des guerriers gaulois sortis du Mediolanum des Ségusiaves ? Danville le croit; nous le croyons après lui.

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LA VOIIVKK DK MILAN. 123

Nous venons de trouver, aux environs de Lyon, la croyance à la Vouivre , encore profondément implantée ; et , tout naturellement , nous supposons qu’elle était déjà partagée par nos Insubres et par ceux de l’Italie. Probablement la Vouivre figurait sur leurs drapeaux. Elle est du moins l’objet du blason de Milan.

Les armes de cette ville représentent une grande couleuvre ondée , couronnée, avalant un homme. Voici le conte populaire qui a été imaginé pour expliquer son origine à ceux qui ne sont pas difficiles sur les preuves.

« Ubert fut le premier qui remplit , dans le Milanais , les fonctions déléguées aux comtes du Bas-empire et de l’empire de Charlemagne. Il adopta, en conséquence, le surnom de vicomtes qu’il transmit à ses descendants (1). Aux lieux où s’élève , à Milan , la très-ancienne église de saint Denis , était alors une profonde caverne , séjour d’un Dragon toujours affamé, et dont le souffie donnait la mort. Ubert le combattit , le tua , et voulut que son image figurât dans les armoiries des Visconti (2). »

On raconte aussi que le vicomte Othon , combattant sous Godefroy, pendant le siège de Jérusalem , aurait , en champ clos , tué l’amiral sarrazin

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\'ii LA VOülVRE DE MILAN.

Volux , et qu’en mémoire d’une pareille prouesse , il aurait pris pour arme le cimier du casque de son adversaire.

On croira ce que l’on voudra de ces deux historiettes, espèces d’amusement pour les hidalgos do la haute aristocratie , qui estimaient par-dessus tout la noblesse dont les commencements se perdaient dans des tissus de fables. Pour nous , les dragons , les Vouivres et autres créations de cette sorte , ne sont que des êtres imaginaires que n’a jamais abattus le bras d’un mortel , et qui ne sont terrassés que dans les poèmes et les contes bleus de la veillée.

Aussi, répétons-nous que la couleuvre homicide des armes de Milan , est simplement la Guivre , née des traditions populaires pour la science héraldique , et transmise aux Visconti par cette ville , si longtemps gouvernée par eux.

Je crois avoir aperçu , à Milan même , la preuve que la Guivre représentait effectivement cette antique cité. Il e.xiste encore , à la Porta Romana , un bas-relief du XII* siècle, appliqué contre la maison d’un particulier, celle du sieur Rancarde. Cette sculpture barbare représente l’empereur Frédéric Barberousse , assis , les jambes croisées , ayant sous ses pieds une Vouivre ailée (à deux queues pour faire symétrie), en mémoire du grand événement qui signala son règne en Italie. Milan , qui , déjà en ces temps reculés , ressentait peu de

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