CHAPITRE XXXVIII
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On se perd en raisonnements sur l’essence et sur l’origine de ces fils soyeux, ou cotonneux, d’une entière blancheur, que la chaude haleine des zéphirs promène dans l’atmosphère , aux plus beaux jours de l’automne. On se demande s’ils tombent réellement du haut des airs , et do quoi ils y sont engendrés ; mais on n’aboutit à aucune solution raisonnable , et l’on abandonne le soin de cette découverte aux aéronautes.
Puisqu’il est reconnu que le coton atmosphérique n’esl pas le produit du duvet des fleurs ; puisqu’on n’a jamais vu ses longs brins monter de la terre au ciel , mais qu’on les voit toujours descendre du ciel
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en terre , ceux qui croient aux esprits de l’air , trouvent tout simple de tirer ces fils de la quenouille d’une de nos fées aériennes. C’est bien effectivement ce que l’on m’a dit plus d’une fois.
Mais d’autres personnes , plus orthodoxes dans leurs croyances , appellent ce phénomène de l’air le fil de la Vierge , sans s’informer si la Vierge filait et si elle file encore. Je pense , pour mon compte, que l’idée d’une quenouille nous reporte plus sùrerement à la féerie qu’aux austères conceptions du Christianisme.
Dans le cours de nos recherches , nous rencontrerons , dieu merci , assez de fées munies de quenouilles et de filasse , pour nous faire supposer que le fil de la fée est la meilleure version.
Rien de plus délié que ces longs fils soyeux qui nous tombent du haut des airs , sans que nous sachions encore , avec tous nos esprits inventifs , de quelle nature est ce végétai aérien. Que ceux qui désirent s’en instruire en demandent de la graine aux mandarins de la Chine ! Ces messieurs doivent avoir conserv'é religieusement toutes les choses précieuses que le roi Mou rapporta un jour de la vallée du Grand Cavalier , parmi lesquels se trouvaient des semences ou graines merveilleuses qui croissent dans le vide ; car je crois fermement que cette graine donne ce que nous appelons ici le Fil de la Fée.
Dans les mémoires de Chi-i , recueil des choses