Acte III , scène III
Et scène IV :
AMBROISE y seul.
C'est une chose étrange , De voir comme mon maître a lesprit mal tourné ! Au lieu de profiter de mon sens rafiné, Il se £àche toujours , il s échauffe , il tempête } C'est ce maudit flatteur qui lui tourne la tête. Ah ! que ce philosophe avait un bon cerveau^ Qui disait qu'un flatteur est comme ie oorbeau Que cajole un renard pour avoir son fromage ! Morbleu y je ne veux plus rien lire davantage j J ai trop d'esprit.
Le portrait de Cléon ne se retrouve pas moins dans celui du flatteur Philinte. On vient de voir comme ce dernier a fait valoir son art et ses talens pour séduire et pour en imposer, surtout lorsqu'il avait affaire à des sots et à des gens crédules de l'espèce de Chrysante. Ambroise et Justine vont achever ce portrait et y mettront les touches fortes et caractéristiques propres à^ le rapprocher de Çléon. Voici comme Justine s'explique sur la brouillerie surveilue entre Chrysante et Damon , amant d'Angélique , fille de Chrysante :
JUSTINE
Poar moi , je n^aî jamais sa par qnî ni comment Ils ont pu se brouiller y mais natnrellemeot Je crois qn a rassembler toutes les apparences j Ou pourrait parier pour Tboilime aux révérences*
ANGÉLIQUE
Quî?Philinte?
JUSTINE
Et qui donc 7 Votre père aujourdlmi Ne consulte ^ n entend , ne fréquente que lui ; Lui seul , dans la maison , taille , rogne , gouyeme; Cest Fâme , le ressort , et le mobile interne De tout ce qui s'y fait : que diantre sais-je , moi? Voulez-vous parier une chose? ^
ANGÉLIQUE
Eh ! bien , quoi?
JUSTINE
Je pourrais par hasard me tromper ; mais je gage Que le dr61e a son but , et qu il vous envisage Comme un bien qu'il serait ravi de confisquer A son très-cher ami^ pour se l'hypothéquer.